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Témoignages filtrés "EU AID Volunteers"

Celia, EU Aid Volunteer en Bolivie

« Je pense que c’est une expérience formidable pour moi, car cela me donne la possibilité de pouvoir faire des choses que je n’avais jamais imaginées. »

J’ai étudié la psychologie et la coopération pour le développement international. Cette mission EU Aid Volunteers me convenait car elle me permettait de combiner mes deux professions. J’avais déjà vécu en Amérique Latine et la perspective de retourner sur ce continent m’attirait beaucoup.

Dans le cadre de ma mission EU Aid Volunteers, j’ai travaillé au sein de l’ONG Fondation Munasim Kullakita qui est une organisation d’experts au niveau national sur la traite des êtres humains. Pendant des années, la Fondation a travaillé avec des femmes de moins de 18 ans et de jeunes victimes d’actes de traite ou de violences sexuelles qui font l’objet d’un commerce dans le pays.

Mon travail consiste à apporter certaines thérapies, à effectuer des évaluations psychologiques et à appliquer des techniques d’écoute empathique. Je soutiens également le travail de l’association dans le domaine du travail social. Je fais des accompagnements médicaux et des sorties d’intégration familiale. Par ailleurs, je participe une fois par semaine à un programme financé par le HCR avec des réfugiés vénézuéliens, à qui j’apporte un soutien psychologique. Chaque jour se révèle différent et nécessite une adaptation aux besoins.

Je pense que c’est une expérience formidable pour moi, car cela me donne la possibilité de pouvoir faire des choses que je n’avais jamais imaginées. Sans aucun doute, je recommanderais le programme à quiconque souhaite effectuer un travail d’engagement auprès d’une communauté, éloigné de sa famille et de son confort.

Témoignage en confinement: Tatyana, EU Aid Volunteer en Inde

Échange culturel de l'extrême: de la célébration de Baba Marta au confinement - The Indian Way. Voici le récit de Tatyana, volontaire bulgare déployée dans l'association OSVSWA grâce au programme EU Aid Volunteer. Elle a vécu les débuts de la pandémie du Coronavirus dans le village de Bhubaneswar au nord-est de l'Inde.

Depuis mon premier contact personnel avec l’Inde et la culture indienne il y a plus de dix ans, je n’ai cessé de répéter, lorsqu’on me demande mes impressions, que c’est un pays de contrastes et d’extrêmes qui coexistent et qui sont vécus simultanément. C’est comme si vous pouviez voir les deux faces d’une pièce de monnaie en même temps, parce que vous essayez de trouver l’équilibre sur la tranche étroite qu’elles forment, là où elles se confondent. C’est ainsi que je perçois mes séjours de longue durée dans ce pays (jusqu’à présent 4, y compris celui en cours). Étant étrangère je ne m’attendais à rien de moins qu’une montagne russe sur laquelle je devrais à nouveau trouver l’équilibre. Je me suis jugée suffisamment préparée pour cela. Cependant, je n’avais jamais prévu qu’elle serait, cette fois-ci, mondiale et liée à des questions de santé et de sécurité.

Les six mois se sont écoulés relativement vite et calmement, sans qu’il y ait eu beaucoup d’actions. Je travaillais principalement au bureau, à la seule exception d’un voyage d’évaluation des besoins dans le village tribal de Sindurtaila, au fin fond de la jungle d’Odisha (région indienne).

J’avais même commencé à croire que cette fois-ci, je sauterais les « balançoires sauvages » entre les extrêmes et que je n’aurais pas d’histoires à raconter – beaucoup de choses ont changé en Inde au cours de la dernière décennie et tout se passait vraiment bien et le plus harmonieusement possible (avec beaucoup moins de débordements). Ou alors, m’étais-je simplement tellement habituée au mode de vie indien ? Quoi qu’il en soit, se retrouver à mi-chemin sur le plan culturel n’était pas si difficile qu’auparavant. C’est pourquoi il a été décidé de prolonger la période de déploiement de ma mission jusqu’à la fin du mois d’avril…

… Et nous voilà le 1er mars – mes collègues indien.ne.s (et espagnole) et moi-même – à célébrer l’ancienne tradition bulgare Baba Marta (grand-mère mars) au bureau. C’était un bel échange culturel et j’ai été heureuse de partager cette tradition unique avec mes collègues et j’ai apprécié leur intérêt et leur enthousiasme !

 

 

 

Ensuite, j’avais prévu de prendre des vacances autour de Holi (le 10 mars) – l’une des plus grandes fêtes religieuses de l’Inde et mon anniversaire (le 19 mars).

Cependant, les nouvelles concernant la propagation rapide du nouveau Coronavirus (SRAS CoV-2 ou CoVID-19) ont déjà commencé à créer de l’anxiété dans le monde entier. Ma collègue espagnole Andrea avait décidé qu’elle se sentirait plus en sécurité dans son propre pays et s’afférait à quitter l’Inde pour le 22 mars.

Les choses ne s’annonçaient pas idéales pour mes vacances, j’ai dû les annulées. Pourtant, contrairement à ma collègue, je voulais rester et poursuivre ma période de déploiement jusqu’à la fin prévue. Je pensais que l’Inde gérerait bien la situation épidémique, car les autorités avaient déjà entamé des campagnes de prévention sur les mesures à prendre. Il y avait un très faible nombre de patient.e.s enregistré.e.s pour la CoVID-19 : moins de 100 et seulement 2 à Bhubaneswar, où nous vivions et travaillions depuis début septembre.

 

 

« Échoués et enfermés en Inde »

Il s’est avéré que Andrea avait réussi à prendre l’un des tous derniers vols au départ de l’Inde. Tous les vols internationaux avaient été suspendus le 22 mars à 7h00. Initialement pour une semaine (selon l’annonce officielle). Elle s’était envolée quelques heures auparavant.

À partir de ce moment, les choses ont pris une tournure soudaine et inattendue assez rapidement et le 25 mars, un blocage total à l’échelle nationale a été déclaré.

Il est vite devenu évident que je ne pourrais pas quitter l’Inde de sitôt, malgré les efforts constants de l’ambassade bulgare et de la délégation de l’UE à Delhi pour m’aider à organiser mon rapatriement. Cela était dû au fait que les vols spéciaux de rapatriement provenaient tous des métropoles comme Delhi, Mumbai et Kolkata (Calcutta). Mais Bhubaneswar se trouvait très éloignée de toutes ces villes.

