Goran, ACT, Sicile

Je m’appelle Goran, j’ai 22 ans et j’ai réalisé une mission de volontariat à Palerme, en Sicile, dans le cadre du projet ACT

« Effectuer un volontariat est une aventure humaine incroyablement enrichissante. C’est une autre manière d’apprendre. Expérimenter l’altérité de cette manière est une grande opportunité. »

 

Dans l’avion je me suis rappelé les mots de Romain Gary dans la Promesse de l’aube que j’avais terminé deux jours avant de m’envoler pour Palerme, en Sicile :

« Je regardai la mer. Quelque chose se passa en moi. Je ne sais pas quoi : une paix illimitée, l’impression d’être rendu. La mer a toujours été pour moi, depuis, une humble mais suffisante métaphysique. Je ne sais pas parler de la mer. Tout ce que je sais c’est qu’elle me débarrasse de toutes mes obligations. Chaque fois que je la regarde, je deviens un noyé heureux. »

Jusqu’ici ma Méditerranée a la chaleur du souvenir de l’enfance et l’odeur des plantes aromatiques de Provence. La métaphysique dont parle Gary ne nécessite aucune science, elle se comprend avec le cœur.

À 30000 pieds par temps calme, la Méditerranée dégage cette sérénité singulière qui livre une grandiose leçon d’humilité. C’est à cette altitude et à mesure que grandissait la distance entre moi et mon pays que j’ai pris la hauteur nécessaire devant la beauté de la création pour ressentir vraiment pour la première fois toute la justification de cette opportunité.

Palerme est une ville bouillonnante où se sont retrouvés des gens de tous horizons. Ce foisonnement culturel offre un environnement très stimulant. C’est quelque chose de difficilement descriptible et il faut expérimenter des lieux comme le centre culturel de La Zisa pour vivre l’expérience.

La mission de volontariat que j’ai accompli était très attrayante, notamment parce qu’elle m’offrait l’opportunité de travailler pour plusieurs structures qui ont des finalités et un public très diversifié.

Mon temps de travail a été ainsi reparti entre Gabbiano, une communauté où résident de jeunes mineurs isolés non accompagnés, le Centro Astalli qui offre à tout public toutes sortes de services gratuits allant de la consultation médicale aux cours de langues en passant par le petit déjeuner ou des ateliers de confection artisanales, et le Giardino di Madre Teresa, un jardin d’enfants vital pour les parents qui en bénéficient. Le Giardino di Madre Teresa m’a donné pour la première fois l’opportunité de travailler avec des jeunes enfants, chose que je n’aurai peut-être jamais eu l’occasion de faire en dehors de ce contexte, cela fait partie de ces enrichissements inattendus avant le volontariat.

Travailler avec les jeunes dans les communautés n’est pas facile, cela demande à la fois de la patience, un déploiement constant d’énergie, une capacité d’écoute et de la disponibilité.

Notre présence dans ces centres est importante, elle permet de couper les jeunes de la routine dans laquelle ils sont, parce qu’ensemble nous pouvons échanger sur des sujets qu’ils ne peuvent pas aborder avec les éducateurs. Une des choses qui les intéressaient particulièrement était de connaître notre impression de l’Italie mais plus précisément des italiens et de la société italienne et savoir sur tel ou tel point en quoi la Belgique, la France ou la Grande-Bretagne différaient.

Je conseillerai toujours de vivre une expérience de mobilité ; parce qu’on en apprend autant sur soi que sur son environnement. C’est quelque chose que j’ai ressenti de la manière la plus densifiée notamment lorsque que j’ai eu la chance d’être intégré en tant que facilitateur à Pride & Prejudice, un projet d’échange de jeunes venus de Hongrie, de Slovénie, et d’Espagne qui pendant une semaine ont vécu au cœur de mon quartier.

 

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