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Hélène, Service Civique au Maroc

"Une très belle expérience qui m’a permis d’acquérir plus d’assurance et d’autonomie."

Bonjour à tou-s-tes,

Je m’appelle Hélène et j’ai 24 ans. Cela faisait un moment que ce projet me trottait dans la tête et je suis enfin partie en service civique pour cette année 2020. Avant de rentrer dans la vie active, je souhaitais pouvoir vivre une nouvelle expérience à l‘étranger, riche culturellement mais qui ne soit pas juste du voyage. J’ai travaillé durant 6 mois dans une petite ville nommée Chichaoua, au Maroc, dans un centre pour les femmes en situation difficile et géré par l’association Tildat. Ces femmes peuvent accéder à des formations de cuisine et de couture afin d’obtenir un diplôme. Cela leur permet d’obtenir plus d’autonomie. Lors de cette mission, j’ai beaucoup travaillé en binôme avec la deuxième service civique à travers différentes activités comme les cours d’arts plastiques pour les enfants ou les shootings photo au centre d’artisanat. Il s’agit d’un centre d’artisanat où des femmes réalisent des vêtements traditionnels, des tapis…et où il y a un grand savoir-faire mais les produits ne sont pas mis en valeurs. J’allais donc y prendre les produits en photos puis effectuer les retouches tandis que ma binôme les mettais en valeur pour faire de belles photos. Cela permet de rendre les produits à la vente attractifs pour le client. De mon côté, j’ai aussi donné des cours d’Anglais et d’informatique et un peu de cuisine pour les femmes qui viennent au centre.

Nous sommes intervenues à plusieurs reprises au lycée technique auprès des BTS où j’ai animé des ateliers d’affirmation de soi, puisque je suis psychologue en France, et je suis intervenue également dans un collège et une école primaire pour parler des émotions avec les élèves. Enfin, j’ai assisté aux séances d’écoute avec l’assistante sociale et j’ai animé des séances de relaxation à la fin des séances de sport. Cette mission m’a demandé beaucoup de flexibilité et j’ai également pu être très polyvalente et c’est un côté qui m’a beaucoup plus.

La grande particularité, et aussi la plus grande difficulté je pense, c’est que le covid-19 est tombé en plein milieu de ma mission et tout a été chamboulé. Les cours ont dû être stoppés et à la place j’ai filmé et monté des vidéos de cuisine pour que les femmes de la formation puisse continuer les cours à distance. J’en suis fière car celles-ci participent pleinement à l’obtention du diplôme pour les femmes et j’ai l’impression de contribuer concrètement à l’autonomisation des femmes en difficulté. Avec ma binôme nous avons aussi beaucoup contribué à l’embellissement du centre durant cette période en construisant un jardin en palette ou en réalisant des peintures. Nous avons aussi aidé aux distributions alimentaire et au réaménagement du centre en vu d’héberger des professionnels du corps médical durant cette période. C’était donc frustrant de devoir rester enfermée alors que j’aurai aimé aller à la rencontre des habitants et pouvoir voyager à travers le Maroc mais ma mission a aussi pris une toute autre dimension et m’a appris plein de nouvelles choses que je n’aurais pu acquérir sinon.  

Une très belle expérience qui m’a permis d’acquérir plus d’assurance et d’autonomie puisque le centre m’a laissé très libre dans mes propositions d’activités et dans la gestion de mon emploi du temps. Je repars du Maroc enrichie culturellement par toutes ces découvertes et surtout le cœur remplie de la gentillesse et la bienveillance de ses habitants. J’ai pu à de nombreuses reprises partager leurs tables ou leur foyer ou tout simplement dialoguer comme je le pouvais, tantôt en Français, tantôt en Darija (Arabe Marocain) à grand renfort de gestes et de sourires ! Par exemple, j’ai passé plusieurs week-ends au sein d’une famille traditionnelle à la campagne et j’y ai passé des moments très fort et que je ne vivrais jamais en France. Professionnellement, ma mission m’a également permis de m’adapter à un nouveau système de pensée et à un nouveau mode de vie et surtout j’ai pu y mettre en application mes compétences en tant que psychologue. J’ai adoré travailler dans le milieu associatif et j’aimerais avoir l’occasion de continuer mon travail au sein d’une association et/ou de travailler avec des femmes qui se trouvent en difficulté.

Aujourd’hui, je prépare mes valises (en tout cas, j’essaye d’y faire entrer tous mes souvenirs !) pour rentrer en France après un séjour riche en émotions et je souhaite m’insérer dans la vie active.