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Noémie, SVE en Italie

"J'ai réussi là où je pensais échouer !"

J’ai réalisé un Volontariat Européen de 4 mois, qui s’est déroulé entre Pise et Florence, dans la campagne Italienne. Mon travail était divisé en deux parties : j’aidais les coordinateurs sociaux qui travaillaient auprès d’une dizaine de femmes migrantes dans une maison d’accueil d’un côté et des travailleurs sociaux au sein d’une résidence d’une vingtaine de personnes souffrant de troubles mentaux, de l’autre.

 

Pour les migrantes, mon travail consistait à venir les voir, m’assurer que tout allait bien et discuter, créer des liens, apporter mon soutien dans le cadre des activités proposées (sorties Noël, carnaval, festivals, tombola, spectacles de théâtre de l’association, journée UNICEF…), mais également mon aide pour l’élaboration des CV et dans les recherches d’emplois. 

Je les informais aussi d’un point de vue juridique concernant les nouvelles directives de la Préfecture à suivre, ce qui a pu donner lieu à quelques tensions. Nous avions la possibilité de proposer et d’organiser des ateliers de cohésion/de conseils. Par exemple, j’ai pu dessiner, inventer et animer un atelier économies d’énergies domestiques, en anglais, auprès des filles au sein de la maison.

 

Dans l’autre structure, les résidentes appréciaient beaucoup le fait d’être entourées. Je participais et je proposais mon aide dans les différentes activités déjà mises en place (piscine, cuisine, gymnastique…) et des repas. J’ai créé un cours de relaxation musicale, en italien, par groupe et en autonomie. Pour finir, nous avons élaboré un calendrier sur l’année 2020 que nous avons ensemble traduit de l’Italien à l’Anglais puis pour ma part de l’Italien au Français. Éventuellement dans le cadre de mes interventions j’ai aidé les coordinateurs sociaux dans la traduction orale de certaines conversations avec les migrants.

 

De plus, au sein des deux structures nous participions à des réunions d’équipe. C’était l’occasion d’échanger sur les difficultés rencontrées, de discuter des nouvelles directives, et d’émettre / échanger des idées et des projets ensemble.

J’ai voulu partir en Italie pour effectuer cette mission suite à mon engagement en tant que bénévole au sein de la Cimade : une association de solidarité et soutien politique aux migrants, dans laquelle j’aidais par le biais de conseils juridiques. Je ressentais le besoin de comprendre plus personnellement leur situation et de les épauler dans leur vie quotidienne.

De plus, j’aspirais à accumuler de l’expérience dans le domaine social dans la perceptive d’une éventuelle reconversion professionnelle.
Je ne pensais pas intervenir dans l’autre structure, l’avoir fait m’a néanmoins apporté à différents niveaux, tel que relationnel et puis évoluer en parallèle avec une autre méthode de travail fût également enrichissant.

La chose la plus difficile pour moi a été d’apprendre l’italien, d’arriver sans parler un mot ou presque et ne rien comprendre. Il y a eu de nombreuses fois, en dehors de mes heures de travail, où je me suis sentie assez isolée à cause de la différence linguistique. Puis, on finit par s’y habituer, on prend son mal en patience et on accepte la situation. On continue de toute façon à entendre cette langue inconnue puis petit à petit les mots et les phrases prennent du sens et les premiers mots dits dans la langue étrangère apparaissent. Au final, à la fin de la mission, je m’en sors avec un niveau B1 ce qui n’est pas si mal.

La seconde chose difficile a été de voir la réaction, plutôt agressive, des filles migrantes envers nous car elles étaient obligées de suivre les directives mises en place par la Préfecture. Elles étaient vraiment dans une logique d’être contre « toutes formes de contrôle » qui n’en était pas une venant de nous, bien entendu. Seul le temps et les discussions ont pu apaiser les tensions et nous avons pu peu à peu gagner leur confiance.

 

Durant la mission j’ai parfois été découragée mais j’ai fait le choix de ne pas abandonner et j’en suis aujourd’hui très fière. Sur place, j’ai également pu compter sur le soutien de mon tuteur et de mes collègues présents et à l’écoute, prêts à me donner pleins de conseils et d’encouragements.

Je peux dire aujourd’hui que cette expérience fut l’une des plus intense de ma vie, tant sur le plan psychologique que sur le plan émotionnel. La mission a été intéressante humainement parlant : j’ai créé des liens aussi en dehors des structures d’accueil ; professionnellement car  cela confirme mon désir de me tourner vers un métier plus social ; culturellement : la façon de travailler en Italie est assez différente, tout est décidé au dernier moment et la vie est quand même moins stressante qu’en France.

Participer à ce projet m’a rendu plus forte. Le fait que les différentes structures me fassent confiance, soient optimistes et ouvertes aux différentes propositions, m’a donné confiance en moi.

Petite anecdote : « Étant là depuis peu de temps et ne maîtrisant pas l’italien, je me suis retrouvée devant au moins 300 personnes lors du dîner de Noël à devoir présenter l’association et mon travail ainsi que donner mon avis sur tout ça en italien ! Ahah, au final les gens ont été plutôt très tolérants 🙂 et j’ai réussi là où je pensais échouer ! ».

Ma citation :  » La persévérance est un talisman pour la vie « .