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Léana, retour d’expérience sur sa mission de Service Civique en Arménie

"Je repars avec cette fierté d’avoir contribué à la diversité tant au sein de mes jobsites qu’au sein du programme AVC."

Bonjour à tous, je m’appelle Léana Correia Pinto, j’ai 23 ans et j’ai effectué un Service Civique en Arménie par l’intermédiaire de l’association ADICE.

Soucieuse d’entrer sur le marché du travail sans avoir de projet professionnel précis, j’ai préféré accumuler de l’expérience professionnelle dans des domaines qui m’intéressaient. La destination n’a pas été réfléchie en amont, je souhaitais simplement avoir une expérience en dehors de l’Europe afin de me distinguer des autres. Très rapidement, l’ADICE m’a mise en relation avec Armenian Volunteer Corps, association chargée de déterminer les structures d’accueil ainsi que les différentes missions qui correspondent à mes aspirations professionnelles.

Sortir de sa zone de confort pour définir son projet 

Durant 6 mois, j’ai eu la chance de parcourir les beaux paysages de l’Arménie mais avant tout de monter en compétences dans deux domaines qui m’intéressent, à savoir la communication et la gestion de projets. J’ai travaillé dans des structures associatives et publiques, étant des structures que je convoite et dans lesquelles je souhaiterais travailler. Mon service civique se divise en deux temps. Tout d’abord, j’ai travaillé 3 trois mois parallèlement au sein de l’Institut Européen, où je donnais des cours de français, au sein de l’Université française dans laquelle je faisais la promotion de l’incubateur universitaire auprès des étudiants et je devais chercher des mécènes pour financer le projet de l’université, et au sein de l’association SASTIC, entourée d’une équipe multiculturelle je brainstormais à leur côté pour élaborer le content plan et j’étais chargée de faire des recherches sur l’IA et sa possible implantation dans les secteurs qui promeuvent l’Arménie.

Bien que ces expériences m’ont toutes apportées, je me suis rendu compte qu’elles ne coïncidaient pas avec mon projet d’avenir, qui s’est bâti via mon expérience sociale en Arménie. J’étais venue pour un objectif professionnel, être employable sur le marché du travail sans avoir soupçonné que j’allais en apprendre davantage sur moi-même. J’ai appris à me redécouvrir pour me redéfinir. L’Arménie est un pays avec peu de diversité en termes de population. Ainsi à mon arrivée, je ne suis pas passée inaperçue. Ma couleur de peau, mes cheveux crépus et autres sont tous pleins d’éléments visuels qui indiquent ma différence à la population locale. Ceci a provoqué tous pleins de réactions ambivalentes, positives comme négatives qui m’ont pesées au point de programmer un retour en France pour me retrouver.

Témoignage Léana SC

Une dizaine de jours passés, je suis revenue en Arménie, plus motivée que jamais à tirer le bien de cette première partie d’expérience. Confortable désormais avec mon identité de femme noire, née en France d’origine cap-verdienne mais avant tout étrangère en Arménie, j’ai réalisé que je souhaitais promouvoir la diversité, la tolérance, la non-discrimination afin de contribuer au rapprochement des peuples et à pallier cette méconnaissance de l’autre. En quelque sorte, je remercie l’Arménie pour m’avoir permis de préciser les contours de mon projet professionnel.
Avec cet objectif en tête, les 3 mois restants, j’ai travaillé au sein de la Fondation Arménienne pour le Développement Durable (FADD) ainsi qu’au sein du Courrier d’Erevan.

Mon travail à la FADD, enveloppait aussi bien la communication que la gestion de projet. En ce qui concerne la communication, je m’occupais d’écrire des posts pour promouvoir les projets de la FADD sur leurs réseaux sociaux. Par exemple, j’ai écrit un post pour le 400ème anniversaire de Molière. Avec mes collègues nous avons fait une affiche pour accompagner le texte. J’ai également rédigé les différentes parties de la newsletter. En ce qui concerne la gestion de projet, la FADD est très impliquée auprès des enfants. Avec l’équipe nous mettons en place des initiatives en fonction des marronniers, de manière ponctuelle et régulière. Par exemple, pour la journée de l’enfance, l’équipe a organisé une rencontre entre les enfants et les joueurs de football de l’UEFA. Pour l’occasion, nous avons acheté des ballons de football, des bracelets avec le logo de l’UEFA, et des t-shirts avec le logo de la fondation et de son partenaire UEFA. Très régulièrement, je me rends avec l’équipe dans des écoles, qui ont bénéficié de notre aide financière pour rénover/construire leur salle de français, afin de les inaugurer. Lors de ces évènements, les enfants sont tout étonnés de me voir et me demandent sans arrêt “tu es française ?”. Je suis ravie de représenter une réalité de la France insoupçonnée. Beaucoup pensent que les français sont caucasiens.

Au sein du Courrier d’Erevan, j’ai immédiatement fait savoir que je souhaitais écrire des articles sur des sujets qui me concernaient. Ainsi, j’ai travaillé sur ces thématiques l’environnement, l’hospitalité et l’intersectionnalité en Arménie. Cette série qui n’a finalement pas vu le jour devait s’intituler “une étrangère en Arménie”. Je ne considère pas cette non-publication comme un échec mais au contraire il s’agit là d’un témoignage réel, qui sort de l’ordinaire mais qui demeure authentique. En plus des articles, j’ai également fait de la communication promotionnelle. Celle-ci s’est concrétisée par la rédaction de l’appel à partenariat. Enfin, Zara et Olivier souhaitaient mettre à profit mes compétences en négociation et relation presse pour me mettre en relation avec les futurs prospects.sci arménie léana

Cette dernière expérience très intéressante malgré tout, m’a fait réaliser que le chemin pour atteindre mon but sera long, parsemé d’embûches mais la passion qui m’anime demeure et me pousse à ne rien lâcher.

Une expérience aux multiples facettes et une ambition toute retrouvée

Mon expérience en Arménie m’a permis de mieux appréhender le marché du travail qui m’attend, à moins redouter mon entrée. L’Arménie m’a préparé au pire comme au meilleur. A ce sujet, je repars avec cette fierté d’avoir contribué à la diversité tant au sein de mes jobsites qu’au sein du programme AVC. Je les remercie d’avoir su accepter mon expérience et de s’être allié à mes côtés pour promouvoir la diversité. En effet, AVC a utilisé mon image dans toutes ses campagnes de communication. Très prochainement, une vidéo du programme AVC sera diffusée sur les écrans du centre de la ville dans laquelle j’apparais priant

L’Arménie m’a aidé à voir au-delà des délimitations de l’Union Européenne. Ainsi, j’ai décidé d’aller faire un voyage personnel en Turquie.

Bien décidé à persévérer dans cette voie, je vais rejoindre le master 2 Etude Européenne et Internationale parcours Ingénierie de projets européens option Parcours politiques à l’Université de Nantes.

SCI AVC Léana