Témoignages

Adèle et Alessandra, Service Volontaire Européen, au Portugal

"Ce projet m’a appris à savoir ce que je veux, ce que je vaux et donc de savoir ce que je peux apporter afin de prendre confiance dans mes initiatives futures."

Je m’appelle Adèle Hugeux , j’ai 19 ans et j’ai effectué cette année un SVE d’une durée de 8 mois au Portugal, à Santa Maria da Feira, à 30 km de Porto, dans le nord du pays. Tout au long de ces 8 mois, j’étais volontaire dans une ONG locale du nom de Rosto Solidario qui a plusieurs terrains d’intervention : coopération pour le développement, éducation/citoyenneté et soutient aux familles. Pour ma part, j’aidais l’association dans la banque alimentaire et de vêtements. J’accompagnais aussi les employés de l’asso dans les écoles pour les projets d’éducation et de citoyenneté : nous nous rendions dans différents écoles pour présenter un workshop sur des thèmes variés dans un cadre d’éducation non formelle. Quand nous nous sentions plus à l’aise, avec les autres volontaires nous avons eu l’occasion de créer nous-même des workshops. En parallèle, j’étais 2 fois par semaine dans un jardin d’enfants de la ville, ou j’accompagnais les éducatrices durant les temps avec les enfants.Je faisais aussi partie d’un orchestre créatif composé d’adultes handicapés et je les accompagnais durant les répétitions et concerts.

Je me suis engagée dans un volontariat cette année car je n’avais pas d’idée exacte de ce que je voulais faire après le BAC, et je voulais profiter d’une expérience à l’étranger pour gagner en
indépendance et découvrir des métiers dans le social et le monde de l’association. Tout n’a pas toujours été facile, et je dirais que ma plus grosse difficulté a été l’arrivée au

travail : je suis tombée de haut car ce n’est pas ce à quoi je m’attendais et je me sentais très transparente et inutile au début. En effet la position de volontaire peut être délicate, les employés du jardin d’enfants par

exemple ne comprenaient pas vraiment ce que je faisais ici et ne savaient pas quoi faire de moi. Même ressenti pour l’orchestre, j’étais une pièce rapportée, et bien que le projet d’orchestre soit génial, je n’y trouvais pas ma place. J’ai eu l’impression que le projet n’était pas pensé en fonction des volontaires qui étaient accueillis. Quand j’ai été plus à l’aise avec le portugais, j’ai pu être plus force de propositions, notamment avec les enfants ou j’encadrais plus d’activités. De plus j’ai exprimé à ma tutrice ces problèmes et quand ils ont vu que je voulais m’investir plus ils ont
pu me faire participer à des projets intéressants. Ainsi, et c’est pourquoi je suis si contente de cette année, c’est qu’il y a eu une grande évolution entre le début et le moment ou j’étais vraiment à l’aise. Je suis très fière d’avoir pris des initiatives dans ces cas là, et surtout d’avoir osé mener des activités en portugais plusieurs fois devant un public…de portugais !

 

Il est certain que cette expérience en général me servira pour ma vie future car j’ai pris conscience de ce dont quoi j’étais capable et aussi de ce que j’aimais !

J’étais toujours très curieuse là-bas et j’ai adoré être en contact avec des personnes de cultures, âges et milieux très différents ! J’aime bien raconter l’anecdote du train, c’était l’un de mes premiers week ends au Portugal et je voulais aller voir des amis que je m’étais faits au training. J’ai fortement galéré à rejoindre une station de train qui n’en était pas une, sous une pluie battante et en essayant de comprendre ce que les seuls passants étaient en mesure de m’indiquer. Je suis enfin rentrée dans le train mais me suis faite menacée de descendre (au milieu de nulle part) car je ne pouvais régler mon ticket par carte bancaire. J’ai donc mendié dans la voiture pour payer mon ticket. Anecdote très représentative de mon année ou je me suis retrouvée dans des situations très drôles mais en réussissant à m’en sortir !

Pour finir, je choisis le mot «OSER» comme résumé de cette très riche expérience de mobilité!

