Emelyne, SVE, Italie

J’ai effectué mon SVE en Sicile pendant 8 mois au sein de la Caritas de Agrigento, ce qui correspond en France au secours catholique.

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Je suis partie avec deux français également originaires de la région lilloise et sur place nous avons été logés au sein de l’association avec d’autres volontaires qui partageaient nos missions: un belge, une allemande et une espagnole. Nous avons donc commencé à vivre l’interculturalité à 6 dans notre appartement et la première difficulté a été de réussir à communiquer entre nous le temps d’apprendre l’italien. Très vite, cela nous a permis de découvrir de nouvelles expressions, recettes, modes de vie et de concilier le tout pour créer un mélange enrichissant, une mini Europe à la maison.

Pour ma part, j’ai décidé d’entreprendre l’aventure SVE malgré mes 28 ans car je voulais vivre une expérience de volontariat à l’étranger depuis quelques années et j’avais été jusqu’à présent à court de temps pour le faire. En effet, d’abord les études d’assistante sociale d’une durée de 3 ans, puis une offre d’emploi dans mon domaine de prédilection, l’immigration, difficilement refusable et enfin une rencontre lors d’un voyage en Amérique Centrale qui m’avait poussée à m’installer là-bas pendant près d’un an. C’est finalement cette année que j’ai trouvé le temps et pu prendre mes dispositions pour vivre pleinement l’expérience SVE.

Je souhaitais effectuer une mission dans le domaine du social, prioritairement auprès de migrants ou d’enfants. Lorsque l’Adice m’a proposé un projet en Sicile, je ne pouvais pas rêver mieux, déjà pour le cadre : la mer, le soleil, la nourriture ; et surtout car la Sicile est l’une des portes de l’Europe en ce qui concerne l’arrivée de migrants et que cela m’intéressait beaucoup de voir comment tout cela était géré de là-bas. J’ai été positionnée, avec un autre volontaire, sur une activité de « casa della pace », en francais « maison de la paix » qui avait pour but d’éduquer à la non-violence, de promouvoir l’interculturalité, les échanges, etc. Nous étions les premiers volontaires recrutés sur ce projet qui est tout nouveau et qui malheureusement n’a pas réellement vu le jour au cours de notre SVE. Nous avons ainsi réalisé quelques recherches et activités, mais en Sicile, les délais sont assez longs pour mettre un projet en place et cela s’est révélé assez frustrant au final.

Heureusement, j’ai pu participer à d’autres activités proposées par l’association en parallèle telles que la ludothèque avec les enfants et une permanence pour étrangers au centre d’écoute de l’association et qui a été très enrichissante pour moi. J’ai en effet, pu mieux comprendre la législation en matière de migration et d’asile en Italie, me rendre compte des problèmes rencontrés sur le terrain, échanger avec des migrants directement débarqués de Lampedusa, prendre connaissance du système hotspot

L’espace interculturel rencontres jeunes (spazio interculturale incontro giovani) organisé deux fois par mois m’a également permis d’échanger avec des personnes de tous horizons et de débattre sur des sujets, de découvrir mutuellement nos cultures et idées.

Effectuer mon SVE en Sicile m’aura également permis d’apprendre l’italien et de découvrir une nouvelle culture, beaucoup  plus différente de la mienne que je ne me l’imaginais. D’ailleurs j’éprouve encore quelques difficultés à comprendre les siciliens totalement. J’ai pu rencontrer des gens fiers de leur île et de leur culture fruit d’un mélange résultant d’invasions successives (normands, arabes, espagnols, etc.) et ravis de pouvoir la faire découvrir aux étrangers.

Ce que je retiendrai de cette expérience ce sont toutes ces rencontres et échanges avec des personnes de différentes cultures qui m’ont apporté beaucoup et permis de m’ouvrir encore davantage sur le monde. Egalement ma vie avec mes colocataires avec lesquels nous sommes devenus amis, tous les petits riens et habitudes de la vie quotidienne qui parfois nous ennuient mais finalement finissent par nous manquer comme cette rue commerciale traversée tant de fois ou ces bars dont on finit par se lasser et connaitre les musiques par cœur.

Je pense que chaque expérience vécue à l’étranger et chaque confrontation à une autre culture est une chance de nous découvrir nous-mêmes à travers les yeux des autres, en prenant conscience de ce qui nous diffère mais également de ce qui nous rassemble. Chaque endroit où l’on a vécu devient un peu comme notre maison, un endroit familier qui fait désormais partie de nous. Peut-être qu’à notre retour on ne se sent plus ni tout à fait le même ni tout à fait chez soi et que la tentation de repartir vers de nouveaux horizons peut se faire  plus forte que le rappel à un quotidien perçut comme monotone. Savoir rentrer, c’est peut-être cela la plus grande difficulté finalement.

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