Manon, Service Civique – Maroc

Je m’appelle Manon, j’ai 21 ans et je suis actuellement en service civique au Maroc pour une durée de 6 mois.

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Après ma licence, je voulais m’engager comme volontaire dans le domaine environnemental, pour confirmer mon choix de réorientation. La solidarité humaine pour la préservation de l’écosystème était, et est toujours, un sujet qui me tenait particulièrement à cœur. J’exprimais aussi le besoin de partir à la rencontre d’autres peuples avec une culture et un artisanat propre. Je trouve qu’on n’apprend jamais assez des autres !

Cela fait donc trois mois jours pour jour que je suis arrivée à Oumifiss, petit village marocain situé dans la région de Guelmim Oued-Noun. Avec quatre autres volontaires français, nous intervenons dans le domaine environnemental et éducatif au sein de l’association Aicha pour le développement de la proximité et de l’environnement. Notre tuteur, Mustapha, a créé il y a dix ans cette association qui participe à la reforestation des communes environnantes et à l’enseignement du français au niveau primaire. Nous travaillons essentiellement à la ferme expérimentale dans laquelle nous essayons différentes méthodes permaculturelles pour proposer des solutions viables aux agriculteurs.

            Depuis notre arrivée, nous avons participé à améliorer les infrastructures du jardin, en créant un abri à compost, en améliorant la serre à plants, en créant une banque de semences, en réalisant des ponts qui facilitent la circulation au jardin. Nous avons passé avec toute l’équipe dix jours à Marrakech pour assister à la COP 22 et nous avons également, au mois de décembre, participé à la récolte des olives et la fabrication traditionnelle de l’huile au moulin. Nous travaillons tous ensemble, respectant des horaires que nous avons choisis et qui varient selon la météo. Nous sommes accompagnés et conseillés par Jamal, le seul employé de l’association. Il est le jardinier de la ferme.

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La plus grosse difficulté que nous avons rencontré ici fut de communiquer avec lui et d’échanger nos idées sur le jardin. Quand nous sommes arrivés, toutes les parcelles étaient en friche car l’été avait brulé les récoltes. Il fallait repartir de zéro et nous avions chacun une vision propre du jardin à long terme. Sans aucune notion de darija (le dialecte marocain), impossible de savoir ce que pensait Jamal, quels étaient ses projets, où il voulait aller avec ce jardin. Les premiers temps, nous avons intuitivement séparé le jardin en deux. Nous avons réalisé les essais d’associations de cultures et de compost sur quelques parcelles et Jamal s’occupait du reste. Progressivement, grâce aux cours d’arabe, nous avons commencé à échanger des idées. Puis Jamal s’est intéressé de plus en plus à ce que nous tentions de mettre en place, et de la même manière, nous avons passé du temps à observer son travail. Cet échange nous a permis de suivre tous la même ligne de conduite pour le jardin. Nous travaillons aujourd’hui dans le même sens, l’amélioration de la fertilité du sol étant le mot d’ordre.

            Les difficultés rencontrées avec Jamal n’étaient pas les seules bien sûr.  Nous avons atterri dans un monde très différent, et une culture très éloignée de la notre. Mais chaque jour passé ici est une opportunité supplémentaire de découverte et d’apprentissage. Autant sur le plan personnel que professionnel, cette mission est un succès. Nous sommes tous ravis de notre présence au milieu de ce désert de cactus ! Cette expérience nous a permis de tisser des liens très forts avec certains habitants du village, mais également les uns avec les autres. La ville la plus proche étant à 20km, nous n’avons pas eu d’autre choix que d’apprendre le tarot et la belotte. Ils sont devenus nos meilleurs alliés pour passer de folles soirées ! Lorsque l’une d’entre nous est arrivée au terme de son stage, ce fut bien difficile de la quitter. Je souhaite lui rendre un petit hommage dans ce témoignage : Soso tu nous manques !

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