 

 

Je m’appelle Alessandra et j’ai 25 ans. Je suis partie 7 mois au Portugal effectuer un Service Volontaire Européen (SVE). Mon volontariat au sein de Rosto Solidário fut très intéressant, en ce qu’il m’a permis de faire diverses activités. J’ai passé la plus grande partie du temps dans un collège à aider les élèves avec les cours de français et anglais. Le reste du temps, je me suis investie dans d’autres activités, telles que l’organisation des aides alimentaires et vestimentaires ou la préparation et l’animation de Workshops sur le thème des droits de l’Homme et les opportunités au sein de l’Union européenne.

Cela m’a permis de développer mon aisance à prendre la parole et de travailler de manière joviale avec les autres volontaires.

Je suis heureuse et fière d’avoir pu apprendre le portugais et de l’avoir parlé en si peu de temps.

Ce projet m’a appris à savoir ce que je veux, ce que je vaux et donc de savoir ce que je peux apporter afin de prendre confiance dans mes initiatives futures.

   

Amélie, Service Civique en Belgique

"Sur le moment, comme j’étais en Belgique dans une culture finalement assez proche de la culture française, je ne me suis pas forcément rendu compte de ce que m’apportait mon expérience de mobilité à l’étranger. Je crois que ce n’est que depuis que je suis rentrée que je commence à mesurer l’impact que ces 8 mois ont eu sur moi."

Je m’appelle Amélie, j’ai 23 ans et j’ai effectué un service civique international à l’association Dynamo International dans la commune d’Uccle, à Bruxelles en Belgique, pendant 8 mois.

Mon service civique a été un peu particulier puisque au départ, je devais être volontaire dans une autre structure que celle où j’ai travaillé. J’étais sensée aider à la communication de Traces de rue, une association bruxelloise qui gère la plateforme nationale des travailleuses et travailleurs sociaux.ales de rue de Belgique francophone. Cependant, étant donné le départ en congé prolongé de la responsable, j’ai finalement effectué mon service civique à l’association Dynamo International, toujours à Bruxelles.

L’organisation a deux grandes branches, la Mobilité et le Réseau. La Mobilité est composée de travailleuses et de travailleurs qui aident les jeunes à trouver des projets à l’étranger tandis que la branche « Réseau » est en charge de la coordination du réseau international de travailleuses et de travailleurs sociaux.ales de rue.

Pendant mon service civique, j’ai eu l’occasion de travailler avec les deux branches, même si j’ai davantage côtoyé le Réseau où j’ai surtout aidé sur des tâches liées à la communication. Ces 8 mois m’ont permis de faire plein de choses très différentes les unes des autres : j’ai géré la rédaction et l’envoi des newsletters du Réseau mais j’ai aussi participé à l’organisation et à l’animation d’un camp (une sorte de colo) sur la thématique du genre, j’ai été bénévole dans des festivals, j’ai participé à une formation consacrée au travail social de rue, j’ai interviewé des professionnel.les du travail social belge pour en tirer un rapport sur le secret professionnel dans leur activité… En bref, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer.

L’idée de faire un service civique me trottait dans la tête depuis un moment déjà donc lorsque j’ai dû repousser d’un an un échange universitaire au Canada à cause de problèmes liés à l’obtention de mon visa, je me suis dit que ce serait le bon moment pour le faire. J’avais à cœur de participer à un projet qui avait du sens à mes yeux, tout en retrouvant un peu d’autonomie après quelques mois de retour chez mes parents.

J’ai profité de ma mobilité pour me remettre au sport et me lancer des défis. J’ai ainsi participé aux 20 km de Bruxelles, que j’ai bouclés en courant alors même que ça me paraissait impossible encore la veille de la course. C’est sans aucun doute l’expérience qui m’a rendue le plus fière au cours de ces 8 mois.

Je crois que la plus grosse difficulté, je l’ai rencontrée dans l’appartement communautaire où je vivais, et que je partageais avec d’autres volontaires venus de pays différents. Il était situé juste au-dessus des bureaux de Dynamo International donc d’une part c’était difficile de séparer le cadre privé du cadre de l’association, d’autre part, la vie en communauté n’a pas toujours été simple mais je crois que j’ai fait de mon mieux pour garder l’esprit ouvert et que c’est ce qui m’a aidée à surmonter cette difficulté.