L’option la plus proche – Kolkata – prenait 8 heures et demie de route au total. Le franchissement des frontières entre les États a également été interdit et nécessitait des autorisations spéciales. Personne n’était prêt à prendre le risque de m’y conduire.

Je n’avais donc pas d’autre choix que de rester en Inde et de m’habituer à la vie dans une situation de confinement.

À quoi ressemblait le confinement version indienne pour une étrangère ?

Tout d’abord, j’ai dû me conformer à toutes les réglementations émises par les autorités (bien sûr) – qui provenaient du gouvernement central comme des autorités locales. J’ai suivi et je continue à suivre les recommandations du ministère de la Santé et de la Famille (MoHFW) publiées en ligne sur leur site web et sur les réseaux sociaux.

Je me suis retrouvée à utiliser une grande partie des outils et campagnes de sensibilisation pour me les adapter et les partager sur la page Facebook de mon organisation d’accueil, l’OSVSWA. Cela fait partie de la campagne de réponse COVID-19 de l’organisation : sensibiliser par le biais de messages sur les réseaux sociaux. C’était l’une de mes activités en tant qu’EUAV (EU Aid Volunteer) dans le domaine de la communication. Comme le travail au bureau avait également été suspendu, toutes les tâches se réalisaient à distance, en télétravail depuis la maison. Afin de rester en contact avec mes collègues, j’ai mis en place un espace de travail en ligne pour l’OSVSWA.

L’étape suivante, liée au travail, a naturellement été de soutenir les activités de l’OSVSWA liées à la campagne « COVID-19 Response ». Outre les postes de sensibilisation sur les médias sociaux, j’ai aussi créé une campagne de crowdfunding numérique sur la plateforme GoGetFunding et j’ai également postulé pour un projet de microfinance par l’intermédiaire de mon organisation d’envoi l’ADICE.

Grâce aux fonds reçus de ces sources, l’OSVSWA a organisé des sessions de formation dans 11 villages des zones tribales d’Odisha. La formation portait sur le lavage des mains, la distanciation physique et les comportements sécuritaires à adopter la pandémie, ainsi que sur la manière de prévenir la propagation du coronavirus. De la nourriture et des masques ont été distribués aux participant.e.s des sessions de formation.

 

 

 

 

Comme je ne pouvais pas me rendre dans les villages en raison des restrictions de déplacement et du nombre de personnes dans un véhicule, mes collègues indien.ne.s portaient les t-shirts EUAV SuDHAV-2 en signe de représentation de la coopération entre l’organisme et le programme européen.

 

 

 

 

Quant à la vie quotidienne à Bhubaneswar, elle a beaucoup changé : rues vides, magasins, restaurants, centres commerciaux, gymnases, salons de beauté, etc. fermés. La ville est soudainement devenue calme, très calme… Je n’avais jamais imaginé une Inde silencieuse, mais j’en suis témoin maintenant. La circulation folle a disparu – dans les très rares moments où je dois sortir de la maison pour acheter des produits de premières nécessités, je rencontrais juste quelques personnes dans la rue principale où il y avait auparavant une foule et encore moins de véhicules. Nous devions tous porter un masque ou une autre forme de protection sur le nez et la bouche et suivre la règle de la distance physique de 1,5 à 2 mètres d’espace entre les individus.

C’était surréaliste. La soi-disant distanciation sociale est un concept vraiment étrange et controversé pour le mode de vie indien. Étrange parce qu’il est pratiquement impossible dans de nombreuses situations et controversé parce que l’Inde a essayé de lutter réellement contre la distanciation sociale (en parlant de castes, de hiérarchies, de statut social, etc.) qui divise encore sa population. Dans ce cas, le terme approprié est donc celui de distanciation physique, et non sociale.

Sur une note positive, l’Inde pendant la partie la plus stricte du confinement (phase 1.0 et 2.0) s’est retrouvée non seulement moins bruyante, mais elle est aussi devenue moins polluée, en particulier avec l’air, et les gens ont commencé à prêter attention à l’importance de maintenir de bonnes habitudes d’hygiène tout au long de la journée.

Une journée typique pendant le confinement

  • Des horaires et des rythmes de sommeil et de travail irréguliers, comme se coucher vers 3 heures du matin, car c’est l’heure à laquelle la température de la pièce baisse un peu par rapport aux niveaux insupportables en journée et début de soirée. Le ventilateur au plafond reste en marche toute la nuit. Faire une sieste lorsque je me sens vraiment fatiguée et que je ne peux pas continuer sans pause (parfois même de 18h30 à 20h00). Je travaille en fin de soirée, lorsque j’ai enfin plus de temps libre après les nombreuses tâches que je dois accomplir.
  • Je cuisine et prépare mes repas tous les jours – 3 fois/jour. J’ai décidé d’abandonner le prêt-à-manger et la livraison de plats des restaurants pendant le confinement, afin de renforcer la protection contre le coronavirus et en raison des prix qui avaient doublés.
  • Beaucoup de choses, et je veux dire BEAUCOUP de communication tout au long de la journée par différents moyens et canaux : appels téléphoniques, SMS, emails, actualités, réseaux sociaux, etc. Cela devenait parfois accablant.

J’ai été en contact avec à la fois, une dame de la délégation de l’UE à Delhi, l’ambassade de Bulgarie, l’ADICE, OSVSWA, Andrea en Espagne, ma famille, mes ami.e.s. Tous à vouloir vérifier comment j’allais et pour m’informer des diverses choses qui se passaient.

  • En termes de socialisation hors-ligne, le mentor d’Andrea qui était aussi mon voisin, vit à l’étage supérieur de la maison de mes hôtes, est devenu mon premier point de contact en cas de besoins domestiques (comme l’organisation de l’approvisionnement en eau potable) et l’une des rares personnes avec qui socialiser, même si c’est très brièvement et à distance. Mais il était important de toujours garder une forme de présence physique pendant la phase la plus stricte du confinement.

Il semble qu’en réalité, je viens de faire l’expérience de ce que c’est que de vivre comme une femme indienne moyenne. Que l’on soit enfermée ou non, la plupart des femmes de mon âge restent à la maison et s’occupent de toutes les tâches domestiques et de leur famille. La seule exception est que j’ai été totalement seule et que je n’ai dû m’occuper que de moi-même.

Oh et aujourd’hui je continue à m’occuper de mes responsabilités en tant que volontaire, ce qui signifie que je dois aussi m’adapter aux nouvelles circonstances afin de poursuivre ma mission.

