Marika, SVE, Finlande

Terve !

Je m’appelle Marika j’ai 21 ans et je réalise en ce moment un Service Volontaire Européen (SVE)  en Finlande. J’ai découvert l’ADICE, il y a 4 ans lorsque ma sœur est partie, grâce à cette structure, faire un Service Volontaire Européen en Hongrie.

A 17 ans, j’avais une idée précise de ce que je souhaitais faire : partir en Finlande et apprendre le finnois. Malheureusement à l’époque, il n’existait pas de partenariats entre l’ADICE et une structure finlandaise. Ce n’est donc pas l’ADICE qui m’a trouvé une mission mais moi en allant sur la base de données du SVE. J’ai commencé à envoyer ma candidature à toutes les organisations en Finlande qui avaient une mission pouvant me convenir ; principalement des missions auprès de jeunes enfants. Je n’ai eu que soit des refus, des réponses absentes ou de faux espoirs, j’ai donc dû m’ouvrir à d’autres missions. Finalement, j’ai eu une réponse positive de Kisälli en février 2015 pour faire un volontariat auprès de personnes en situation de handicap mental. Pour tout avouer, j’appréhendais un peu de travailler avec ce public car je n’y suis pas habituée mais le fait que mes parents ont de l’expérience dans ce domaine m’a rassuré.

Depuis août dernier,  je suis donc en Finlande dans la ville de Vihti où j’assiste des personnes ayant un handicap mental, dans leur besoins quotidiens ( hygiène, nourriture etc.), leur temps libre ( balades en forêts, en disco ) et plus particulièrement au travail où ils confectionnent principalement des tapis mais aussi sets et chemins de table, décorations de fêtes, etc. Je suis devenue experte du métier à tisser : je créé des choses, je peux les réparer ou réparer le métier à tisser… j’ai même créé mon propre tapis ! J’ai découvert une partie de moi que je ne soupçonnais pas, j’apprécie énormément utiliser mes mains pour des créations, je suis devenue manuelle. Je ne soupçonnais pas mes mains maladroites capables de telles choses : je peux coudre autant avec une machine que sans, et j’ai aussi appris à tricoter des chaussettes, ca m’a bien servit pendant le terrible hiver finlandais.

Grâce à cette expérience, j’ai pu réaliser mon rêve de vivre dans le pays que je convoitais et ainsi apprendre cette jolie langue ! J’ai acquis différentes compétences manuelles (sur le métier à tisser, le tricot), professionnelles (s’occuper de personnes handicapées, avoir des responsabilités – je me suis occupée seule du groupe en les emmenant à une exposition par exemple et ai tenu une journée de travail avec eux sans les travailleurs qualifiés finlandais), personnelles (être indépendante, autonome, confiante et aventureuse) et récemment, avec l’autre volontaire on s’est fixé un challenge. On est en train de créer une boutique en ligne afin que l’atelier puisse vendre les créations des travailleurs handicapés. C’est très stimulant !

Petit à petit, je prends conscience de ce que cette expérience m’apporte. J’ai l’impression de m’être trouvée, j’apprécie de plus en plus voyager et j’ai envie de m’ouvrir au monde… je ne suis plus bloquée sur la Finlande surtout depuis que j’ai rencontré un charmant autrichien en août dernier qui partage mes aventures en Finlande et me pousse à voir plus loin. J’ai également gagné en confiance en moi. J’ai pu observer entre le début de l’aventure et aujourd’hui un réel changement, j’étais très stressée  et toute tremblante lorsque je devais prendre la parole en public (lors du camp de volontaire par exemple) et la dernière fois que j’ai parlé à une classe de lycéens pour leur présenter le Service Volontaire Européen, je n’ai eu aucun problème ! Et cela je l’ai fait en anglais avec lequel je n’ai jamais eu de problème mais j’ai aussi pu un peu démontré mon finnois, je suis d’ailleurs ravie car j’ai un meilleur niveau de finnois notamment au niveau de la compréhension, je m’exprime tous les jours en finnois au travail ou lorsque je rencontre des personnes ne pouvant me répondre en anglais, quelque part j’adore ces situations. Je me surprends aussi surtout lorsque je vais chez ma professeure de finnois tous les lundis pour ma lecon en prenant le café, elle me laisse guider les cours selon mes envies d’apprendre, le plus souvent je traduis des textes.

J’ai ressenti aussi la différence culturelle car ici les personnes sont plutôt fermées alors que je suis quelqu’un de très sociable, ils ont réellement ce qu’on appelle le ´´confortable silence ´´, je ne le comprends pas. Le plus étonnant est de voir que ma sociabilité quand je suis vêtue pouvait être dérangeante alors que la sociabilité des finnois me dérange plutôt quand ils font des saunas nus, étrange! Les hivers sont rudes ici, c’est descendu jusqu’à -32°C  cet hiver et je suis dans une petite ville où il n’y a pas grand-chose à faire c’est sur, mais beaucoup à voir, c’est un paradis paisible que j’adore même si je ne m’y vois pas toute l’année par besoin de voir du monde autour. C’est sur que je serai contente de rentrer en France et revoir ma belle ville, ses gens et récupérer quelques petites habitudes mais ca va aussi me toucher énormément de quitter Vihti que j’ai appris à aimer vraiment fort et surtout les personnes handicapées avec qui je travaille vont beaucoup me manquer, je me suis fortement attachée à elles. Je sais que je reviendrai!

A la rentrée prochaine, je souhaite reprendre des études de journalisme ou de psychologie. Je pense que les métiers de chercheurs et journalistes restent très ouverts sur différents sujets, je ne veux pas me spécialiser tout de suite. Grâce à cette expérience, j’ai compris que j’aimais découvrir un peu de tout et que je ne voulais surtout pas m’arrêter à une seule possibilité dans la vie.

Je ne regrette pas de m’être lancée dans cette aventure pleine de rencontres sociales culturelles et professionnelles. Bien qu’il y ait des difficultés parfois, c’est par celles-ci que j’ai le plus gagné. Je me sens plus confiante face au futur, que je vois déjà prendre un sacré élan dès mon retour en France.

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