Depuis un certain temps déjà, je voulais avoir une expérience significative au sein d’une association et grâce à mon service civique chez Dynamo International, ça a été le cas. Aussi, si j’avais déjà fait plusieurs stages longs, je n’avais jamais eu autant d’autonomie dans mes tâches, ni de responsabilités. Pour ces deux raisons, je pense que cette expérience m’aidera beaucoup dans ma vie professionnelle.

Par ailleurs, sur le plan personnel, elle m’a mise au contact d’un monde militant que je connaissais très peu jusqu’alors. Ces 8 mois m’ont vraiment donné envie de m’informer, de lire et de m’engager d’une manière ou d’une autre dans la vie associative.

En arrivant, j’ai pris beaucoup de temps à assimiler la bise à la belge (un bisou sur la joue droite). Pendant plusieurs semaines, j’ai eu du mal à m’y faire et à intégrer cette habitude. Pourtant, depuis mon retour en France j’ai du mal à reprendre le pli des deux bises françaises.

« C’est en revenant à un endroit où rien n’a bougé qu’on se rend compte à quel point on a soi-même changé » de Nelson Mandela. Sur le moment, comme j’étais en Belgique dans une culture finalement assez proche de la culture française, je ne me suis pas forcément rendu compte de ce que m’apportait mon expérience de mobilité à l’étranger. Je crois que ce n’est que depuis que je suis rentrée que je commence à mesurer l’impact que ces 8 mois ont eu sur moi.

Aujourd’hui, je m’apprête à repartir à l’étranger, dans le cadre de mes études cette fois-ci, puisque je vais étudier pendant deux semestres au Canada.

Virginia, future créatrice d’entreprise

"Je suis fière d’avoir réussi à intégrer l’équipe facilement et d’avoir pu contribuer au développement des activités du festival."

Je m’appelle Virginia Pisano, j’ai 36 ans. J’ai participé au programme Erasmus pour Jeunes Entrepreneurs pour une durée de 6 mois dans le cadre du Festival Shubbak à Londres.

Comme son nom l’indique, le festival Shubbak (qui signifie fenêtre en arabe) est une fenêtre ouverte sur la scène artistique contemporaine des pays arabes et des diasporas.

J’ai plus particulièrement participé au développement de trois aspects en étroit lien avec le directeur artistique du festival: la mise en débat des projets du festival, le programme à destination des jeunes artistes et le programme pour les professionnels.

Je me suis engagée dans un tel projet parce qu’après avoir effectué des séjours de recherche au Caire sur la scène musicale indépendante, et avoir coordonné plusieurs programmes artistiques en lien avec les pays arabes, je réfléchis à l’idée de monter moi-même un projet culturel.

La plus grosse difficulté a été d’organiser notre collaboration malgré les incertitudes liées au Brexit. Mon échange a eu lieu au cours des mois de négociation entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne, et nous n’avions pas de visibilité sur la période de collaboration. En effet, l’échange a risqué de se terminer du jour au lendemain sur les trois premiers mois. Nous avons donc organisé le travail du premier trimestre et ensuite reconsidéré mon rôle après avoir eu la confirmation que l’échange aurait continué jusqu’à la fin.

Je suis fière d’avoir réussi à intégrer l’équipe facilement et d’avoir pu contribuer au développement des activités du festival. Je suis aussi fière d’avoir pu amener un regard extérieur sur le festival même.

Cette expérience pourra m’aider à mettre en place les partenariats avec les structures culturelles locales lors de la création du festival que je souhaite fonder.

Bienveillance et coopération sont les mots qui résument le mieux mon expérience.

Adrien, SVE en Turquie

"Cette expérience m’a appris à mieux me connaitre et à mieux déterminer mes projets avenirs. J’ai également, grâce à cet échange, eu un enrichissement social et culturel grâce à mes rencontres."

Merhaba, salut, je m’appelle Adrien et j’ai soufflé mes 27 bougies en Turquie. Là où j’ai effectué mon service volontaire européen (SVE) et plus précisément à Çanakkale.

