Emelyne – Stage Erasmus + VET à Séville.

Je m’appelle Emelyne et j’ai 29 ans. Cette année, je suis partie 6 mois en stage de mobilité (VET) au sein du centre d’accueil pour réfugiés (CAR) de Sevilla en Espagne.

De formation assistante sociale, je me suis au fil de mes différentes expériences personnelles et professionnelles, découvert une passion pour l’interculturalité et le phénomène migratoire, je ressentais une curiosité sur la façon dont les choses se passent ailleurs, en particulier aux portes de l’Europe. L’année dernière, j’ai à cette fin réalisé un SVE en Sicile alors principale porte d’entrée vers l’Europe avec la Grèce. Pourtant bien que très positive sur le plan social et personnel, cette expérience s’est révélée un peu frustrante au niveau professionnel. En effet, ayant des missions générales de volontariat pas directement en relation avec mes intérêts professionnels ou au contact des personnes, je ne me suis pas toujours sentie très utile.

Cette année, j’ai donc décidé de repartir cette fois-ci en stage professionnel et en ayant exclusivement des missions de travailleuse sociale. Le CAR de Sevilla est un centre d’hébergement et d’accompagnement pour demandeurs d’asile primo-arrivants pour une période comprise entre 6 et 9 mois selon leur degré de vulnérabilité. Les pays davantage représentés au sein de la structure étant le Vénézuela, la Syrie, l’Ukraine mais également plusieurs pays d’Afrique. Les résidents du centre bénéficient d’une aide à l’hébergement et la nourriture mais également de cours d’espagnols, d’un accompagnement social, psychologique, médical, d’une aide à la formation et à terme d’une aide à la recherche d’emploi.

Lors de ce stage, j’ai travaillé directement en relation avec l’assistante sociale de la structure réalisant certains entretiens et l’assistant lors des ateliers d’information collective relatifs aux droits et au contexte culturel. J’ai également pu réaliser beaucoup d’accompagnements extérieurs, en étant aussi chargée de certaines relations partenariales notamment avec « el banco del tiempo » (la banque du temps), association permettant aux personnes inscrites d’échanger des services entre elles sous forme d’heures de bénévolat (type réseau SEL en France). Cela peut donc leur permettre de tisser du lien avec des personnes locales, de retrouver une confiance en soi et un sentiment d’utilité grâce au partage de savoirs et savoir-faire. C’est tout à fait le genre d’initiatives que je voudrais réussir à reproduire lors de mes expériences futures. Je suis également intervenue dans des écoles avec d’autres membres de l’équipe pour sensibiliser aux droits des réfugiés et aux différents conflits à travers le monde.

D’un point de vue professionnel, j’ai beaucoup apprécié de travailler dans une structure d’hébergement et de suivre les personnes dans leur quotidien. Cette expérience m’a permis de découvrir la législation espagnole en matière d’immigration. J’ai pu découvrir de nouvelles pratiques professionnelles et partager les miennes, échanger sur les différents systèmes. J’ai également, pris conscience des différences relatives à l’accompagnement social selon les pays. En Espagne, les professionnels de l’accompagnement social semblent pouvoir se montrer chaleureux plus librement (proximité des corps et tutoiement).

D’un point de vue personnel, évoluer dans un contexte interculturel m’a permis d’échanger et de partager sur les différentes cultures et visions du monde. Je pense que l’on a tous à apprendre les uns des autres et que travailler au contact de personnes différentes et/ou étrangères est une richesse et une remise en question permanente. Je pense que voyager et être au contact de personnes originaires du monde entier aide vraiment à réaliser que l’on est tous égaux.

D’autre part, vivre 6 mois en Espagne m’a permis d’entretenir mon niveau d’espagnol et de découvrir une nouvelle culture. Peut-être d’ailleurs de découvrir davantage la culture andalouse qu’à proprement parler « espagnole ». J’ai beaucoup aimé découvrir les particularités et l’identité des habitants de Séville, très fiers de leur appartenance à leur ville.

Ce stage de mobilité m’a confortée dans mon choix de travailler avec des migrants et de continuer à vivre des expériences à l’étranger pour en apprendre davantage et développer de nouvelles compétences.

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