Immersion Erasmus+ en Belgique : enseigner le FLE

Je suis Khadija, professeure d’espagnol en reconversion professionnelle afin de devenir professeure de français langue étrangère. J’ai été stagiaire professionnelle Erasmus+ à l’Alliance française de Gand, en Belgique, pendant six mois, de décembre 2024 à mai 2025.
J’ai obtenu ce stage avec le soutien de l’ADICE, une association installée à Roubaix qui contribue aux échanges internationaux dans des domaines diversifiés. Lors de mon stage, j’avais pour mission la promotion de la culture et de la langue françaises auprès d’un public néerlandophone attaché à maintenir des liens avec la France. L’intérêt pour le néerlandais constitue un atout et ne représente pas un frein à l’intégration dans la ville de Gand. Il existe des cours en soirée qui peuvent être envisagés, mais il est nécessaire d’anticiper le budget.
Une structure d’accueil ancrée dans son territoire
L’Alliance française est une petite structure composée d’un président, d’une coordinatrice des cours également responsable des examens, ainsi que de sept à neuf professeur·e·s engagé·e·s dans des cours privés, des cours pour enfants, des programmes de formation à destination des futurs enseignants, ainsi que des sessions de passation d’examens. L’Alliance française accueille également des stagiaires en communication et en pédagogie, ainsi que des groupes scolaires ou d’adultes venant découvrir la médiathèque.
Très connue du public et des institutions gantoises, elle rayonne auprès de plusieurs partenaires : la bibliothèque Limerick, l’université de Gand (UGent), Hogent, Artevelde, l’école IVG, le CVO Groep Gent, le CRAL, ainsi que le collège privé Sint-Barbara.
Vous l’aurez compris, l’Alliance française est une petite structure qui a su nouer des partenariats solides et de qualité, dont les projets qui en découlent sont novateurs et enrichissants.
Des missions variées au service du développement de compétences
En ce qui concerne mes missions, celles-ci étaient variées et formatrices. Je peux mettre en lumière quatre pôles sur lesquels je suis intervenue de manière volontaire, toujours avec l’envie d’apprendre de nouvelles compétences afin de gagner en autonomie.
Le pôle médiathèque
Une de mes missions régulières consistait à assurer l’accueil du public à la médiathèque : enregistrer les retours et les prêts, établir de nouvelles cartes d’abonné et renseigner les usagers sur les nouvelles acquisitions.
J’intervenais également pour aider le public à faire son choix pour l’emprunt de livres, jeux ou DVD, selon qu’il s’agisse d’une lecture pour un niveau débutant ou avancé, d’un manuel pour la classe ou pour un public migrant ou professionnel, ou encore d’un jeu destiné à un usage pédagogique ou familial.
La gestion de la bibliothèque de l’apprenant m’a permis de développer des compétences spécifiques telles que le repérage et l’identification de ressources adaptées aux futurs apprenants.
La prise en main du logiciel BCDI a constitué une compétence essentielle pour encoder les nouveaux arrivages, enregistrer les prêts et les retours, ainsi que les éventuelles prolongations. J’ai suivi plusieurs tutoriels afin de répondre efficacement à mon rôle de bibliothécaire débutante.
J’ai également fait la promotion de Culturethèque auprès de nouveaux abonnés afin de les inciter à consulter la richesse documentaire de la bibliothèque numérique de l’Institut français.