La première chose à savoir est que tout est possible en Turquie.

Après ma Licence en Art du spectacle, j’ai commencé à travailler pour acheter mes fournitures de voyage afin de réaliser un projet de tour d’Europe. Puis à mon retour, après 4 mois d’autostop et traversé 11 pays européens, je me suis vraiment intéressé au voyage et j’ai commencé à chercher un projet à l’étranger et m’ouvrir au monde. Je me suis donc tourné vers L’Association pour le Développement des Initiatives Citoyennes et Européenne, l’ADICE, qui au fil des échanges lors d’entretiens ou de mails m’ont proposé un projet social au sein de Koza, l’association pour la jeunesse de Çanakkale (Çanakkale Koza Gençlik Derneği).

Pour être franc je n’avais pas pensé à faire mon SVE en Turquie. Je voulais hors de l’Europe mais pas à la frontière européenne. Mais la Turquie m’a été proposée et j’ai accepté et sans regrets.

Je suis donc parti en février pour mon SVE de 6 mois au sein de Koza qui a le désir de sensibiliser les jeunes pour devenir responsable et prendre conscience de l’environnement et de la société dans laquelle ils vivent, pour devenir actifs et saisir les opportunités qui s’offrent à eux. Son objectif est de contribuer au développement personnel, social et professionnel à travers des activités ou des projets divers et divertissants.

Me voilà depuis quelques jours, et je suis agréablement surpris par temps de chose, l’hospitalité, l’entraide, la générosité… des traits typiques du caractère turc qui font d’eux des personnes plus européennes et plus ouvertes d’esprit que nous même européens.

J’ai donc eu des missions diverses et variées, comme l’accompagnement de personne en situation de handicap à la natation, un travail sur la motricité tout en prenant plaisir à nager. J’ai surtout été surpris par leurs capacités et l’endurance qu’ils ont pu avoir. J’étais épuisé après deux longueurs tandis que nos participants pouvaient continuer à faire 3 fois plus de longueurs sans prendre 5 minutes de repos.

Le retournement de situation était hilarant et ils jouaient réellement le rôle de professeurs tout en voulant élever leur niveau en anglais, un jeu d’échange qui a bien fonctionné. J’ai également eu la mission Aktif Tırtıllar, une mission avec deux projets. Une première partie consacrée à de l’aide aux devoirs avec des enfants locaux. J’essayais tant bien que mal d’être aussi utile que je le pouvais, mais de l’aide au devoir en turc sans pouvoir le parler c’est un défi énorme. Hors mi l’anglais ou j’ai pu me rendre utile, ce projet s’est inversé, et je suis devenu élève alors que ces enfants sont  devenus en quelques sortes mes professeurs de langue turque.

Pour la deuxième partie, elle consistait à améliorer la langue turque pour des enfants migrants venant d’Afghanistan. Finalement, j’étais un peu comme eux, essayant d’apprendre cette langue avec eux grâce aux livres d’apprentissage. Nous nous sommes donc entraidés sur la compréhension et la prononciation des mots à travers de multiples jeux ludiques.

Le nettoyage des rues avec les volontaires de l’association, un beau geste pour la planète qui mène à réfléchir sur nos actions, sur ce que l’on consomme et à changer de petites mauvaises habitudes car les petits ruisseaux font de grandes rivières. J’ai aussi eu des activités de langues, comme mettre en place et animer des cours de français, puis j’ai participé au projet en espagnol, et j’ai pu évoluer en anglais au speaking club, où nous discutions uniquement en anglais sur différents sujets qui amenaient des débats passionnants.

Après 6 mois et avoir quitté ma zone de confort en France pour être dans une zone d’apprentissage et finir par m’y habituer et m’y plaire, il est à nouveau temps de quitter cette zone de confort voir une zone magique pour retourner en France.

Cette expérience m’a appris à mieux me connaitre et à mieux déterminer mes projets avenirs. J’ai également, grâce à cet échange, eu un enrichissement social et culturel grâce à mes rencontres. J’ai beaucoup reçu des autres pendant cette aventure. Aller à la rencontre des habitants de mon pays d’accueil, échanger avec des personnes, qui comme moi ont tenté l’aventure internationale et qui m’ont aidé sur le plan social et culturel. Avoir un emploi du temps et créer une routine, visiter le pays autant que je le pouvais…. c’est une liste non exhaustives des choses qui m’ont permis d’apprécier cette expérience.

