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Liam, EU Aid Volunteers au Ghana dans le domaine du développement communautaire

"Chacun de nous réfléchit à la journée écoulée tout en pensant à la suivante. C'est aussi dans ces moments que nous pouvons discuter, partager, échanger et apprendre les uns des autres. Ce qui, au fond, est le but de ce projet de volontariat"

Au bureau de district de l’association Ghana Developing Communities (GDCA) à Savelugu, juste au nord de Tamale, le gentil ronronnement du ventilateur de plafond apporte une fraîcheur bien méritée à la chaleur. L’application météo de mon téléphone m’indique qu’il fait 38°C avec un taux d’humidité de 59%. Il fait chaud et je n’ai pas besoin de consulter mon téléphone pour le savoir ! J’ai adopté l’astuce de mes collègues qui consiste à avoir toujours un mouchoir à portée de main pour essuyer mon front et ma lèvre supérieure toutes les quelques minutes. Dehors, les enfants qui rentrent de l’école jouent sur la terre rouge, omniprésente ici, et le bruit régulier des moteurs de voitures et de motos qui passent est parfois interrompu par une chèvre qui appelle ses petits.

Nous venons de visiter une association villageoise d’épargne et de crédit (AVEC) dans une communauté voisine. Ces groupes composés de 15 à 25 membres (principalement des femmes) se réunissent chaque semaine pour épargner ensemble de l’argent en achetant des actions. Les groupes peuvent également faire fructifier leurs économies en accordant de petits prêts aux membres moyennant un faible taux d’intérêt. Ainsi, à la fin d’un cycle (qui dure généralement 12 mois), chaque membre est en mesure de récupérer ses économies avec un petit supplément composé des intérêts facturés aux membres et des amendes collectées lors des réunions du groupe. Les groupes peuvent également mettre de côté de l’argent dans un fonds social qu’ils gèrent et qui peut être utilisé comme une forme de micro-assurance pour les membres qui peuvent avoir des dépenses imprévisibles telles que des factures médicales, des frais d’obsèques et d’autres incidents de ce type qui nécessitent un paiement rapide. La force des AVEC réside dans le fait que les groupes sont auto-sélectionnés, autogouvernés et autogérés. J’entends par là qu’ils sélectionnent leurs propres membres et élaborent leur propre ensemble de règles et de règlements dans le cadre de leur constitution pour se gouverner eux-mêmes. Cela s’accompagne bien sûr d’une formation et d’un suivi régulier, mais en tant que concept, c’est ce qui le distingue des banques du secteur formel, où les groupes ne sont pas indépendants et ne peuvent pas décider eux-mêmes comment et quand mettre de l’argent de côté.

Mon rôle, pendant les 12 mois que je passerai à la GDCA, sera de soutenir l’équipe en mettant l’accent sur les AVEC. Pour être en mesure de le faire efficacement, je dois d’abord observer et comprendre la manière dont le concept des AVEC est mis en œuvre. Cela signifie observer et comprendre comment les groupes sont formés, comment les AVEC s’intègrent dans la conception du développement communautaire et des autres activités de la AVEC, quelle est la dynamique des groupes, quels sont leurs défis, quelles sont les raisons pour lesquelles les membres forment des AVEC, et une longue liste d’autres questions. Il est également crucial que je connaisse la charge de travail des agents de terrain (qui sont les membres de l’équipe qui effectuent la plupart des contrôles réguliers des groupes et passent la majeure partie de leur semaine au sein des différentes communautés). Sans ces informations cruciales, et sans une solide compréhension des AVEC dans ce contexte, les efforts, les idées ou les suggestions que je pourrais apporter risquent de manquer les éléments vitaux qui pourraient les rendre réalisables et utiles. Mon rôle est de travailler avec l’équipe pour partager les connaissances, les pratiques, les points de vue et les idées afin de voir comment nous pouvons, en collaboration, renforcer le travail des AVEC qui est en cours – la première étape consiste à recueillir des informations et à comprendre.

Pour y parvenir, il est essentiel de développer une relation solide avec les personnes avec lesquelles je travaille, que ce soit au travail ou en dehors. Le week-end dernier, mon mentor m’a gentiment invitée à l’accompagner pour faire son grand, très grand, achat mensuel au principal marché en plein air du centre de Tamale. Nous sommes parties en fin de matinée et sommes rentrées tard dans l’après-midi, après nous être arrêtées à mi-chemin pour prendre le déjeuner qu’elle avait soigneusement préparé le matin même.  Si, comme moi, vous n’avez jamais entrepris un marché si long et si énergivore que vous deviez faire une pause entre deux parties, je dois vous dire que le déjeuner était un complément délicieux et très apprécié. Après tout, on dit que le pire moment pour faire les courses, c’est quand on a faim !

Depuis mon arrivée, j’ai énormément profité de moments comme ceux-ci, où les collègues de la GDCA se sont vraiment surpassés pour me faire sentir à l’aise et bienvenu. Un autre moment qui me vient à l’esprit est celui où mon supérieur hiérarchique est venu me chercher le premier jour avec le chauffeur du bureau et m’a emmené faire du porte-à-porte dans les maisons de mon quartier pour me présenter à mes voisins. Il s’assurait ainsi que si j’avais besoin de quelque chose, je saurais à qui m’adresser, et que de leur côté, ils sauraient qui je suis. Ce ne sont pas des cas isolés d’efforts, mais seulement deux exemples que je peux partager ici ; ils résument parfaitement le type d’accueil et d’attention dont j’ai fait l’objet à mon arrivée et qui s’est poursuivi depuis.

La journée de travail s’achève au bureau du district et mon mentor (qui est le coordinateur du district) m’informe que nous rentrons à Tamale. La demi-heure de route, sur une route en ligne droite, est un moment de la journée qui se situe à la fois entre le travail et les loisirs. Chacun de nous réfléchit à la journée écoulée tout en pensant à la suivante. C’est aussi dans ces moments que nous pouvons discuter, partager, échanger et apprendre les uns des autres. Ce qui, au fond, est le but de ce projet de volontariat.

Ils m’appellent, je dois y aller !