De rêveur à volontaire au Ghana : les 263 jours d’immersion et de lâcher-prise de Louis
Je suis un rêveur, depuis tout petit et jusqu’à maintenant. Je rêve de vivre dans un monde plus juste, un monde de possibilités et de partage. Voyager n’a pour autant jamais fait partie de mes rêves, mais fait désormais partie de ma vie !
J’ai trouvé ma mission sur le site du Corps européen de solidarité (CES) et j’ai eu tout de suite envie de postuler. Même si le Ghana n’était pas vraiment dans la liste des pays dans lesquels je désirais aller, la fiche de mission m’a beaucoup plu. Sa grande précision et son côté professionnel, que je ne retrouvais pas forcément ailleurs, m’ont motivé. Voulant me professionnaliser durant mon volontariat, cela a joué un rôle plus que conséquent.

Le quotidien à Tamale : entre digital et flexibilité
Sur place, au sein de l’ONG GDCA à Tamale, dans le nord du Ghana, j’occupais la position de « Digital Literacy Advisor ». Le but initial de ma mission était de travailler sur l’encapacitation digitale des femmes vivant dans les communautés. Je travaillais la plupart du temps seul au bureau, mais j’avais de nombreux contacts avec l’équipe locale, ainsi que des contacts parcimonieux avec les communautés, notamment lors d’ateliers numériques dans un centre de formation pour jeunes défavorisés.
Nous n’avions pas vraiment de journée « type », car le planning changeait d’une journée à l’autre en fonction des projets. Nous arrivions en général au bureau entre 8h et 8h30. Le matin était alloué aux e-mails, à la gestion informatique, à nos projets personnels ou à nos cours de dagbani. Si nous devions aller visiter les communautés, nous y allions le plus souvent le matin, le rythme des journées étant ici calé sur les heures de prières (de midi et du milieu d’après-midi). L’après-midi, je travaillais sur mes projets et j’allais voir mon tuteur qui était plus disponible à ces moments-là.
Apprendre à s’adapter face à l’inattendu
S’il y a un aspect de la mission qui a été très différent de ce que j’imaginais, c’est l’ensemble de celle-ci. Je suis venu pour une mission spécifique pour laquelle je n’ai jamais pu travailler. Nos visions du volontariat différaient entre l’ONG et moi. Cela m’a souvent amené à ne pas me sentir utile, ni à avoir beaucoup de travail. Pourtant, l’ONG ne ressentait pas du tout les choses de la même façon et trouvait que j’étais très utile dans le développement de leurs projets. Ma plus grande fierté reste d’avoir réussi à m’adapter et à trouver des solutions lors des activités sur le terrain. C’est un réel sentiment de joie lorsque nous, volontaires, pouvons réaliser nos projets et qu’ils sont bien accueillis par les communautés.
Vivre à l’étranger dans un contexte si différent, où tout peut devenir un challenge, permet de se rappeler des privilèges dont nous bénéficions en Europe et dont nous n’avons même pas idée. Mais la mission offre aussi des moments de plénitude uniques, comme lors de la saison des pluies, où le bruit assourdissant de l’eau tombant sur les toits en tôle me laissait un profond sentiment de quiétude. Ou lors de moments forts, comme le Fire festival, où plusieurs centaines de personnes marchent ensemble avec des torches enflammées. Partager cette expérience avec d’autres volontaires a rendu ce voyage inoubliable.

Mes conseils pour les futurs volontaires
Une chose à ne pas faire durant sa mission est d’être passif, d’attendre que l’on vienne à vous. Si j’avais un conseil pour bien se préparer, ce serait d’oublier tout ce que vous savez, de partir comme si vous veniez de naître : vous ne connaissez rien de l’endroit où vous allez et n’avez jamais entendu aucun préjugé ou cliché à son sujet.
Chaque expérience comme celle-ci est unique, que ce soit la première ou la dernière. Même si cela paraît effrayant avant de partir et difficile durant son séjour, il ne restera que de bons souvenirs et de l’expérience après la fin de la mission.

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