Et c’est pourquoi je conseillerais à tous les rêveurs,  les âmes vagabondes ou même ceux qui n’osent pas vraiment, de se lancer dans l’aventure du service volontaire européen. Vous risquerez d’être surpris par toutes les rencontres durant un tel projet mais aussi par de nouvelles expériences qui méritent d’être vécues.

Au plus je passais du temps en Turquie au plus je découvrais de nouvelles choses et que les idées reçues de ce pays sont fausses.

Il y a quelques mois je pouvais seulement dire que j’appréciais la Turquie mais maintenant je peux dire que j’aime la Turquie, plus précisément Çanakkale.

Leslie, Service Civique en Arménie

"Cette expérience m'a donnée la motivation de réussir et de faire ce que j'aime."

Je me présente, Leslie Poiré, 21 ans. Je suis partie avec l’ADICE pour un Service Civique de 6 mois à Erevan, la capitale de l’Arménie.

Durant ma mobilité j’ai effectué 3 missions :

  • La première au sein de Kasa pendant 3 mois, j’ai créé et effectué des ateliers francophones pour des enfants de 10-13 ans dans une école.
  • La deuxième au sein de l’Alliance française d’Arménie pendant les 6 mois, principalement à la médiathèque où j’ai présenté et créé des événements et activités diverses (débat, cours de cuisine…) pour enfants comme adultes, ainsi que plusieurs taches de communication et d’amélioration de la médiathèque avec Nelli, la médiathécaire.
  • La troisième mission et durant 6 mois également était au sein d’un refuge pour chiens, Pawsitiv Dog Rescues, où j’ai fait l’entretien quotidien du refuge (nettoyage, changer l’eau, donner la nourriture, et aussi, donner beaucoup d’amour!). Je travaillais avec d’autres volontaires et Arthyr, qui lui y travaille tous les jours.

Durant ma mobilité, le plus dur a été de m’imposer dans des structures de travail différentes de celles en France, mais avec un peu de confiance en soi, cela n’a pas duré très longtemps. J’ai fait ce service civique dans le but de changer de quotidien, de me tester dans un environnement qui n’est pas le mien, et me découvrir moi-même un peu plus.

Ma meilleure expérience durant ces 6 mois, a été de donner et recevoir tant d’amour de 125 chiens au refuge où je travaillais 2 jours par semaine, aimant déjà les animaux avant de partir, cette mission m’a comblée de bonheur toute la durée de ma mobilité, et m’a aidée à surmonter mes petits coups durs.

Au jour d’aujourd’hui, je suis à la recherche d’un travail, temporaire ou non, je pense peut- être même faire une licence en alternance à la prochaine rentrée scolaire. Mais cette expérience m’a donnée la motivation de réussir et de faire ce que j’aime.

«Je refuse que la peur de l’échec m’empêche de faire ce qui m‘importe vraiment»

Sajoua, stage professionnel au Portugal

"Plutôt que d'attendre de la hiérarchie qu'elle me confère une tâche qui m'intéresse, j'ai tout simplement demandé à recevoir un travail à la hauteur de mes compétences. Cet événement m'a demandé beaucoup d'assurance et de diplomatie mais a servi tant à l'agence qu'à moi."

Je m’appelle Sajoua Ettahri et j’ai 24 ans (23 ans au moment de mon départ). Je suis diplômée en Architecture, niveau Master.

Mon projet de mobilité s’est monté très progressivement. D’abord, j’ai réalisé un premier Erasmus avec l’école, et je suis partie 10 mois en Espagne étudier à l’université de la Corogne. A mon retour, je désirais repartir à l’étranger tant cette expérience était enrichissante sur le plan personnel (apprentissage de l’autonomie, l’adaptabilité, la confrontation à des cultures différentes) et sur le plan universitaire (découverte d’un enseignement différent, ses points forts et ses points faibles, prise de recul face à l’enseignement français).