Akvile, EU Aid Volunteer en Thaïlande

"J'espère vraiment que la fondation pour laquelle j'ai travaillé continuera à mettre en œuvre des projets [...] pour aborder les problèmes liés à la jeunesse dans cette région"

L’endroit où j’ai été déployée était un petit village de pêcheurs comptant environ 600 membres au sein de la communauté. La plupart d’entre eux pratiquent la pêche ou travaillent dans une plantation d’hévéas. La plupart des villageois sont musulmans et la religion façonne fortement leur quotidien. Lorsque je suis arrivée à Kok Payom en octobre, j’ai rejoint l’autre volontaire de l’Union Européenne dans des projets de développement communautaire et de renforcement des capacités déjà en cours.

Le principal point de départ, pour moi comme pour les autres volontaires, a été l’évaluation des besoins de la communauté réalisée par d’anciens volontaires. Celle-ci a montré que la communauté souhaitait acquérir d’autres compétences que celles qu’elle possédait déjà (par exemple, la pêche, la cuisine, l’agriculture) afin de créer de nouveaux moyens de subsistance. Ils ont également mentionné un besoin d’apprentissage formel et non formel pour leurs enfants. Par conséquent, les principaux projets sur lesquels nous avons travaillé étaient des projets liés au soutien des membres de la communauté dans la recherche de nouveaux moyens de subsistance (entreprise communautaire), à l’autonomisation des jeunes (clubs de filles/garçons), à la fourniture à la communauté de nouvelles possibilités d’apprentissage non formel (cours de l’après-midi, voyages à l’Académie Klong Toh Lem (KTLA) – centre d’apprentissage non formel et de préservation de la mangrove, voyages d’étude, etc.)

 

Compte tenu de ma courte période de déploiement (6 mois), j’ai essayé de me concentrer principalement sur les projets liés à l’amélioration de l’offre de possibilités d’apprentissage formel et non formel pour les enfants de la région. Le principal problème ici est que les enfants qui atteignent 12 ans et plus commencent à abandonner l’école, à se droguer, les jeunes filles tombent enceintes et sont forcées de se marier. C’est pourquoi, en plus d’enseigner l’anglais à l’école, j’ai lancé, avec l’aide d’un autre volontaire de l’Union Européenne, notre projet commun de microfinancement dont l’idée principale était de sortir les enfants de leur environnement habituel et de leur présenter différentes professions et activités, afin de leur donner les moyens de ne pas faire de choix préjudiciables dans leur vie.

Malheureusement, nous n’avons réussi à mettre en œuvre qu’une partie du projet car le risque de coronavirus est apparu et nous avons dû arrêter nos voyages d’étude et orienter notre projet dans une autre direction, à savoir la sensibilisation et la mise en place de mesures de protection pour réduire le risque de COVID-19 dans la communauté. Cependant, nous avons réussi à emmener tous les enfants de l’école de Kok Payom en voyage d’étude au moins une fois. Ils ont eu la possibilité de voir l’une des plus grandes grottes du monde, ils ont appris beaucoup de choses sur la préhistoire à partir de fossiles, ils ont été exposés à des professions telles que guide touristique, explorateur, archéologue, pompier. Ils ont eu l’occasion d’apprendre par le biais de jeux, de projections de films et d’autres activités éducatives au centre d’apprentissage « TK park » dans la ville de Satun, où des animateurs expérimentés interagissent avec les enfants, leur présentent les nouvelles technologies et les sciences. Même si une partie seulement du projet a été menée à bien, nous avons quand même réussi à organiser des séances de réflexion avec les enfants et les enseignants, à partager et à apprendre les uns des autres.

J’espère vraiment que la fondation pour laquelle je travaille continuera à mettre en œuvre des projets similaires, car la durabilité est une nécessité essentielle pour aborder les problèmes liés à la jeunesse dans cette région. Les défis que j’ai personnellement trouvé difficiles à relever pendant mon séjour sur le terrain sont les suivants :

La barrière de la langue. Ici, votre principal bénéficiaire est la communauté. Un lien fort avec la communauté est essentiel pour la réussite du projet. Pour établir un lien avec la communauté, la langue est un élément clé pour cela. C’est pourquoi l’apprentissage d’une langue locale aurait pu m’aider énormément dans mon travail dans ce domaine.

Le lieu et le mode de vie. Ici, votre espace personnel est toujours limité car vous vivez dans la petite communauté où tout le monde se connaît. Vous partagez l’espace commun avec « toute la communauté », ce qui signifie qu’il peut toujours y avoir quelqu’un autour de vous. Néanmoins, en tenant compte du fait que l’endroit où vous vivez est un village musulman, vous devez toujours être conscient de votre comportement et de votre tenue (par exemple, les femmes doivent couvrir leurs épaules et leurs genoux, vous devez éviter de manger et d’apporter des produits à base de porc et de l’alcool au village, etc.). Possibilités de mouvement limitées. Ici, vous dépendez de quelqu’un qui peut vous emmener sur place, car le village n’est pas à une distance de marche des grands magasins, des cafés et autres installations similaires. Un volontaire peut avoir un vélo, mais il faut du temps pour se rendre sur les lieux, surtout lorsque la température est élevée. Pendant la saison des pluies, votre liberté de mouvement est encore plus limitée car les pluies sont fréquentes et il y a de fortes chances que vous attrapiez ce genre de pluie en faisant du vélo.

Une perception différente du travail. Ici, les choses vont très lentement, les habitants ne sont pas habitués à être exposés au stress, ils sont décontractés et ne pensent pas à anticiper car ils vivent au jour le jour.

Il faut aussi garder à l’esprit que beaucoup de choses que vous commencez ne seront pas terminées à temps ou pas du tout car vous dépendez de la population locale et ici les gens ne sont pas habitués à des délais serrés. L’harmonie et l’équilibre dans la communauté sont leurs valeurs fondamentales et ils essaieront toujours de les maintenir.Il y a aussi de nombreux autres défis auxquels le volontaire peut être confronté ici.

L’expérience de volontariat dépend de la proactivité, de la personnalité, des compétences de vie et de la volonté du volontaire de contribuer à la communauté. Je suis contente d’avoir cette expérience et d’apprendre comment les choses peuvent être gérées différemment d’un autre à un autre. Même si je me sentais culturellement éloignée des gens que j’ai rencontrés là-bas, les gens, en général, étaient gentils, souriants, toujours prêts à aider, partager la nourriture et leur sagesse locale avec moi. Cependant, connaître la langue locale aurait rendue les choses plus faciles pour moi.

Voici mon expérience que je souhaitais partager avec vous.

