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Aubry, service civique au Maroc

"J’avais besoin de prendre du temps pour moi, de réfléchir et de m’aérer l’esprit dans des contrées inconnues [...] Après un an passé enfermé dans un bureau, j’avais envie d’être au grand air"

A la sortie de de mes études, le désir de réaliser un service civique à l’étranger s’est manifesté en moi.  J’avais besoin de prendre du temps pour moi, de réfléchir et de m’aérer l’esprit dans des contrées inconnues. Au gré de mes recherches, je découvris l’Adice, une association roubaisienne qui proposait ce dispositif pour les jeunes.

Exécrant les villes et leur pollution, mon idée était de partir en milieu rural, avec des missions autour de l’agriculture. Après un an passé enfermé dans un bureau, j’avais envie d’être au grand air et de me dépenser physiquement. De plus, je suis sensible à cette thématique car toute ma famille est issue du secteur agricole. Pour moi, c’était leur adresser une sorte de clin d’œil complice !

L’Adice me proposa une seule solution : l’association Aïcha, près de Guelmim, dans le sud du Maroc. Sans me poser 36 questions, j’ai préparé mon sac à dos et quitté les vaches de ma Normandie natale pour les dromadaires du Sahara.

Arrivé à Agadir, c’est un certain Monsieur Jawad qui me récupère en taxi. On s’enfonce pendant 4h à travers le sud du Maroc. Les montagnes et l’aridité des paysages m’offrent un contraste avec ma verte plaine natale. Il me dépose dans un petit village appelé Oumifiss, d’environ 80 habitants. Niché entre deux pics rocailleux, ce petit oasis sera le théâtre de mon futur séjour. Visiblement c’est l’heure de la sieste, car il n’y a pas un chat dans la rue. Je suis accueilli par les autres volontaires et stagiaires, tous très sympathiques. Il y a des français, des allemands, des marocains. Ça parle anglais, français, arabe. Bref, ça a l’air de bien vivre.

Sous la houlette de « Tonton Mustafa », le président de l’association, et de Mehdi, le jardinier. Je prends la pleine mesure de ce qui m’attend. L’association Aïcha a pour objectif la lutte contre la désertification et le développement de proximité. L’idée est donc de freiner le désert en plantant des arbres, tout en permettant une vie économique par les fruits et les légumes produits. Résumé par la fameuse devise de l’association « œuvrer pour la plantation de la culture de plantations d’arbres », le travail s’annonce féroce.

 

 

Très vite, je prends le rythme de mes missions quotidiennes. La majeure partie d’entre elles est agricole : récolte des olives et des figues de barbarie, taille, irrigation, bouturage, gestion du potager ou encore nourrir les bêtes. En parallèle, nous réalisons des cours de français pour les enfants du village et les ados du collège voisin. Les journées sont bien remplies et il faut faire parfois face à des imprévus. Par exemple, les évasions occasionnelles de nos 4 chèvres, qu’il m’a fallu courser sur une dizaine de kilomètre de l’autre côté de la montagne…

Ma vie sociale est également pleine : boire le thé, randonner, encore un thé, jouer au football, un autre thé quand même, sortir au souk et un dernier thé pour la route. J’ai également l’occasion d’aller visiter un peu la région les week-ends. L’attraction locale reste tout de même les matchs du Barça dans le café voisin. J’ai bien essayé de faire retransmettre les matchs du Stade Malherbe de Caen mais il n’y pas beaucoup de fans dans le coin.

Au fur et à mesure de mon séjour, je sympathise beaucoup avec les gens du village. Les familles invitent à manger ou alors on sort ensemble en ville. Le contact est si chaleureux et si sincère que je garde beaucoup d’amis là-bas. Le moment venu, c’est dur de dire au revoir à tous ce petit monde qui m’a accueilli pendant six mois… Mais comme dit le proverbe, on se reverra bientôt Inch Allah !