Viêt Nam News: article sur Julien

Julien raconte comment il a réalisé ses rêves « de découvrir le monde et d’aider les gens dans le besoin ».

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Désireux d’apprendre : des élèves malvoyants du lycée vietnamien Nguyen Dinh Chieu écoutent les explications de termes anglais par le volontaire français Julien Desrousseaux appuyé par une autre volontaire vietnamienne-VNS Photo Vuong Bach Lien

Article paru dans le Viêt Nam News et écrit par Vuong Bach Lien :

Anh chao cac em (Bonjour à tous !)

Julien Desrousseaux fait de son mieux pour prononcer ces paroles d’accueil en vietnamien à ses étudiants du lycée Nguyen Dinh Chieu avant de commencer la leçon d’anglais.

En reconnaissant la voix familière de l’enseignant étranger, les deux élèves malvoyants lui répondent en vietnamien leurs visages illuminés d’un grand sourire, impatients de commencer cette nouvelle leçon.

A l’ordre du jour pour le cours : une leçon de grammaire. Il leur fait réviser les temps du passé simple en leur faisant construire des phrases au passé. Après quelques minutes d’hésitation et l’aide de Julien, Dao Thuy Linh et Vu Hoang Chung font des phrases sans erreur.

Cela fait maintenant quatre mois que Desrousseaux travaille comme professeur de langue anglaise dans cette école. Tous les jours à l’heure du déjeuner, il passe une heure à aider les élèves à pratiquer leurs compétences orales et écrites en dehors des cours de langue anglaise qu’il leur enseigne le matin.

Afin d’être en mesure de travailler avec des élèves malvoyants, le volontaire de 25 ans a en amont appris le braille, une tâche qui a requis beaucoup de temps et de persévérance.

« Au début, j’étais inquiet et anxieux à l’idée de me retrouver face à une classe d’élèves malvoyants. C’était tout à fait nouveau pour moi. » se rappelle Desrousseaux.

Lors de ses toutes premières leçons, il a découvert que l’enseignement exigeait de la préparation et des plans de cours.

« Le défi résultait principalement de leur vue : en effet, aucun support visuel, papier ou tableau, ne pouvait être utilisé. Tout l’apprentissage devait se faire à travers des échanges oraux », ajoute-t-il.

Pour rendre ses cours plus intéressants, il a introduit divers jeux qui ont sollicité l’usage des autres sens comme l’ouïe, le toucher et l’odorat.

Afin d’aider le jeune volontaire français et ses élèves à dépasser la barrière de la langue, une volontaire vietnamienne vient une fois par semaine dans la classe de Julien afin d’expliquer aux élèves vietnamiens des mots qu’ils n’auraient pas compris.

Après quatre mois, Julien est ravi de voir les progrès de ses élèves en anglais sans compter que leur enthousiasme pour l’apprentissage de cette langue s’est accru, cette motivation n’était pas visible lors de son premier cours avec eux.

« Je suis impressionné par la motivation des élèves à apprendre l’anglais. Ils ont une heure de pause entre les leçons du matin et mes cours d’anglais, mais ils essayent de manger leurs déjeuners rapidement de sorte à commencer le cours plus tôt », rajoute Desrousseaux.

De son côté, Julien a aussi travaillé dur afin d’améliorer son vietnamien pour mieux échanger avec ses élèves.

« La première fois que je leur ai parlé vietnamien, ils étaient très surpris et contents. Ils se sont ensuite empressés à m’apprendre plusieurs autres mots en vietnamien. Depuis, j’ai l’impression qu’ils se sont plus ouverts à moi et que j’ai gagné leur confiance » continue-t-il.

Outre sa mission d’enseignement, Desrousseaux et d’autres volontaires à l’école aident les étudiants malvoyants à s’intégrer dans la société et aussi à les rendre plus confiants en eux-mêmes.

Ils ont ainsi participé à plusieurs concerts et ont pratiqué du sport avec d’autres élèves malvoyants au lycée.

« J’apprécie énormément Julien. Il est très gentil et se montre passionné dans son enseignement avec nous », déclare Linh.

Chung, son autre élève, répond qu’il est reconnaissant de découvrir une culture différente.

« Grâce à Julien, nous avons appris beaucoup de choses sur la France. Il est très patient avec nous et nous sommes devenus de bon amis », dit Chung.

Des leçons de français gratuites

En dehors de ses activités au lycée, Desrousseaux donne des cours de français gratuits aux personnes vietnamiennes intéressées.

« Je veux me sentir utile lors de ma mission au Vietnam », explique Julien.

Il a ainsi créé un groupe Facebook intitulé « It’s French time ! » (C’est l’heure du français !) pour échanger sur les leçons et permettre aux personnes de lui envoyer des messages personnels avant de rejoindre le groupe.

Il donne plusieurs cours en répartissant ses élèves selon leur niveau dans divers cafés autour de Hanoi.

« A chaque cours, mes élèves me suggèrent un autre endroit afin que je découvre un peu plus de la ville. Je me suis fait beaucoup d’amis en donnant ses cours, et c’est formidable ».

Réaliser ses rêves

Desrousseaux est venu au Vietnam à travers le programme du Service Civique par l’intermédiaire de l’association ADICE qui envoie de jeunes volontaires du nord de la France sur des projets solidaires et citoyens dans les pays en développement.

Pour réaliser son rêve de découvrir le monde et d’aider les gens dans le besoin, Julien a quitté son travail et a pris la décision de vivre et de travailler pendant un an au Vietnam, pays dont il ne connaissait rien avant son arrivée.

Julien affirme être tombé amoureux de ce pays et de la vie à Hanoi, où tout le surprend.

Julien trouve cela amusant d’être regardé dans les rues d’Hanoi et dans les bus à cause de sa haute taille avoisinant les 2 mètres.

« Il y a quelques jours, des personnes m’ont demandé de prendre des photos avec elles et je ne savais pas pourquoi », rigole-t-il.

« Parfois, je songe à rester au Vietnam une fois ma mission terminée parce que je sens que je suis devenu vietnamien », avoue-t-il.

Vous pouvez retrouver l’article original (en anglais) en cliquant sur le lien suivant: http://vietnamnews.vn/life-style/expat-corner/269134/volunteer-teaches-blind-youths.html

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