Mathilde, Service Civique Maroc

Six mois à Aïn Chaïr, Maroc

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L’idée de prendre le large qui me trottait dans la tête depuis quelques temps m’a subitement paru réalisable et envisageable, à la fin de ma première année de master. L’envie de sortir d’un cadre qui me donnait l’impression d’enfermer l’esprit. L’envie aussi de prendre du recul, de donner du sens à mes activités, d’aiguiser une certaine conscience et ouverture sur le monde. Mon objectif était donc essentiellement de me confronter à une réalité différente, et d’être dans l’action.

Le 5 janvier 2016, en fin d’après-midi, j’arrive à Aïn Chaïr, village marocain à deux pas de la frontière algérienne, avec mon contrat de service civique bien en sécurité au fond de la valise. Je découvre l’endroit où je vais vivre. Pas d’eau chaude, pas internet, pas de chauffage. La perte de repères est intense, et je me demande avant de m’endormir ce que je suis bien venue faire là.

Je m’apprête à passer six mois dans ce village oasis d’un millier et demi d’habitants, dans le Sud de la région désertique de l’Oriental, pour une mission qui a pour intitulé « Valorisation du patrimoine culturel ». Finalement, à cela s’ajoute l’enseignement du français pour des groupes de tous âges et tous niveaux : des élèves de primaire aux femmes quarantenaires avec cette formidable envie d’apprendre.

Entre l’amour des enfants, la mise en place du travail, la découverte de l’environnement, le couscous du vendredi, les amitiés qui se créent, l’hospitalité débordante des marocains, je prends mes marques. Cet espace qui me semblait étranger au possible, devient familier. Mes cours de français me permettent de rencontrer du monde, et mon travail sur le patrimoine d’apprendre des éléments de leur culture, comme la musique, la cuisine, la danse, l’histoire, les traditions, les fêtes…

Les gens du village invitent la petite française fraîchement débarquée que je suis, à prendre le thé, me font répéter en arabe tous les objets qui nous entourent, me transmettent leur bonne humeur bruyante dans de grands éclats de rire, me forcent à manger jusqu’à n’en plus pouvoir, avant de prononcer « hamdullah » à voix basse. Et bientôt, ils m’appellent aïounia (le mot utilisé pour une personne originaire de Aïn Chaïr).

Les multiples richesses de cette expérience se situent bien au-delà de ce que j’aurais pu prévoir, à mille niveaux différents et bien au-delà de ce que je pourrais exprimer ici. Mais si je devais faire un bilan en quelques mots, ça ressemblerait à ça :

Un voyage initiatique, de compréhension de l’autre et construction de soi.

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Des palmiers-dattiers, des enfants, du thé, des ânes,

Les appels à la prière et le souk du vendredi,

Les promenades le long des séguias et les nuits de Ramadan

 

Pour plus d’histoires et de dessins, visitez le blog de Mathilde : http://lasourcedelorge.tumblr.com/