Actualités

Témoignages

Coline, stagiaire VET au Portugal

"J’en ressors grandie et avec une vision plus étendue et surtout plus juste de cette profession."

Je m’appelle Coline, j’ai 31 ans. Après des études de journalisme et plusieurs années d’expérience dans les domaines de la communication et de la rédaction web, j’ai décidé, en 2018, de changer d’orientation professionnelle et de devenir professeure de FLE (Français Langue Étrangère), en d’autres termes, d’enseigner le français à des adultes non francophones. J’ai alors suivi une formation et ai même obtenu mon diplôme (DAFLE : Diplôme d’Aptitude à l’Enseignement du Français Langue Étrangère). Ma formation, bien que très intéressante, restait pourtant assez théorique. Une fois mon diplôme obtenu, je ne me sentais pas légitime de me tenir devant une classe et de commencer directement à travailler. C’est pourquoi j’ai alors cherché un moyen de réaliser un stage qui aurait pu m’apporter les clés pouvant compléter solidement ma formation et me permettre, ainsi, de me sentir plus en confiance dans l’exercice de cette nouvelle profession. En faisant des recherches et en parlant autour de moi, j’ai découvert l’Adice et son programme de Stage Erasmus +.

J’ai réalisé ma mobilité professionnelle à Lisbonne, Portugal, au sein du Centro Europeu de Linguas (CEL). J’ai choisi cette structure d’accueil car elle me semblait être la mieux adaptée à ce que je recherchais. Une structure qui existe depuis 1985, reconnue par l’éducation nationale portugaise, reconnue par l’Union Européenne et qui a gagné plusieurs prix, dont le dernier en date en 2018 dans l’innovation de l’enseignement des langues étrangères aux personnes sourdes et malentendantes.

Le CEL offre différents types de cours : individuels, en groupe et aux entreprises. Les élèves peuvent être des enfants comme des adultes à la retraite. Ceux dont je m’occupe ont entre 15 et 77 ans et je leur enseigne le français et l’anglais. J’ai également eu l’occasion, pendant les trois premiers mois de mon stage, de donner des cours en entreprise, au siège de la plus grosse banque portugaise : Caixa Geral de Depositos.

Lors de mon stage, je n’ai pas rencontré le cadre que j’attendais. Au CEL, les professeurs sont très libres dans l’exercice de leur profession, et je me suis directement vu attribuer des classes que je devais gérer seule. J’ai dû appréhender mes peurs de départ (serais-je une bonne professeure ? Comment bien structurer les cours ? Comment s’assurer que j’aurais assez de matériel pour toute la durée de mon cours ?, etc.) ; beaucoup de questions auxquelles j’ai dû, très vite faire face. Il est indéniable que le Centro Europeu de Linguas m’a immédiatement fait confiance et je sais que les retours de mes élèves sont plutôt positifs. Je suis consciente qu’il s’agit d’une grande chance pour moi et j’apprécie tout particulièrement le fait d’avoir eu l’occasion d’enseigner en entreprise et je remercie chaleureusement le CEL pour tout cela.

Un point négatif cependant, j’étais venue pour y enseigner le français et sur la petit vingtaine d’heures de cours que j’ai, je me retrouve à enseignement seulement 3 heures de français par semaine. Je suis consciente qu’enseigner l’anglais représente une opportunité et que cela peut m’ouvrir des portes, néanmoins, je me sens légèrement frustrée quant aux peu d’heures de français que j’enseigne.

Comme mentionné précédemment, certains de mes élèves sont retraités et au vu de la situation du Coronavirus, je dois à présent donner des cours en ligne. Malheureusement, nous ne sommes pas tous égaux face aux nouvelles technologies. L’un de mes élèves, âgé de 72 ans, très volontaire et impliqué dans l’apprentissage de l’anglais, ne se décourage cependant pas devant les difficultés des classes en lignes et essaie, tant bien que mal, de trouver des solutions pour pallier ses incompréhensions technologiques. Cela donne souvent des situations drôles et caucasses, mais rien n’altère sa volonté d’apprendre et sa bonne humeur communicative.

En rentrant en France, je souhaiterais faire un bilan de compétences afin de voir s’il serait possible, pour moi, de me réorienter. En effet, ce stage m’a beaucoup apporté et a certainement consolider ma formation, mais il m’a ouvert les yeux sur certains aspects, certaines réalités du métier que je ne soupçonnais pas, notamment l’absence de travail en équipe. Avant de faire ce stage, je n’avais jamais réalisé à quel point avoir une vie “de bureau” et des collègues avec qui échanger chaque jour était important pour moi et m’aidait à garder le moral. Je considère ce stage comme tout à fait réussi, car j’en ressors grandie et avec une vision plus étendue et surtout plus juste de cette profession.