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Garance, en service civique international, en Italie dans le domaine de l’éducation et la culture

"Ce n’est pas parce que le monde est à l’arrêt que l’aventure doit s’arrêter elle aussi !"

J’ai travaillé   avec une équipe d’éducatrices, de psychologues, de pédagogues, de psychomotriciennes ainsi qu’avec deux autres volontaires d’origine espagnole dans une coopérative sociale qui se nomme « A Modo Loro». L’équipe est exclusivement composée de femmes. Le centre après-scolaire accueille des enfants et des adolescents tous âgés entre 6 et 18 ans. Aujourd’hui, le centre compte deux antennes dans la ville de Putignano et accueille environ 80 élèves.

Le 5 septembre 2020, je me suis envolée en direction des pouilles afin de réaliser un projet qui me tenait à cœur. Un projet pour lequel, j’ai tout plaqué. Il est important de préciser que lors de la phase préparatoire du service civique, il y avait beaucoup de doutes et d’incertitudes en particulier dus au contexte sanitaire mondial.

Si je me suis engagée dans une telle mission, c’est parce que j’étais complètement perdue. Je n’arrivais pas à savoir ce que je voulais, ni comment m’orienter professionnellement. Lorsque que l’on m’a parlé du service civique, j’ai vu que je pouvais tant apprendre et donner en retour.  On a tous un petit rêve qui nous trotte dans la tête. Celui que j’avais, c’était de parler une autre langue et m’immerger dans une autre culture. L’ADICE a su viser exactement là où il le fallait et la première mission proposée fut la bonne ! Travailler avec des enfants, des éducatrices, des psychologues et des psychomotriciennes m’intriguer et je voulais voir jusqu’où je pouvais aller et ce que j’avais à apporter.

La plus grosse difficulté parfois, c’est accepter le changement. Parce que durant un volontariat, il vaut mieux que vous le sachiez futurs volontaires, on change. On prend sur soi. On teste ses limites.  On découvre. On grandit. Lorsque l’on met le pied sur un territoire qui n’est pas le sien, tout devient plus difficile. Intégrer un nouvel environnement peut être très déstabilisant.

Il faut aussi accepter que votre vie en France et votre vie dans le pays d’accueil soit totalement différente. Pour cela,  je vous conseille de reprendre quelques activités que vous aviez l’habitude de faire en France. Si je dois vous donner un exemple, lorsque j’avais besoin de me ressourcer, je jouais de l’ukulélé.

Lors d’une mission à l’étranger, tout n’est pas rose. Le fait de ne pas avoir la possibilité de sortir (dû au covid-19), de ne pas retrouver ses amis et d’être dans le flou le plus total face à l’avenir, peut vous faire broyer du noir. Alors accrochez-vous et demander de l’aide si besoin. Les plus belles choses sont parfois très simples et ils en existent des centaines ! Ce qui m’a le plus aidé, c’est de parler avec ma colocataire, Alba, et mon mentor, Piero, qui sont devenus des amis très proches. Me sentir accompagnée par L’ADICE tout au long de ma mobilité m’a également beaucoup aidé. C’est pourquoi, je tiens à les remercier pour leur écoute et leur gentillesse remarquable !

Les choses dont je suis la plus fière, ce sont toutes les petites victoires du quotidien. Par exemple dans le centre après-scolaire, nous avons des enfants avec des troubles comme la dyslexie, la dyscalculie, la dysorthographie, des problèmes psychomoteurs et comportementaux. C’est quelque fois très laborieux et extrêmement fatiguant pour l’élève de mener à bien tous ses devoirs. C’est pourquoi lorsque nous réussissons à accompagner les enfants dans leur parcours éducatif, peu importe les difficultés rencontrées au cours de la journée, c’est une victoire dont nous pouvons être fiers.ères .

Cette expérience a totalement bouleversé mes projets futurs. Juste après la fin de la mission, je compte rester en Italie. Un de mes principaux projets serait de reprendre un parcours universitaire dans le nord de l’Italie. Grâce à cette mission, je me suis défiée chaque jour un peu plus et depuis je me sens plus confiante en ce qui concerne l’avenir !  J’ai aussi découvert à quel point travailler avec les enfants est gratifiant. Je ne pensais pas que cela m’aurait autant plu et bouleversé !

Les anecdotes les plus drôles sont très certainement celles que j’ai pues avoir avec Alba. La cohabitation avec une personne dont on ne partage ni la langue ni la culture peut être un peu effrayante. Pour autant,  nous avons trouvé un très bel équilibre et nous réussissons à nous comprendre. Pour vous offrir un extrait de nos aventures : nous aurions pu ouvrir une piscine municipale dans l’appartement. Le frigo, le lavabo, la machine à laver et la douche se sont amusés, à tour de rôle, à créer diverses rivières dans la salle de séjour.

J’ai aussi un très bon lien avec mon mentor, avec mes collègues ainsi qu’avec les enfants du centre. Ils existent donc des centaines d’anecdotes ! La plus récente dont je me souvienne est la phrase d’un des enfants âgé de 7 ans : « aujourd’hui, je vis dans le pays sans voyelles. Donc je n’écrirai pas les voyelles. Parce que c’est illégal. Et les consonnes sont beaucoup trop difficiles à écrire. Donc je ne ferai rien. » Il était 14h, L’enfant venait à peine d’entrer dans la salle d’étude.

En une phrase : « Education is the most powerful weapon which you can use to change the world » – Nelson Mandela