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Adrian, volontaire en Service Civique en Belgique

"Grâce à cette expérience, je suis motivé à m’épanouir professionnellement en réinventant continuellement mon rôle à jouer dans le secteur de la jeunesse."

C’est au lendemain de mes 23 ans que j’ai été déployé comme volontaire en Service Civique. Je suis originaire de Normandie et résident à Lille mais parfois il n’est pas nécessaire de partir très loin pour voyager et s’enrichir de rencontres.

C’est à Namur que j’ai effectué mon projet de mobilité, capitale de la Wallonie à une heure de Bruxelles, avec l’aide de l’ADICE me soutenant personnellement tout au long de mon intégration en Belgique. Mon engagement citoyen a duré 8 mois. Je suis devenu volontaire au sein de Dynamo International qui est une structure (ou ASBL en Belgique) d’aide à la jeunesse permettant à des jeunes ayant moins d’opportunités de partir en mobilité en Europe et au-delà. Ce sont des tremplins que propose l’association aux jeunes en essayant de faire de leur motivation ou leur âge les seules conditions à leur développement personnel et leur affirmation citoyenne par le voyage.

Dynamo International possède deux champs d’action : l’aide à la jeunesse et la coopération internationale entre travailleurs sociaux de rue. Mes missions m’ont investi dans les activités d’aide à la jeunesse. Concrètement, et sans rôle prédéfini, j’ai fait partie de l’équipe « Mobilité » pour assurer l’animation d’activités proposées aux jeunes de 13 à 25 ans. Ces activités portent sur l’ouverture culturelle, une réflexion sur l’actualité, des ateliers de création ou le sport. Mon rôle consistait aussi à un soutien dans les démarches administratives, dans les voyages réalisés par les jeunes au sein des programmes belges et européens proposés, à l’organisation de camps ou d’échanges de jeunes afin de rencontrer d’autres associations dans de nombreux pays Européens. Les activités pouvaient aussi bien se tenir sur une demi-journée ou sur deux semaines. Pour ma part, mes missions se sont principalement concentrées sur l’animation collective avec les plus jeunes.

Dynamo ayant une antenne à Bruxelles, il est régulier de s’y rendre pour travailler avec l’ensemble de l’équipe.  J’ai donc pu collaborer avec les éducateurs de l’association, le personnel administratif et une coordinatrice. D’autres volontaires ont été présent pendant ces 8 mois, venant du Portugal ou d’Italie. C’était l’occasion de créer de nouvelles dynamiques de travail et de langue.  Les partenariats que possède Dynamo permettent également de s’intéresser à d’autres acteurs associatifs, de suivre des formations avec eux et de collaborer lors d’évènements. On peut aussi bien travailler avec d’autres organisations de jeunesse, dans des écoles, des structures culturelles ou des acteurs locaux (centre de réfugiés, culturel, fermes, asbl d’outils pédagogiques, etc.).

Relativement jeune, l’antenne de Namur a pour enjeu principal de se faire connaître auprès des 18-25 ans que l’on peut accompagner dans leurs projets de mobilité. Ce public est parfois en proie à la précarité ou l’isolement dans le Namurois. Il mérite un accompagnement davantage éducatif lorsque les institutions compétentes n’assurent plus de suivi, sans sombrer dans la culpabilisation.  Il y a donc un important travail de relation partenariale à prolonger. La réalité de Bruxelles et celle de Namur n’étant pas les mêmes, un retour au travail social de rue, historique à Dynamo, a peut-être un rôle à jouer pour l’accès à certains jeunes ! Je suis convaincu comme que c’est là que réside la réelle rencontre.

Toujours étudiant, j’ai voulu profiter d’une année de césure pour combler un besoin d’engagement grandissant auprès d’un public qui a toujours attiré mon attention, en gardant le statut d’étudiant pour finir ma formation à mon retour. C’est aussi une légitimité que j’ai voulu acquérir. Un Service Civique était pour moi un début de réponse idéal à mes interrogations sur mon avenir, pour me sentir utile et m’estimer davantage au sein d’une équipe.

J’ai pu profiter d’une proximité avec mes proches, être dans un pays voisin à la France et saisir la bienveillance de mes collègues belges pour me sentir bien dans cette mobilité. Puis, le coronavirus a impacté le Monde. Pendant 2 mois l’accompagnement de Dynamo pour les jeunes ne pouvait se faire qu’à distance. Le plus dur a été de devoir faire une croix sur un échange de jeunes que l’on devait réaliser au Nord de l’Italie sur le thème du théâtre de l’inclusion après l’invitation d’une troupe féministe locale. Les actions d’une association comme Dynamo sont encore plus à repenser aujourd’hui.

Malgré cette leçon, je garde de très beaux souvenirs. Ce qui m’a rendu le plus fier dans cette expérience c’est le plaisir affiché des jeunes pendant un camp écocitoyen d’une semaine à quelques kilomètres de Namur. Aucune frontière n’a été franchie mais nous avons tous partagé un voyage sincère. C’est un réel test quant à sa capacité à gérer des situations de conflits, une logistique et c’était une vraie satisfaction de voir les enseignements qu’ils peuvent par eux-mêmes en tirer. Aujourd’hui j’ai foi en une éducation non-formelle.

A la veille de ma dernière année d’étude, et grâce à cette expérience, je suis motivé à m’épanouir professionnellement en réinventant continuellement mon rôle à jouer dans le secteur de la jeunesse.