Sarah, SVE, Italie

Sarah a réalisé un SVE en Italie, à Agrigento, ville multiculturelle de Sicile.

Sarah SVE Sicile

« Sicilia, bedda mia, terra di ‘ncantu, terra d’amuri e di lu sintimentu, cù ti lassa, ti lassa ccu lu chiantu. E quannu torna, ridi ed è cuntentu», Giovanni Formisano.

« Après avoir fini mon master en sociologie à Lille 1, mon envie de voyager, de découvrir de nouvelles cultures, de goûter à de nouveaux mets ont été plus forts que l’appel du travail. Je n’avais que 22 ans, un âge où les découvertes sont précieuses, où la curiosité doit être satisfaite. Ne dit-on pas : « les voyages forment la jeunesse ? ».

Depuis déjà 4 mois, me voilà donc en Sicile, au bord de la méditerranée. Et pendant cette première partie de mon SVE, il s’en est passé des choses.

Je vis à Agrigento avec trois colocs, elles aussi volontaires européennes : Catharina d’Allemagne, Maria d’Espagne, et l’autre Maria de Belgique. Ainsi, comme Catharina le dit dans la vidéo, on vit l’Europe au quotidien ! Sans ce projet, ce genre de rencontres et d’échanges n’aurait pas lieu. Nous sommes devenues de vraies amies et nous partageons nos cultures, nous confrontons nos points de vue et nos personnalités tous les jours. Je suis sûre que nous en sortirons grandies.

Nous avions toutes diverses raisons d’initier ce projet. Pour certaines, il s’agissait avant tout d’aider les autres, pour d’autres, d’aller aux devants de nouvelles cultures, de découvrir de nouvelles choses ou encore d’apprendre une nouvelle langue.  Grandir professionnellement était aussi un de nos objectifs. Pour Catharina par exemple, qui souhaite travailler avec des enfants, le SVE fait presque office de stage.

Lorsque j’ai imaginé mon projet de mobilité, je pensais à aller en Afrique. Je voulais de l’exotisme, un changement radical. En partant finalement en Italie, avec laquelle nous partageons une frontière et tant d’autre chose, je ne m’attendais pas à un choc des cultures. Et pourtant, tous les jours, je me trouve enchantée par ses collines vertes, par son aspect brut, presque sauvage, par les mille reflets dorés de sa mer. J’ai trouvé en Sicile la chaleur de ses habitants, les arancini trop grasses mais si bonnes, une temporalité différente (tutto piano piano…).

J’y apprends tellement sur moi-même et sur les autres. Cette expérience me donne de nouvelles lunettes, me permet de changer de perspective et de porter un regard neuf sur mes propres coutumes. Je remets en question certaines habitudes, une façon de penser. J’en apprends aussi sur les us du Sud et des Siciliens en particulier (nous avons même consacré un cours d’italien à l’utilisation du bidet ! Un cours pratique…). Les siciliens sont très fiers de leur territoire et de leur riche culture, ce sentiment en devient contagieux.

Je réalise mon SVE à la Fondazione Mondoaltro, branche de Caritas. Les activités de la fondation se concentrent autour de divers publics, principalement les migrants, les handicapés et les jeunes. Ce que j’aime à la fondation, c’est que chacun y est le bienvenu, tant de cultures s’y entrecroisent. On y rencontre des personnes venant d’horizons différents, on y chante des chansons du monde, et souvent on y goûte des saveurs exotiques. L’organisation me fait penser à un centre social comme il y en a en France.

Ma tâche principale est de m’occuper des enfants de3 à 6 ans de la « ludoteca Alveare » chaque après-midi après l’école maternelle. On joue avec eux, on chante, on danse, on essaie (tant bien que mal) de leur transmettre une idée de l’alimentation saine, on réalise quelques expériences… Très vite, les enfants sont devenus mes petits monstres adorés. Par ailleurs, je m’occupe avec mes colocs SVE du centre de documentation sur l’interculturalité de la fondation. Dans ce centre récemment créé, nous devons déterminer un système de prêt, cataloguer les livres, les enregistrer dans une base de données, décorer l’espace etc… En clair, en faire un lieu dynamique et accueillant. C’est un travail dense et long mais qui me plait beaucoup. Enfin, je m’apprête à entamer un projet auquel je tiens particulièrement. Pour la deuxième moitié de ma mobilité, je vais réaliser une étude sociologique sur les migrants à Agrigento.

Toutes ces expériences me permettent d’acquérir ou de renforcer certaines compétences, qu’elles soient sociales ou professionnelles. Mais le souvenir que je garderai intact sera sans nul doute le sourire des enfants. Et peut-être quelques coups reçus lors de leurs moments les plus espiègles… »