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L’impact des volontaires humanitaires en Bolivie et au Pérou pour la consolidation de la paix et les droits des femmes : l’exemple du projet MPDL

Après deux ans de travail, au 14 Octobre 2020 le projet « Déploiement de volontaires pour la consolidation de la paix et les droits des femmes » aussi nommé MPDL1 prendra fin. Nous souhaitons revenir dans cet article sur le déroulement et les impacts de ce projet qui visent à contribuer au renforcement de capacités par l’Union européenne afin de fournir une aide humanitaire fondée sur les besoins, ainsi que les capacités et la résilience des populations vulnérables ou touchées par des catastrophes dans les pays en voie de développement. Ce type de projet donne la possibilité aux citoyens européens de faire preuve de solidarité envers les populations en détresse en s’engageant dans des actions humanitaires dans ces pays. 

Le projet MPDL comprend dans son ensemble six organisations expérimentées, deux européennes (d’Espagne et de France) et quatre latino-américaines (de Colombie, Pérou, Guatemala et Bolivie) qui partageant une vision et des valeurs communes, notamment en matière de volontariat et d’entre-aide. Grâce au déploiement de seize volontaires formés, les capacités et les synergies des organisations d’accueil ont été renforcées, les communautés vulnérables et/ou touchées par les catastrophes ont été consolidées et aussi les valeurs du programme EUAV ont été promues. Dans le cadre du projet MPDL, les volontaires EUAV ont été déployés pour soutenir les activités humanitaires en mettant l’accent sur la dimension de genre, ainsi qu’apporter leur soutien dans le domaine de la communication et de la visibilité. Le projet comprend la sélection, la formation et le déploiement des volontaires EUAV ainsi que l’accompagnement à distance sur une période de 24 mois. Les formations complémentaires dont ont bénéficié les volontaires incluent la question du genre au sein de l’aide humanitaire et l’enjeu de consolider la paix en tant qu’approche transversale dans toutes leurs activités.

L’ADICE en tant qu’organisation d’envoi a déployé 4 volontaires : deux en Bolivie et deux en Pérou. Celia Galve González et Sara Lucchetta ont été déployées au sein de la Fundación Munasim Kullakita, une ONG bolivienne basée à El Alto. Cette structure est engagée depuis 2008 à prévenir, éradiquer et minimiser les effets de l’exploitation sexuelle des enfants, en utilisant une approche innovante qui implique la communauté dans toutes ses phases. 

Celia est psychologue dans le domaine de la coopération internationale et elle a pu travailler directement avec plus de 75 bénéficiaires en Bolivie. Elle a pu effectuer des évaluations psychologiques et appliquer des techniques d’écoute empathique aux personnes qui étaient en situation de vulnérabilité, notamment avec les réfugiés vénézuéliens.

Sara de son côté a pu, tout au long de l’année, travailler dans deux foyers d’accueil, qui accueillent des enfants, des adolescents et des jeunes femmes victimes d’exploitation sexuelle et de traite des êtres humains et qui les soutient, ainsi que leur famille, tout au long d’un processus de réhabilitation. Elle a également contribué à l’identification et au travail avec les migrants vénézuéliens et les demandeurs d’asile arrivant en Bolivie après des trajets turbulents sur les voies de migration régulière et irrégulière. 

Isabel Trillo et Sara Galbiati ont été déployées au sein de l’Association Aprodeh [2], une ONG péruvienne basée à LimaCette organisation est engagée dans la défense complète et la promotion des droits humains, dont la mission est de contribuer au développement du processus social, politique et légal qui protège et promeut l’efficacité de tous les droits pour l’ensemble des citoyens, dans le cadre de l’amélioration des efforts pour construire d’un pays équitable et démocratique.  

Isabel a pu travailler en tant que spécialiste en communication avec une expertise dans audiovisuel et la coopération internationale. Grâce à son travail, l’organisation a pu concevoir et mettre en œuvre un plan de communication interne et externe avec les stratégies et les outils qui convenaient le mieux à l’organisation. Elle a notamment eu l’occasion de rédiger un projet de coopération pour le plus grand district de Lima axé sur la gestion des risques de catastrophes. 

Sara a été déployée au sein de l’organisation Paz y Esperanza un partenaire locale de l’ONG Aprodeh. Elle a pu travailler dans le programme de la discipline positive dans le domaine de la protection de l’enfance. Développer des ateliers et des discussions sur la parentalité respectueuse, dans le but d’aider les parents et les personnes qui accompagnaient des enfants à éduquer les enfants et les adolescents dans le respect de leurs droits fondamentaux, surtout dans le contexte de COVID-19. 

Grâce au projet MPDL, plus de 3000 personnes ont été accompagnés directement et indirectement par nos volontairesce qui a favorisé leur épanouissement professionnel et personnel. Les volontaires ont pu travailler avec plusieurs populations cibles dans différentes régions des pays d’accueils. Elles ont pu également combiner le travail de terrain avec des tâches de coordination et de suivi, et de mener des activités tout en étant totalement immergée dans le contexte local. Leurs activités sur le terrain ont été interrompues par la contingence de COVID-19 qui a imposé de repenser les stratégies et les meilleures approches pour continuer à travailler avec la population, et par conséquent elles ont également dû s’adapter à de nouvelles tâches et méthodes de travail. 

Ces activités décrites ci-dessus continueront d’offrir des perspectives à un plus grand nombre d’organisations d’accueil afin qu’elles bénéficient des activités de renforcement des capacités, d’assistance technique et d’un plus grand nombre de volontaires de de l’UE déployés dans ces pays en voie de développement.  

Depuis mars, les volontaires devaient respecter strictement les protocoles de prévention et de protection et donc travailler principalement à domicile. Ils ont continué à coordonner et à suivre les activités du projet, ce qui leur a donné un aperçu inestimable des activités de gestion et de suivi.  

Malgré le fait que cette année a été très particulière et dramatique, pour ces volontaires et la communauté local, cela aussi été riche en enseignements personnels et professionnels. Les volontaires ont pu rentrer dans leur pays d’origine, après avoir aidé au renforcement d’une équipe, des projets d’aide humanitaire et des activités de visibilité avec d’autres volontaires EUAV afin d’améliorer les capacités des communautés locales et des organisations pour une réponse efficace aux crises humanitaires avec un accent particulier sur les questions de genre et de consolidation de la paix. 

[1] Movimiento por la Paz, nom du leader du projet.

[2] Association Pro Derechos Humanos