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Cassandra, stage en Hongrie

"Cette expérience m'a appris énormément de choses qui m'ont fait grandir et m'ouvrir sur le monde qui nous entoure. Une phrase qui pourrait résumer ma mobilité à l'internationale serait : « Voir le monde de ses yeux est mille fois mieux que n’importe quel rêve » – Ray Bradbury"

Je m’appelle Cassandra et j’ai actuellement 24 ans. J’ai réalisé un Stage Erasmus + durant sept mois (Septembre 2018 à Mars 2019). J’ai effectué cette expérience de mobilité au sein de l’ONG Subjective Values Foundation située à Budapest en Hongrie. Le stage fut d’autant plus intéressant quant au regard de la politique intérieure hongroise. En effet, la situation actuelle des ONG dans le pays n’est pas propice aux organisations impliquées dans l’aide des minorités et/ou réfugiés. De plus, étant étudiante dans le domaine des relations internationales et des politiques étrangères, il m’est paru évident et important pour moi de réaliser ce stage.

Mes missions au sein de l’ONG ont été multiples : organiser des conférences et workshops sur divers sujets, répondre à des appels à projets européens, faire des recherches par exemple sur le racisme et l’antisémitisme. Néanmoins, ma mission la plus importante fut la réalisation d’un rapport pour ENAR (European Network Against Racism) concernant les crimes haineux en Hongrie, tels que les crimes d’origine homophobe, raciste, etc. Pour cela, j’ai recherché des experts hongrois sur ce sujet (professeurs, doctorants, élèves, policiers, juges, avocats…) afin de les interviewer et ainsi pouvoir écrire le rapport qui fut par la suite envoyer à ENAR.

Cela n’a pas été facile au début, j’ai dû faire beaucoup de recherches pour m’imprégner du sujet, principalement concernant la Hongrie, puis contacter les experts, faire les interviews et les retranscrire. Par la suite, j’ai dû trouver des témoignages de victimes de crimes haineux qui se seraient produits en Hongrie à l’aide d’une data base. Celle-ci s’ouvre de plus en plus mais ce fut quand même assez compliqué sachant que les victimes souvent ne portent pas plainte ou ne veulent juste pas parler. Cela a été un travail laborieux mais très intéressant, enrichissant et passionnant, je suis très fière d’avoir accomplie cela d’autant plus que tout mon travail a été réalisé en anglais. On ne s’imagine pas à quel point cela peut être difficile de travailler dans une langue étrangère notamment face à des experts du sujet, ou encore de faire face à des obstacles au sein du pays quant à la langue, à la légitimité de mon rapport et de moi-même. Ce fut un challenge et une découverte pour moi à tous les niveaux. Une autre expérience m’a beaucoup enrichi sur le plan humain et confronté à une réalité invisible en Europe. J’ai organisé avec l’aide de mes collègues, un workshop dans le cadre d’un programme d’échange avec la Hongrie. Nous avons accueilli durant une semaine des professeurs turcs désirant trouver de l’aide quant à l’instruction des enfants réfugiés syriens. Cela consistait à leur donner des clés concernant la barrière de la langue, de la culture et de la gestion des enfants face à une pénurie de professeurs et des conditions qui ne sont pas optimales. A savoir par exemple comment gérer les traumatismes vécus par la plupart d’entre eux durant le conflit syrien.

Cette expérience m’a appris énormément de choses qui m’ont fait grandir et m’ouvrir sur le monde qui nous entoure. Une phrase qui pourrait résumer ma mobilité à l’internationale serait : « Voir le monde de ses yeux est mille fois mieux que n’importe quel rêve » Ray Bradbury