Estonie, entrepreneuriat et jeu vidéo, Laurène
Estonie • 3 mois • Chaosmonger Studio

En m’inscrivant au programme Erasmus Young Entrepreneur, je suis partie avec la volonté de développer mon activité professionnelle en tant qu’artiste indépendante. Cette étape allait me donner l’opportunité de comprendre les attentes d’un directeur de studio multimédia
envers ses artistes, plus particulièrement dans le monde du gaming. De plus, je souhaitais par-dessus tout, développer une spécialité graphique très spécifique, le pixel art.
Chaosmonger Studio, studio multimédia situé à Tallinn (Estonie), a accepté de s’engager avec moi dans cette nouvelle aventure Erasmus. Nous nous sommes associés dans la co-création du jeu Voivod : The Nuclear Warrior et le développement d’un portfolio
professionnel, investissement considérable pour un artiste.
La profession exige une participation active dans des projets indépendants qui amènent l’artiste à avoir une première visibilité.
Le jeu Voivod a un poids considérable tant dans sa thématique que dans son graphisme. Développé et édité par Chaosmonger Studio, il s’agit d’un Metroidvania qui se déroule dans l’univers dystopique de Voivod, groupe québécois de thrash metal. L’objectif est de combattre des mutants biomécaniques, d’explorer un monde post-apocalyptique et de récupérer les fragments de notre esprit perdu. Avec des graphismes en pixel-art, de l’action et une bande-son de Voivod.

C’est une production qui attire l’œil avec une ligne graphique précise que j’ai pu explorer à travers un travail de conception et de création de final boss, opposants, éléments de décors et objets. Par ailleurs, j’ai été très fière d’avoir travaillé sur la couverture du jeu. Toute la conception et création des créatures se base sur l’art de Michel « Away » Langevin, batteur de Voivod et créateur de leurs pochettes de disque.
Le point fort de cette collaboration a été la pratique du logiciel Aseprite, dédié exclusivement à la création en pixel art, et de l’animation.
Le pixel art répond à des règles de création extrêmement précises. Les étapes ont dû être approfondies et appliquées. Il n’y a pas d’intermédiaire possible lorsque tout peut reposer sur l’ajout ou le retrait d’un pixel, le choix de la palette de couleurs et la maîtrise des nuances.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le pixel art ne nécessite pas une large palette, cinq couleurs suffisent, sans compter les nuances. L’œil s’occupe du reste, il reconstitue naturellement les contrastes. Quant aux nuances, il s’agit de tons d’une même couleur, de degrés intermédiaires qui éclaircissent ou assombrissent une zone. J’ai d’autant plus apprécié cette rigueur mathématique qui m’a permis de mieux maîtriser mes propres choix chromatiques.
Ces quatre mois se sont conclus sur des changements importants : un tri dans mes productions, de meilleures idées de présentation et une évolution graphique / technique. J’ai pu mettre en application tous ces acquis grâce à la parodie / au fan. Cela s’est concrétisé en donnant vie aux graffiti PACS perdus dans les rues de Tallinn. La dérision s’est associée à l’exploration et a permis l’idée d’un nouveau concept, le Pixel Street Art.
Sa précision, son assemblage fait du pixel art l’orfèvrerie du jeu vidéo.
Sur son temps libre, Laurène a continué de se perfectionner dans le pixel art en parodiant des graffitis trouvé dans les rues de Tallinn et en abordant différentes aspect culturel de l’Estonie.