A la suite de cet Erasmus, j’ai participé à une université d’été internationale à Liège, pour découvrir de nouvelles manières d’enseigner l’architecture, plus internationale. J’ai rencontré à cette summer school celui qui est par la suite devenu mon tuteur pour le stage Erasmus + VET que j’ai effectué avec l’ADICE.

Je suis donc partie en stage de 6 mois dans l’agence Fala atelier, co-fondée par Filipe Magalhaes, mon tuteur à Porto, au Portugal.

Mes tâches sur place ont, dans un premier temps, correspondu aux tâches communément attribuées aux stagiaires (maquettes, premières esquisses de conception, aide sur des projets divers) et nécessitaient peu d’initiatives. Or, j’avais déjà travaillé quelques mois en France en tant qu’architecte junior et était déjà diplômée. Après 3 mois de petites tâches, j’ai demandé à Filipe de me confier des travaux plus intéressants, s’étalant plus sur la durée et qui feraient appel à toutes mes connaissances et qui m’en feraient acquérir de nouvelles. Et, à partir de ce moment, je n’ai plus travaillé que sur un projet à la fois. De là, le stage s’est avéré bien plus stimulant.

C’est sans doute un de mes plus grands apprentissages pendant le stage (architecture mise à part) : plutôt que d’attendre de la hiérarchie qu’elle me confère une tâche qui m’intéresse, j’ai tout simplement demandé à recevoir un travail à la hauteur de mes compétences. Cet événement m’a demandé beaucoup d’assurance et de diplomatie mais a servi tant à l’agence qu’à moi.

L’agence était assez petite : trois architectes fondateurs, deux employés portugais, une employée russe, un ingénieur et quatre stagiaires de nationalités différentes. Nous parlions principalement anglais. Au début de mon stage, les stagiaires travaillaient tous ensemble sur certains projets. Petit à petit, chaque stagiaire a commencé à assister des architectes différents sur leurs projets respectifs. Pour ma part, et suite à la discussion que j’avais eu avec Filipe, j’ai fini par travailler en autonomie sur un projet : j’avais un échange quotidien avec mon tuteur, qui par la suite se chargeait de présenter le projet au client. Malheureusement, ce dernier n’était pas très confortable avec l’anglais, et, ne parlant pas portugais moi-même, je n’ai pas pu participer aux entretiens.

J’ai, par la suite de ce stage, travaillé deux mois en tant qu’architecte junior dans cette agence.

Cette expérience à Porto a sans nul doute été très bénéfique pour ma vie professionnelle à venir.

Tout d’abord, l’agence dans laquelle j’ai travaillé a une production architecturale et graphique très intéressante et reconnue à l’international. Ils ont une écriture bien à eux, et fuient les réflexes de dessins, la standardisation et les automatismes que développent trop souvent les architectes au long de leur carrière. Leur production est une expérimentation constante et, je dois le dire, très amusante. Malheureusement, ce genre d’architecture est difficile à importer en France : nous souffrons d’une très importante « normalisation » de l’architecture : norme incendie, norme « personne à mobilité réduite », norme « haute qualité environnementale ». Ajouté à cela les demandes très strictes des maîtrises d’ouvrages (=clients), les architectes manquent souvent de liberté dans le dessin de leurs projets. Mais ce que j’ai vécu au Portugal me motive et m’anime pour continuer à développer une véritable écriture architecturale qui ne soit pas dictée par ces normes.

Ensuite, le milieu de l’architecture est assez petit dans le Nord de la France : tout le monde se connaît. Ainsi, mon expérience dans cette agence réputée s’est sue à mon retour, et une jeune agence Lilloise m’a proposé de les rejoindre pour l’été.

Ce serait assez difficile de résumer cette expérience en une seule phrase (déjà, une page, c’est trop concis !). Mais je dirai que, ce qui a le plus porté ses fruits, c’est de ne m’être jamais considérée comme une stagiaire non-rémunérée présente pour une durée limitée, mais au contraire, d’avoir toujours voulu expérimenter davantage et tirer un maximum de cette expérience dans la durée qui m’était impartie. Et aussi que je me suis bien amusée.