Akvile.

 

Leila, EU Aid Volunteer en Palestine

"J'encourage vraiment les gens à explorer et essayer et pas seulement s'arrêter à la première impression"

Leila, volontaire du projet SudHAV2 a été déployée en Palestine. Retrouvez son témoignage sur notre chaîne youtube: https://www.youtube.com/watch?v=zYD-wsPaFmY

N’hésitez pas à visionner les autres témoignages disponibles !

Et comme Leila, ne manquez pas cette opportunité et envoyez vos candidatures à info@adice.asso.fr. Toutes les informations concernant chacune des missions sont présentes dans cet article !

Michaela, EU Aid Volunteer au Népal : retour sur son premier mois de mission

"C'était vraiment agréable de rencontrer mes nouveaux collègues et ils m'ont accueillis à bras ouverts. Je me suis sentie acceptée et incluse dès le début."

(Massimo Modesti- volontaire EU Aid, Caddie Dong et Luisa Ledda- volontaires VIN)

Bonjour, je m’appelle Michaela Rossmann et je suis une volontaire EU Aid, envoyée par l’ADICE, pour faire du bénévolat avec VIN pour les 8 prochains mois.

Je viens d’Italie, mais je vis au Royaume-Uni depuis 14 ans et je suis maintenant basée à Katmandou en tant que volontaire senior en coordination et management. Mon travail se concentre sur les processus et les procédures au sein de l’équipe de VIN. Cela comprend l’examen de la logistique, de l’information fournie aux bénévoles avant le placement et de la façon dont les bénévoles de VIN reçoivent du soutien pour s’assurer qu’ils vivent la meilleure expérience possible.

VIN offre une approche holistique pour soutenir le développement des communautés marginalisées autour de la vallée de Katmandou et d’Okhaldunga. L’organisation a une variété de programmes dans les domaines de l’éducation, de l’autonomisation des femmes, du développement des jeunes et des enfants, de la réduction des catastrophes et des risques, de la santé publique et des soins médicaux ainsi que de l’environnement et de la conservation.

Je suis arrivée à Katmandou fin septembre et mon manager, Dinesh Katiwada, est venu me chercher à l’aéroport et m’a emmené à l’appartement, où je vis avec un autre volontaire. Heureusement, je suis arrivée un samedi pour m’orienter et découvrir les environs le dimanche avant de partir au bureau de VIN le lundi. Le bureau est à 5 minutes à pied de l’appartement, donc très bien situé.

C’était vraiment agréable de rencontrer mes nouveaux collègues et ils m’ont accueillis à bras ouverts. Je me suis sentie acceptée et incluse dès le début. J’ai également bénéficié d’une initiation de trois jours, qui comprenait la santé et la sécurité, un aperçu du fonctionnement de VIN, des informations culturelles ainsi que des cours en népalais. C’est un peu délicat, mais c’est bien de savoir que je peux dire des choses comme : la nourriture est délicieuse !…. parce que c’est délicieux ! Daal Bhat (lentilles et riz) et Momos (boulettes de pâte farcies) sont tout simplement délicieux.

Massimo Modesti: Facebook
@mamodesti: Instagram

Dinesh et moi avons créé un plan de travail mensuel qui m’aide à prioriser ma charge de travail. En ce moment, je suis en train d’examiner l’information que les bénévoles reçoivent après leur demande, mais avant leur arrivée. Il est très important que les bénévoles reçoivent des renseignements exacts sur leur affectation, que ce soit pendant deux semaines ou trois mois, car il est essentiel de bien comprendre le rôle du bénévole pour en assurer le succès.

J’ai également participé à la Semaine des droits de la personne, ce qui m’a permis d’organiser un atelier sur la violence faite aux femmes ainsi qu’un atelier scolaire sur l’égalité des sexes et le harcèlement sexuel.

Massimo Modesti: Facebook @mamodesti: Instagram

J’ai collaboré avec des volontaires internationaux et des volontaires locaux sur la façon d’animer ces sessions et nous avons atteint 216 étudiants dans deux écoles différentes et 66 femmes dans trois groupes coopératifs.

Un des commentaires de l’élève explique l’impact que la séance a eu sur elle : « J’aime ce programme et son organisation. Je pense que cette organisation devrait travailler dans toutes les zones rurales de notre pays. Je parlerai à mes amis, à mes enseignants et à ma famille de l’égalité des sexes et du harcèlement sexuel. Et je suggère à mes parents, à mes enseignants et à mes voisins de parler du harcèlement et de le contrôler. »

C’était aussi formidable de pouvoir animer la réunion mensuelle des bénévoles de VIN. Cela m’a permis de vraiment voir ce que les bénévoles apprécient le plus et où il y a place à l’amélioration. C’était une séance amusante avec des jeux, des gâteaux et des commentaires !

Au cours du premier mois, tous les volontaires EU Aid au Népal ont également été invités à la résidence de l’ambassadrice de l’UE, Veronica Cody. Il s’agissait d’un bel événement de réseautage où nous avons rencontré des étudiants Erasmus Mondo népalais, exploré de nouveaux partenariats potentiels et parlé de la manière dont l’UE soutient le Népal. Ce fut une soirée très inspirante et intéressante – et un privilège de rencontrer l’ambassadeur.

La combinaison de voir des bénévoles et des projets en action, de parler directement aux bénéficiaires et du travail que je fais dans les coulisses font de ce stage un vrai plaisir. Je me sens humble et chanceuse d’avoir l’occasion de mettre mes compétences en gestion des bénévoles au service de VIN et d’être à leur écoute en retour.

J’attends avec impatience les mois à venir, avec davantage de visites sur le terrain et de collaborations, ainsi qu’une exploration un peu plus approfondie du Népal en tant que pays.

Pawel, EU Aid Volunteer au Népal

"Grâce à la créativité de l'équipe [...], nous avons tous eu l'occasion non seulement d'apprendre, mais aussi d'échanger de nouvelles idées intéressantes."

Les premiers mois de mon déploiement au sein de l’Initiative des Volontaires du Népal (VIN) ont été très riches en expérience et en défis. Ils m’ont tous permis de me retrouver dans un nouveau rôle, de juxtaposer mes expériences de travail antérieures avec le contexte d’un pays en développement et d’en apprendre beaucoup sur le Népal lui-même. Pendant ce temps, j’ai également réussi à identifier les domaines avec lesquels j’aimerais travailler et m’engager dans certaines activités.