Le pôle pédagogique
J’ai commencé à donner des cours avec un partenaire gantois : le collège privé Sint-Barbara. J’avais sous ma responsabilité un groupe de douze élèves du secondaire. Avec une approche interactive basée principalement sur l’oral, j’ai amené les élèves à parler en français pendant 50 minutes. Dans ce cadre, il n’y avait pas d’enseignement explicite de la grammaire, de la conjugaison ou de l’orthographe, ces aspects étant pris en charge par leur enseignant référent. Mon objectif était de proposer un apprentissage différent, davantage axé sur l’interaction et le jeu.
Lors de la préparation, j’ai conçu du matériel didactique autour de thèmes variés : la maison, le voyage, les transports ou encore la routine quotidienne. À travers des comptines et des jeux (Tic Tac Boum, dessin à l’aveugle, domino, jeu du perroquet), j’invitais les élèves à mobiliser du lexique et à produire des phrases en français. Le groupe était volontaire, impliqué et caractérisé par une bonne cohésion. Cette première expérience m’a permis de tester une pédagogie reposant essentiellement sur l’oral, avec peu d’écrit, et intégrant des principes d’apprentissage spiralaire.
Par la suite, j’ai assuré un cours particulier de deux heures, sur dix séances, avec une adulte de niveau A2. En m’appuyant sur le manuel Édito A2, j’ai abordé des thématiques en lien avec son univers professionnel : se présenter, formuler des questions, exprimer des projets, interagir avec des clients par téléphone ou par courriel. À chaque séance, un point grammatical était introduit en contexte. Par exemple, pour évoquer des projets de vacances ou professionnels, j’introduisais le futur simple et le futur proche.
Au mois de mai, j’ai eu l’opportunité de mener cinq séances destinées aux « petits parleurs », c’est-à-dire aux enfants. À partir d’un album jeunesse comme fil conducteur, en l’occurrence Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, j’ai abordé le thème de l’espace et du système solaire. Les séances débutaient par des comptines (« 1, 2, 3 nous irons au bois », « L’empereur, sa femme et le petit prince », « Tête, épaules, genoux, pieds »), suivies de jeux visant à travailler le lexique (memory, bingo, loto des sons, jeu du perroquet, dés en mousse, dessin). À l’aide d’affiches et de supports plastifiés, j’ai travaillé des notions telles que la grandeur, la distance, ainsi que le genre grammatical (la lune est grande, le soleil est grand, Vénus est loin du soleil, etc.). J’ai également introduit des structures simples avec des verbes de base : « je vais dans l’espace et j’emporte… », « j’aime / je n’aime pas… ».
Enfin, j’ai animé des ateliers de conversation intitulés « À vous la parole » auprès de quatre apprenants adultes, pendant six séances de deux heures en soirée. Les thèmes abordés étaient variés : présentation, projets, voyage, moyens de transport, alimentation, gastronomie, télévision et séries. L’approche reposait sur l’échange spontané. Mon rôle consistait à animer, structurer et distribuer la parole à partir de supports déclencheurs.
Le pôle culturel
Durant mon stage, j’ai participé à un projet culturel porté par la coordinatrice de l’Alliance française : l’exposition itinérante « Badass », qui met en valeur des héroïnes de bande dessinée francophone.
J’ai contribué à la réalisation d’un audioguide en trois langues (français, anglais, néerlandais) et accompagné des étudiants de Hogent lors des enregistrements. J’ai également prêté ma voix pour la version française.
Par ailleurs, j’ai réalisé un inventaire de 37 bandes dessinées destinées au public, principalement en français, mais également en néerlandais et en anglais.
J’ai enfin animé des ateliers créatifs autour de la bande dessinée de Marguerite Abouet, à travers le personnage d’Akissi. Les activités proposées incluaient la reconstitution d’une planche, la remise en ordre des bulles, l’imagination de la suite d’une vignette ou encore l’enregistrement de dialogues.
Cette expérience m’a permis de développer des compétences en animation, en médiation culturelle et en prise de parole en public auprès d’un public non francophone.
Pôle certification
Lors des sessions d’examens (TCF, DELF), j’étais chargée de préparer les salles (mobilier, ordinateurs) et d’assister au bon déroulement des épreuves, dans le respect du cadre réglementaire de France Éducation international. Certaines situations (problèmes techniques, vérification des pièces d’identité) nécessitaient l’application de procédures spécifiques. J’ai suivi une formation de trois heures à la surveillance d’examens afin d’adopter une posture et un discours professionnels adaptés.
Compétences numériques et formation
J’ai développé des compétences numériques en utilisant Google Drive et Google Agenda pour faciliter le travail collaboratif, ainsi que Canva pour la création de supports pédagogiques. J’ai également mobilisé des outils bureautiques (Word, Outlook, Gmail).
En parallèle, j’ai suivi une formation certifiante en ligne du CAVILAM intitulée « Enseigner le FLE aujourd’hui », ainsi qu’une formation en présentiel à Bruxelles sur la phonétique (« kit de survie pour la prononciation pour les professeurs débutants »).
Ces formations m’ont permis d’améliorer la préparation de mes cours en intégrant des objectifs culturels, linguistiques et pragmatiques, et d’engager une réflexion sur ma pratique pédagogique afin de maintenir la motivation des apprenants.
Conclusion : une expérience professionnalisante et déterminante
Cette expérience a été particulièrement enrichissante à tous points de vue. Elle m’a permis de développer des compétences professionnelles et personnelles solides.
Enfin, elle a facilité mon insertion professionnelle à l’international, dans la mesure où elle a contribué à renforcer mon profil et à sécuriser mon recrutement à l’étranger.

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