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Selena, service civique international, en Macédoine du Nord, dans le domaine de la médiation culturelle

"Je suis très heureuse d’avoir pu surmonter cette timidité professionnelle que j’avais et d’avoir su m’affirmer."

Je suis Selena, j’ai 23 ans et je suis partie à Tearce, un village en Macédoine du Nord dans le cadre d’un service civique. CED (Center of Education and development) m’a accueillie pendant
8 mois pour que je puisse établir différents projets culturels et artistiques mais aussi à visée écologique. Le contexte était assez particulier car il a vite fallu intégrer les spécificités interculturelles du pays. En effet, les villageois sont regroupés selon leur appartenance ethnique : il y a une partie albanaise, une partie macédonienne et une partie turque. L’école est aussi divisée selon ce critère. Les différentes ethnies se mélangent très peu et les regrouper autour de plusieurs événements était une des missions principales de l’organisme où j’étais. J’ai ainsi pu découvrir plusieurs cultures en un seul village et cela a été très enrichissant.

Tout le long de ma mission, j’ai pu expérimenter mais aussi affirmer mes capacités artistiques en passant par des réalisations d’illustrations traditionnelles, des retouches de photos sur Photoshop, des designs d’affiches, de flyers, des encadrements d’activités sportives et manuelles à destination d’un jeune public, mon expérience m’a globalement servie à mieux me situer professionnellement. Cela a été un vrai défi pour moi de travailler en équipe, d’apprendre à déléguer des tâches, à me responsabiliser mais aussi à savoir communiquer quand cela est nécessaire. Je suis très heureuse d’avoir pu surmonter cette timidité professionnelle que j’avais et d’avoir su m’affirmer. Ma plus grosse difficulté, hormis la place de la femme dans ce village qui parfois n’a pas rendu mon quotidien aisé, était je pense faire face à la pandémie. Beaucoup de questions se sont posées en terme d’organisations d’événements, beaucoup de zones floues, de nouvel agencement à avoir, encore une fois il a fallu vite s’adapter que cela soit dans l’association ou au quotidien. J’ai eu l’occasion à ce moment-là de réaliser des bandes-dessinées, illustrations mais aussi concours en ligne en lien avec la pandémie.

Beaucoup se demandent ce que cela peut rapporter de partir dans un pays dont on n’a jamais entendu parler auparavant, comme je le dis souvent “Plus de choses m’attendaient là où je ne
connaissais rien”, tout est accueilli différemment, tout n’est qu’apprentissage et découverte.

De manière générale, je tire une grande satisfaction de mon affirmation artistique et professionnelle grâce à cette mobilité.

Cela m’a beaucoup aidée à savoir distinguer ce que je savais faire et ce que je pouvais faire de ce que je ne savais pas faire et ce que je pouvais apprendre. J’aimerais beaucoup désormais me lancer en tant qu’artiste-illustratrice, je réalise d’ailleurs en ce moment un projet d’illustrations de cartes postales autour de mon expérience dans les balkans. De plus, j’ai comme projet de m’installer au Kosovo, un pays que j’ai pu découvrir lors de ma mission en Macédoine. Si j’avais un conseil à donner à ceux qui ont peur de se lancer c’est de ne jamais penser que quelque chose est impossible et bien sûr de croire en soi !