L’une de ces activités a été une formation en communication externe que j’ai dispensée au personnel du VIN et à quelques volontaires locaux et internationaux. L’objectif principal de la formation était d’apprendre à utiliser Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux de manière efficace et – peut-être plus important encore – plus créative. Malgré la froide saison automnale (qui est encore nettement plus chaude qu’à cette époque de l’année en Europe), plus de 15 participants à la formation étaient simplement en feu pour améliorer leurs connaissances sur les théories de la communication et leur application pratique. Soudain, des noms effrayants comme Triangle d’Aristote ou Principe de Pareto sont devenus compréhensibles et utiles, tandis que les algorithmes de Facebook ont cessé d’être de la magie noire connue uniquement des spécialistes chevronnés des TI et au lieu de cela sont devenus des bêtes domptées qui pourraient être utilisées pour le profit de l’organisation.

Ce qui était important pour moi en tant que formateur, c’est que la formation ne se limitait pas à l’apprentissage des théories et que les participants participaient activement aux exercices pratiques. Nous nous sommes tous amusés en imaginant les gens de l’autre côté du Facebook, en pensant à la façon dont nous pouvons les atteindre – ou même à ce qui serait leur plat préféré. Dans le cas des bénéficiaires potentiels français, le choix s’est évidemment porté sur le fromage. La partie pratique comprenait également une réflexion sur les expériences antérieures de l’organisation en matière de communication. L’exploitation des exemples du VIN a permis à chacun de réfléchir aux solutions concrètes et aux idées à utiliser à l’avenir. Comme la formation approchait de la fin, les participants savaient quels styles de communication utiliser et quand, et le formateur lui-même a obtenu la meilleure évaluation possible – les plaintes que la session était trop courte. Cette formation m’a permis d’utiliser certaines de mes connaissances et expériences et de les appliquer dans le contexte népalais. Bien qu’il ait été difficile de préparer la présentation qui inclurait des marques népalaises et d’autres exemples de ce cercle culturel, cela a été définitivement gratifiant et a rendu la formation plus accessible et pertinente. C’était aussi formidable de voir l’engagement des participants dans les exercices pratiques. Grâce à la créativité de l’équipe qui a participé à la session, nous avons tous eu l’occasion non seulement d’apprendre, mais aussi d’échanger de nouvelles idées intéressantes.

Au même moment, grâce à l’hospitalité de l’organisation, j’ai eu l’occasion de voyager au Népal, y compris dans la région reculée d’Okhaldhunga. En dehors de tout le reste, ce voyage a mis en lumière l’un des plus grands défis auxquels le pays est confronté – le changement climatique. Alors que moi et d’autres volontaires d’EUAV marchions sur les collines d’Okhaldhunga avec notre coordinateur local, il a mentionné que la région souffre d’un manque d’eau potable. Cela a semblé assez frappant, car la zone décrite ne se trouve qu’à environ 80 km des plus hautes montagnes du monde, à l’intérieur du Parc National de Sagarmatha. Les glaciers qui se trouvent sous les sommets comme l’Everest ou le Lhotse sont en fait la source de nombreux fleuves asiatiques massifs – et fournissent en fait de l’eau potable à des milliards de personnes. Pourtant, en raison d’un microclimat et de conditions géographiques très spécifiques, la région d’Okhaldhunga est privée de ces ressources. Ce qui est plus important, c’est que la personne à qui nous avons parlé est en fait née dans cette région et se souvient qu’il y a 20 ou 30 ans, l’eau était disponible en abondance et que la source fournissait l’eau à tous les ménages. C’est particulièrement important si l’on tient compte du fait qu’à Okhaldhunga, il n’y a pas d’usines, pas d’industrie lourde et pas d’agriculture à grande échelle qui pourraient être responsables des émotions liées aux gaz à effet de serre. En réalité, la région paie le coût des actions de l’industrie mondiale et de l’économie basée sur le carbone – sans contribuer de manière significative au problème. C’est aussi l’une des régions les plus pauvres du Népal, et toutes les difficultés infligées aux communautés locales se répercutent sur l’équilibre économique et compromettent les chances déjà limitées de développement.

Malheureusement, une grande partie du Népal est confrontée à davantage de difficultés liées au changement climatique pour des raisons géographiques – tout investissement important dans l’infrastructure du pays nécessite des contributions financières d’une ampleur disproportionnée, que le pays ne peut tout simplement pas se permettre de couvrir. Néanmoins, la beauté de la région d’Okhaldhunga pourrait à l’avenir servir d’aimant pour les visiteurs internationaux, ce qui pourrait apporter certaines sources de revenus aux communautés et aux familles vivant dans cette région. C’est pourquoi – si vous lisez ces lignes et planifiez un voyage au Népal, même en tant que touriste – nous vous prions de réfléchir à l’endroit où placer votre argent et de tenir compte du fait que l’option pour les endroits les moins fréquentés pourrait en fait améliorer grandement la vie des communautés les plus marginalisées.

Pawel Bryk

Annette, EU Aid Volunteer en Thaïlande

"EU Aid Volunteers a été une voie pour moi pour coopérer avec les autres professionnels de la branche, d’apprendre d’eux et avec eux, en faisant ce qui me tient le plus à cœur dans ce travail : aider les autres"

J’ai rejoint le programme EU Aid Volunteers parce que je voulais consolider mes compétences en management de projet dans le champ du développement international et de l’aide humanitaire. J’ai vraiment en tête quels sont mes buts professionnels dans la coopération internationale mais cela n’a pas été simple en tant que jeune diplômée de trouver une voie dans ce domaine. EU Aid Volunteers a été une voie pour moi pour coopérer avec les autres professionnels de la branche, d’apprendre d’eux et avec eux, en faisant ce qui me tient le plus à cœur dans ce travail : aider les autres. J’ai choisi cette mission spécifique avec l’ADICE et DaLaa car le poste vacant s’accordait parfaitement avec mon expérience de travail avec des jeunes dans le projet de développement de base. Cela m’a aussi donné la possibilité d’explorer l’Asie du Sud-Est alors que mes autres expériences étaient principalement tournées sur le continent africain.

