Ella, Service Volontaire Européen, Roumanie

« Je pourrais dire que le SVE est une joyeuse combinaison de gens désireux de construire une société fondée sur des différences qui permettent de promouvoir l’interculturalité. De cette manière, il permet aux individus d’avoir une plus grande ouverture d’esprit et d’être conscient de l’importance d’appartenir à une communauté tolérante, bienveillante »

Je m’appelle Ella, j’ai 27 ans et je reviens d’un Service Volontaire Européen de 6 mois, que j’ai réalisé dans le cadre du projet #BuildUpYourFuture.

Après mes études en psychologie, je me sentais perdue. J’ai choisi un SVE pour sortir de ma zone de confort, gagner en expérience et partager mon quotidien avec des personnes qui ont les mêmes valeurs que moi et pourront m’apporter de nouveaux savoirs.

Je suis partie en Roumanie, dans une petite ville du nom de Baia Mare, tout au nord. Elle se trouvait être, cette année, la capitale de la jeunesse en Roumanie. J’ai pu découvrir une ville active, à taille humaine, avec des jeunes désireux de s’impliquer dans de nombreuses actions culturelles et humanitaires. En arrivant, j’ai alors pris conscience que cette expérience serait avant tout, des mois de rencontres et de partages.

Mon premier objectif était d’embrasser la culture roumaine. Bien que ce soit un pays difficile à cerner, il n’en est pas moins dépourvu de charme, comme ses papanași (à prononcer papanache). C’est un pays dans lequel il suffit de se laisser emporter par les traditions, les paysages et le quotidien complexe des roumains.

Être dans un pays étranger, spécialement la Roumanie, m’a fait prendre conscience que ma présence ici pourrait faire de moi un porte-parole d’un pays très mal connu et victime de préjugés.

Mon SVE était basé sur l’éducation non-formelle. En sensibilisant aux discriminations et à l’exclusion sociale, j’ai accompagné différents publics au travers d’activités variées. Dans ma mission, le principal intérêt était de construire par moi-même le sens des différentes activités que j’avais à choisir. J’ai principalement travaillé avec un public jeune. Cela n’a pas toujours été simple. Il m’a fallu déployer beaucoup de patience, une énergie constante ainsi qu’une grande disponibilité. Le plus important est d’être prêt à développer de nouvelles compétences.

Par exemple, travailler au sein d’un orphelinat, auprès d’un public souffrant d’handicaps psychiques et physiques a un été un bon moyen d’apprendre à être créative et d’améliorer ma façon d’apprendre à enseigner. Enseigner le français m’a permis d’aimer partager ma culture et ma langue maternelle. J’ai particulièrement apprécié travailler avec les communautés roms qui souffrent d’une grande discrimination. Même si ce n’était pas un public facile à capter, j’ai été très surprise par la façon dont ils acceptaient notre venue, puis leur motivation et leur désir d’apprendre et de partager.

En bref, j’ai eu la chance de ne jamais tomber dans la monotonie puisque j’ai également eu l’opportunité de travailler auprès d’enfants atteints de trisomie 21, de participer à une semaine de colonie de vacances, etc.

Pendant ce projet à long terme, je crois avoir potentiellement apporté aux communautés que j’ai côtoyé, un peu de bienveillance au travers de mon implication. Le temps m’a aidé à me détacher de l’idée qu’il faut nécessairement trouver un sens à ce que je fais.  J’ai surtout appris à considérer les petites victoires du quotidien.

Pour six mois, j’ai senti que je remplissais un vide en faisant quelque chose de concret. Entourée de ses grandes montagnes, j’ai appris autant sur moi que sur l’environnement dans lequel j’ai été immergée.

J’ai en particulier appris à questionner la notion d’apprentissage. Aussi bien, apprendre par soi-même que transmettre des savoirs. Dorénavant, j’aimerais y dévouer un peu plus de mon temps.

Pour terminer, je pourrais dire que le SVE est une joyeuse combinaison de gens désireux de construire une société fondée sur des différences qui permettent de promouvoir l’interculturalité. De cette manière, il permet aux individus d’avoir une plus grande ouverture d’esprit et d’être conscient de l’importance d’appartenir à une communauté tolérante, bienveillante.

Le Service Volontaire Européen est un bon moyen d’envisager d’autres perspectives pour son propre futur et celui des autres, en échappant au schéma classique proposé par la société et certaines institutions.

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