En Thaïlande, j’étais responsable, avec d’autres volontaires d’EU Aid, de l’organisation et du développement communautaire. La première étape pour remplir notre mission a été de trouver la direction que ce développement aurait dû prendre. L’équipe EU Aid a examiné cette question dans le cadre d’une évaluation des besoins et des forces de la communauté du village de Kokpayom, conformément aux normes d’intervention en matière d’aide humanitaire et de développement. Le processus de recherche visait à identifier de nouvelles idées de développement venant de la communauté elle-même. Les résultats, résumés à partir d’entretiens et de groupes de discussion organisés par des volontaires d’Eu Aid avec des villageois, étaient particulièrement intéressants et fourniront, espérons-le, une base pour les futurs travaux et projets de l’organisation. Le projet a été long mais incroyablement enrichissant pour toutes les parties impliquées et a abouti à la rédaction d’un rapport final complet sur les processus, les résultats de l’évaluation des besoins et des points forts de la communauté et les recommandations pertinentes.

Au niveau du développement de l’organisation, des lacunes dans son profil ont été identifiées, telles qu’un historique, des archives numériques et des profils numériques. Dans ce domaine, j’ai principalement travaillé sur la stratégie médiatique qui concernait le développement sur site internet de l’organisation, ainsi que le développement et la maintenance des autres profils de médias sociaux, avec des formations de renforcement des capacités sur le sujet pour le personnel et les jeunes. Le développement du contenu du site internet a aussi créé une opportunité pour la création d’une description bilingue des activités de l’organisation et de son histoire qui sera particulièrement utile pour les projets futurs et les demandes de subventions.  Je ne sais toujours pas ce que sera ma prochaine étape professionnelle et où elle m’emmènera. Je recherche maintenant une chance de continuer à travailler dans le domaine de l’aide humanitaire dans un environnement plus structuré et je peux déjà voir qu’ajouter cette nouvelle expérience à mon parcours me procure des retours plus positifs qu’auparavant. Je pense que cette expérience m’a procuré une confiance et une indépendance dans mon travail, grâce également à tous les défis rencontrés au cours de ces six mois et je suis sûre que cela constituera un atout précieux pour mon futur travail. Aussi, je n’exclus pas une nouvelle participation au programme EU Aid Volunteers dans le futur.  Je crois fermement en l’initiative d’EU Aid Volunteers et je recommanderais cette expérience à tout professionnel souhaitant améliorer ou remettre en question ses compétences en matière d’aide humanitaire et de développement.

Monika, EU Aid Volunteers au Népal

"Je suis très reconnaissante de cette opportunité du programme EU Aid Volunteers qui m’a permise de découvrir une nouvelle culture asiatique, des différences, des différentes éthiques de travail, d’atteindre des défis personnels et de gagner en patience, apprendre des façons différentes de communiquer les mêmes idées [...]"

Je suis rentée il y a une semaine. De la dure, poussiéreuse, et chaude ville de Katmandu à l’été ensoleillée dans les parcs de Vilnius. Des montagnes imposantes de l’Himalaya aux ombres tournantes des églises baroques. Des nuages de gens, de la circulation, des bruits d’animaux au silence des cours de récréation vides, les enfants étant partis en vacances à la campagne ou à l’étranger.  

Ma tête tourne encore, alors que je contemple ces huit derniers mois passés à l’étranger. J’ai travaillé pour une ONG locale népalaise, sur son développement organisationnel et son renforcement de capacités dans le cadre du programme européens EU Aid Volunteers. Grands mots pour une grande tâche. De grands objectifs que je m’étais fixés avant le départ, que j‘ai dû au fil des jours, face à la réalité du terrain, revoir à la baisse, remodeler, modifier, tout en essayant de faire de ce monde « un monde meilleur ».

Au départ, les tâches listées sur papier paraissaient claires et simples : aider l’ONG locale avec la formation du personnel, la recherche de fonds, la gestion de projet et le développement des processus internes de planification stratégiques, le budget, travailler avec le personnel et les volontaires, faire du réseautage, s’occuper de la communication et de rapports. Une fois sur le terrain, chacun s’est présenté avec un défi différent. Des personnes externes m’ont fait comprendre qu’il y avait une concurrence accrue pour la recherche de fonds et de bénévoles entre les ONG au Népal qui ne cessent de se multiplier. Les changements dans l’administration publique (la transition vers une fédéralisation du gouvernement centralisé, stipulé par l’introduction du système des municipalités) signifiaient que de nouveaux partenariats devaient être créés et des accords de travail avec le gouvernement devaient être réexaminés. On a dû gérer à la fois les besoins grandissants et les attentes des communautés locales, avec en plus la pression des services des représentants des communautés locales, qui pensent que nos organisations disposent de « beaucoup d’argent » puisqu’elles travaillent avec de volontaires internationaux. Des changements internes pour améliorer le planning de travail des volontaires, les processus d’accueil et de soutien, pour attirer et garder plus de volontaires, et pour renforcer le planning stratégique et budgétaire, la vérification et l’évaluation, ont également ajouté de la pression à mes activités.

Heureusement, je n’étais pas seule sur le terrain ! Lorsque je faisais de la recherche documentaire, de la collecte de fonds auprès des donateurs, du networking, des formations du personnel, de l’élaboration de rapports, communication interne, ou autres activités, j’ai reçu l’aide d’un groupe d’agents locaux dévoués, de manager du programme et du directeur de l’ONG, qui partageaient généreusement leurs expériences professionnelles, leurs connaissances et des idées sur ce qui pouvait être amélioré.

C’est principalement grâce à cette coopération que je suis particulièrement satisfaite des impacts sur le personnel et l’organisation, grâce auxquels une étude approfondie sur le Développement Organisationnel et le Renforcement des Capacités a été préparée. Elle inclut des perspectives importantes et recommandations pour le futur développement de l’organisation, ainsi que plusieurs initiatives telles que : projet pilote des volontaires expérimentés, plan d’action pour l’amélioration de la gestion des volontaires, mise en place d’un réseautage proactif avec des partenaires stratégiques, entretiens avec le personnel et ateliers sur le développement organisationnel et personnel. Ces ateliers ont pour but de favoriser une réflexion sur la gestion du personnel et sur le travail de l’organisation et de chaque individu, les objectifs à atteindre et ce qui peut être changé pour améliorer les activités et les résultats. Enfin, plusieurs formations à destination du personnel et des volontaires ont été organisées sur la collecte de fonds et les propositions de subventions pour leur permettre de faire des demandes à des donneurs externes.

Si les recommandations proposées dans le rapport d’études sont mises en place dans les prochains mois, l’impact sur la communauté devrait se faire ressentir sur le long terme : meilleure gestion de la communauté et des attentes des volontaires, une attention plus grande et plus ciblée sur les besoins de la communauté, une meilleure satisfaction des volontaires à propos de la planification des tâches, de la coordination, du tutorat et soutien, meilleure communication interne et travail d’équipe, charge de travail moins importante, ainsi qu’une amélioration de la continuité, de la cohérence et de la durabilité des projets et des programmes, un meilleur réseautage et une meilleure mobilisation des parties prenantes, une plus grande diversification des financements et des changements de vie en communauté. Il va sans dire que pour ce faire, la structure doit prendre en mains les changements ; tous les membres du personnel, surtout les managers et le directeur doivent s’engager à faire le nécessaire pour la gestion du changement organisationnel.

Je suis très reconnaissante de cette opportunité du programme EU Aid Volunteers qui m’a permise de découvrir une nouvelle culture asiatique, des différences, des différentes éthiques de travail, d’atteindre des défis personnels et de gagner en patience, apprendre des façons différentes de communiquer les mêmes idées, trouver de nouvelles approches créatives pour les formations, accepter de devoir consacrer plus de temps sur certaines tâches, et d’identifier les domaines dans lesquels je pourrais moi-même tirer profit de l’apprentissage (par exemple, comment superviser et motiver des personnes, etc.). Puisque je souhaite continuer dans le domaine du développement et de l’aide humanitaire, cette expérience me sera vraiment bénéfique pour mon futur travail.

En regardant en arrière, je recommanderais absolument cette expérience à ceux qui veulent apprendre davantage dans le domaine de l’aide humanitaire, travailler avec des ONG, tester leur propre persévérance, flexibilité et définir si l’aide humanitaire internationale et le développement est une voie professionnelle possible pour eux. En même temps, je mets en garde ceux qui candidatent à une offre EU Aid Volunteers pour « tenter le coup » (ou qui considèrent ça comme une option « tourisme ») au détriment de la communauté locale ; soyez conscients de vos propres connaissances, vos forces, vos défaillances et faiblesses, et soyez certains d’être motivés à apprendre, flexibles, persévérants et déterminés à réussir malgré tous les challenges, de sorte que l’organisation et la communauté avec lesquelles vous travaillerez pourront bénéficier de votre travail.

Orlane, EU Aid Volontaire en Inde

"Je recommanderai le programme EU Aid Volunteer à ceux qui veulent prendre un virage dans leur carrière et à ceux qui veulent être mis au défi."

Orlane est cheffe de projet pour l’adaptation au changement climatique en Inde dans le cadre du programme EU Aid Volunteer. Découvrez son témoignage et l’environnement dans lequel elle vit dans cette vidéo !

Jac, EU Aid Volunteer au Népal

"Réduire la vulnérabilité et renforcer la résilience aux catastrophes naturelles est clairement important si nous voulons empêcher que l'histoire ne se répète au Népal. De nombreuses personnes ont toujours besoin de soutien [...]"

J’ai été déployé au Népal en Septembre pour travailler sur la réduction des risques de catastrophes. Le Népal est un pays relativement petit qui est socialement et géographiquement diversifié. Ces facteurs, associés à l’histoire intéressante du pays, notamment en ce qui concerne sa gouvernance, ont joué un rôle important dans la formation du Népal d’aujourd’hui.

Le pays est connu dans le monde entier pour ses sommets parmi les plus hauts de la planète et pour son emplacement dans les montagnes de l’Himalaya. Il est aussi connu pour les événements de 2015, quand il a connu un tremblement de terre destructeur et de puissantes répliques successives. Le séisme a tué près de neuf mille personnes, blessé des dizaines de milliers de personnes et laissé des millions de personnes dans le besoin d’assistance humanitaire. Les dégâts dans tout le pays ont coûté des dizaines de milliards de dollars au Népal et l’ont lourdement endetté.

Malheureusement, le pays est également vulnérable aux glissements de terrain, à la sécheresse et aux inondations. Il se classe plus haut que 83% des pays évalués selon l’indice des aléas multiples, qui mesure l’exposition aux aléas, les vulnérabilités socio-économiques et la capacité de réaction. De même, le Népal est dans le haut du classement concernant l’absence d’indice de résilience, qui évalue la sensibilité aux impacts des événements dangereux et l’incapacité à absorber, réagir et récupérer.

Dans le cadre de mes fonctions, j’ai travaillé dans trois districts du Népal – Katmandou, Nuwakot et Okhaldhunga. J’ai surtout travaillé avec des victimes dont les maisons ont été endommagées ou détruites lors du tremblement de terre, des groupes de femmes volontaires pour la santé, des autorités locales et des écoles. Ma mission était axée sur l’amélioration de la préparation et de la résilience. Mon travail consistait principalement à partager les connaissances et les meilleures pratiques à travers des formations et des ateliers, à mener des recherches, à soutenir la reconstruction, à soutenir les approches dirigées par la communauté et à collecter des fonds.

Réduire la vulnérabilité et renforcer la résilience aux catastrophes naturelles est clairement important si nous voulons empêcher que l’histoire ne se répète au Népal. De nombreuses personnes ont toujours besoin de soutien et vivent encore dans des abris temporaires, offrant peu de sécurité. Les défis auxquels sont confrontés certaines personnes dans le pays sont énormes – discrimination, marginalisation, analphabétisme, pour n’en citer que quelques-uns. Comme nous le savons tous, le changement n’est souvent pas facile. Cela demande de la détermination. Cela prend souvent du temps à être réalisé. C’est une montagne qu’il faut gravir. Le Népal est un pays peuplé de montagnes, mais heureusement, il compte également de nombreux grimpeurs.

association partenaire: Vin Nepal

Petya, EU Aid Volunteer on deployment, in Thailand

" Grâce au Volontariat de l'aide de l'UE, j'ai pu constater comment la communauté locale se mobilise pour répondre à ses besoins avec des ressources locales, et j'ai eu la chance de la soutenir dans ce processus afin d'accroître la résilience de la communauté"

Apprendre et grandir ensemble en partageant connaissances et expériences

J’ai été déployé dans un petit village musulman de Kokpayom dans le sud de la Thaïlande, près de canaux d’eau de mer entourés de forêts de mangroves. La principale organisation hôte, Dalaa, s’est engagée à long terme dans le village en mettant l’accent sur l’éducation, l’apprentissage tout au long de la vie, le développement communautaire et la conservation de l’environnement.

C’était ma première expérience de terrain en Asie. Malgré les différences culturelles, l’hospitalité de la communauté locale a fait en sorte que l’on se sente chez soi dès le début. Au cours des six derniers mois, j’ai eu la chance de travailler avec des personnes et des organisations locales et de visiter d’autres sites de projets dans différentes régions du sud de la Thaïlande. Cela m’a donné un bon aperçu du développement rural et de la façon dont les communautés locales peuvent se mobiliser pour être plus actives.

En tant que volontaire de l’UE spécialisée dans le développement, j’ai eu l’occasion de travailler sur différentes initiatives de l’organisation d’accueil et d’améliorer mes compétences professionnelles et mes connaissances en acquérant une précieuse expérience de terrain. Mon travail était principalement axé sur l’éducation et le développement communautaire.

J’ai aidé l’ONG hôte à développer des activités de réseautage plus efficaces, afin qu’elle puisse établir des partenariats plus solides et durables. L’une de mes principales tâches a été d’aider l’ONG à développer un partenariat plus stratégique avec le collège communautaire local, dans le but de promouvoir et de soutenir l’éducation accessible à tous, l’apprentissage tout au long de la vie pour de meilleures perspectives et le développement communautaire. Les deux organisations sont en train de finaliser un protocole d’entente qui officialisera le partenariat.

Ce fut une excellente occasion de mettre mon expertise professionnelle au service de l’ONG locale pour identifier les besoins de la communauté en développant la phase pilote d’évaluation des besoins et des forces de la communauté de Kokpayom et en formant des volontaires locaux à cet outil. L’initiative d’une telle évaluation globale était la première du genre pour la communauté, car les recherches antérieures n’avaient pas une portée aussi large et ne visaient pas l’ensemble de la population du village. L’ONG hôte est maintenant familiarisée avec l’outil d’évaluation et l’utilisera à nouveau lors de la prochaine phase de l’évaluation en janvier 2019. Les résultats de ce projet aideraient l’ONG à améliorer ses activités et ses programmes afin qu’ils puissent atteindre encore plus de personnes dans le village, répondre aux besoins réels de la communauté et offrir de nouvelles opportunités d’apprentissage, de croissance personnelle et de développement. En outre, l’évaluation contribuera à la diffusion des connaissances et des compétences et au renforcement des capacités locales puisque les volontaires locaux formés (élèves du secondaire et étudiants universitaires), qui ont aidé à mener l’enquête, transmettront ces connaissances à leurs pairs. Les résultats de la phase pilote ont confirmé la crédibilité de l’ONG et son rôle clé dans le développement et l’autonomisation des communautés.

Un projet que j’ai accepté sans réserve et auquel j’ai travaillé avec grand plaisir était lié à l’éducation des enfants et à l’autonomisation des filles. J’ai eu la chance d’enseigner dans des écoles locales et de me familiariser avec le système éducatif local. Nous avons également organisé des activités parascolaires pour inciter les enfants et les jeunes à s’engager et les encourager à devenir des membres actifs de leur communauté. Le village s’est doté d’un nouveau  » Club des filles  » dont les activités se développent grâce à la créativité des filles et de plus en plus d’enfants manifestent leur intérêt à s’y joindre.

Ce que je considère comme le plus gratifiant dans mon expérience de bénévolat, c’est l’occasion de travailler en étroite collaboration avec la communauté locale, d’avoir un contact direct avec elle, d’interagir et d’apprendre les uns des autres. Grâce au Volontariat de l’aide de l’UE, j’ai pu constater comment la communauté locale se mobilise pour répondre à ses besoins avec des ressources locales, et j’ai eu la chance de l’aider dans ce processus afin d’accroître sa résilience. L’hospitalité et la gentillesse avec lesquelles la population locale a accueilli les volontaires ont contribué au succès du projet de déploiement et m’ont motivé à poursuivre mon développement professionnel dans ce domaine.

Tandahara, Puri District, Orissa State – India

1) On Climate Change Frontline: territorial struggle
Tandahara is a coastal village in the Bay of Bengal, which precise location keeps on changing due to constant shore erosion and rising sea level. It’s 650 inhabitants live with and from the ocean, but precious traditional knowledge of adaptation and coping is getting overwhelmed by the increase in rapidity of global warming. Similarly, local capacities remain powerless witnessing the embankment progressively being eaten by sea and wind.
Staying home has become an everyday challenge. There is not safe place anymore: high tide has become the new clock in the village as men, cattle, fields and water sources are regularly washed into sea. Vareen, the Lord of the Sea seems to remain insensitive to prayers, while the World chooses to look away.
Unfortunately Tandahara’s case represents only one drop in the ocean of the ongoing global environment crisis. In India alone, 63 million people are living in the Low Elevation Coastal Zone, highly vulnerable and highly impacted. So many more villages, towns, cities and even countries across the world seem to be doomed to geographically disappear. The waves wash away communities.
2) On Climate Change Frontline: jeopardized resources
In Tandahara the main source of income is agriculture, primarily rice crops, along with stock-raising. However as the sea progressively infiltrates the soil: salinization makes the land unfertile reducing the cultivable surface, and ultimately shrinking the community’s starch food quantity as well as their livelihoods.
Villagers still manage to harvest once in a year (instead of 2 in normal conditions), but until when? Harvest season is such an important event in Tandahara! … Event that unfortunately coincides with the cyclone season. In case of crop failure, the community is left resource-less, as it already happened in the past.
There is no tap water in the village and freshwater sources are progressively also being contaminated by the sea progression. One remaining pound supplies the whole community, used together by inhabitants and cattle, for field irrigation, for cleaning, cooking, laundry and bathing: sanitary risks are obvious, but resilience never occurs in a safe context.
Tandahara people don’t have much of a footprint -most of the households don’t have regular electricity. Adaptation here is a matter of survival. However, this time, climate is changing too fast for them to adapt.
3) On Climate Change Frontline: disaster and everyday life
Climate change is not only silent and discrete, slowly reshaping our environment and questioning our ways of life. Climate change may also be brutal, violent and extreme, it can sweep away the environment and take away life within a minute. Climate Change have diverse faces, making it difficult to recognize, to identify.
Nature sends signals: anomalies. Anomalies exist in every system – but an increase in the frequency and intensity of such anomalies is always indicating that a major breakdown is about to happen.
People in Tandahara are witnessing these signals almost on a daily basis: twice a month during monsoon, the village gets flooded. Cyclones repeatedly hit the community such as in 1999 and 2013. According to scientists half of the weather disasters occurring nowadays in the world are linked to climate change. Most of these signals, these warnings, are being ignored or too slightly taken.
The “multipurpose shelter” in Tandahara is a symbol: used as a school, as a bike and motorcycle parking, as an assembly hall, as well as a wedding and ceremony venue… daily life must goes on while knowing the worse might be coming.