Adrien, SVE en Turquie

"Cette expérience m’a appris à mieux me connaitre et à mieux déterminer mes projets avenirs. J’ai également, grâce à cet échange, eu un enrichissement social et culturel grâce à mes rencontres."

Merhaba, salut, je m’appelle Adrien et j’ai soufflé mes 27 bougies en Turquie. Là où j’ai effectué mon service volontaire européen (SVE) et plus précisément à Çanakkale.

La première chose à savoir est que tout est possible en Turquie.

Après ma Licence en Art du spectacle, j’ai commencé à travailler pour acheter mes fournitures de voyage afin de réaliser un projet de tour d’Europe. Puis à mon retour, après 4 mois d’autostop et traversé 11 pays européens, je me suis vraiment intéressé au voyage et j’ai commencé à chercher un projet à l’étranger et m’ouvrir au monde. Je me suis donc tourné vers L’Association pour le Développement des Initiatives Citoyennes et Européenne, l’ADICE, qui au fil des échanges lors d’entretiens ou de mails m’ont proposé un projet social au sein de Koza, l’association pour la jeunesse de Çanakkale (Çanakkale Koza Gençlik Derneği).

Pour être franc je n’avais pas pensé à faire mon SVE en Turquie. Je voulais hors de l’Europe mais pas à la frontière européenne. Mais la Turquie m’a été proposée et j’ai accepté et sans regrets.

Je suis donc parti en février pour mon SVE de 6 mois au sein de Koza qui a le désir de sensibiliser les jeunes pour devenir responsable et prendre conscience de l’environnement et de la société dans laquelle ils vivent, pour devenir actifs et saisir les opportunités qui s’offrent à eux. Son objectif est de contribuer au développement personnel, social et professionnel à travers des activités ou des projets divers et divertissants.

Me voilà depuis quelques jours, et je suis agréablement surpris par temps de chose, l’hospitalité, l’entraide, la générosité… des traits typiques du caractère turc qui font d’eux des personnes plus européennes et plus ouvertes d’esprit que nous même européens.

J’ai donc eu des missions diverses et variées, comme l’accompagnement de personne en situation de handicap à la natation, un travail sur la motricité tout en prenant plaisir à nager. J’ai surtout été surpris par leurs capacités et l’endurance qu’ils ont pu avoir. J’étais épuisé après deux longueurs tandis que nos participants pouvaient continuer à faire 3 fois plus de longueurs sans prendre 5 minutes de repos.

Le retournement de situation était hilarant et ils jouaient réellement le rôle de professeurs tout en voulant élever leur niveau en anglais, un jeu d’échange qui a bien fonctionné. J’ai également eu la mission Aktif Tırtıllar, une mission avec deux projets. Une première partie consacrée à de l’aide aux devoirs avec des enfants locaux. J’essayais tant bien que mal d’être aussi utile que je le pouvais, mais de l’aide au devoir en turc sans pouvoir le parler c’est un défi énorme. Hors mi l’anglais ou j’ai pu me rendre utile, ce projet s’est inversé, et je suis devenu élève alors que ces enfants sont  devenus en quelques sortes mes professeurs de langue turque.

Pour la deuxième partie, elle consistait à améliorer la langue turque pour des enfants migrants venant d’Afghanistan. Finalement, j’étais un peu comme eux, essayant d’apprendre cette langue avec eux grâce aux livres d’apprentissage. Nous nous sommes donc entraidés sur la compréhension et la prononciation des mots à travers de multiples jeux ludiques.

Le nettoyage des rues avec les volontaires de l’association, un beau geste pour la planète qui mène à réfléchir sur nos actions, sur ce que l’on consomme et à changer de petites mauvaises habitudes car les petits ruisseaux font de grandes rivières. J’ai aussi eu des activités de langues, comme mettre en place et animer des cours de français, puis j’ai participé au projet en espagnol, et j’ai pu évoluer en anglais au speaking club, où nous discutions uniquement en anglais sur différents sujets qui amenaient des débats passionnants.

Après 6 mois et avoir quitté ma zone de confort en France pour être dans une zone d’apprentissage et finir par m’y habituer et m’y plaire, il est à nouveau temps de quitter cette zone de confort voir une zone magique pour retourner en France.

Cette expérience m’a appris à mieux me connaitre et à mieux déterminer mes projets avenirs. J’ai également, grâce à cet échange, eu un enrichissement social et culturel grâce à mes rencontres. J’ai beaucoup reçu des autres pendant cette aventure. Aller à la rencontre des habitants de mon pays d’accueil, échanger avec des personnes, qui comme moi ont tenté l’aventure internationale et qui m’ont aidé sur le plan social et culturel. Avoir un emploi du temps et créer une routine, visiter le pays autant que je le pouvais…. c’est une liste non exhaustives des choses qui m’ont permis d’apprécier cette expérience.

Et c’est pourquoi je conseillerais à tous les rêveurs,  les âmes vagabondes ou même ceux qui n’osent pas vraiment, de se lancer dans l’aventure du service volontaire européen. Vous risquerez d’être surpris par toutes les rencontres durant un tel projet mais aussi par de nouvelles expériences qui méritent d’être vécues.

Au plus je passais du temps en Turquie au plus je découvrais de nouvelles choses et que les idées reçues de ce pays sont fausses.

Il y a quelques mois je pouvais seulement dire que j’appréciais la Turquie mais maintenant je peux dire que j’aime la Turquie, plus précisément Çanakkale.

Leslie, Service Civique en Arménie

"Cette expérience m'a donnée la motivation de réussir et de faire ce que j'aime."

Je me présente, Leslie Poiré, 21 ans. Je suis partie avec l’ADICE pour un Service Civique de 6 mois à Erevan, la capitale de l’Arménie.

Durant ma mobilité j’ai effectué 3 missions :

  • La première au sein de Kasa pendant 3 mois, j’ai créé et effectué des ateliers francophones pour des enfants de 10-13 ans dans une école.
  • La deuxième au sein de l’Alliance française d’Arménie pendant les 6 mois, principalement à la médiathèque où j’ai présenté et créé des événements et activités diverses (débat, cours de cuisine…) pour enfants comme adultes, ainsi que plusieurs taches de communication et d’amélioration de la médiathèque avec Nelli, la médiathécaire.
  • La troisième mission et durant 6 mois également était au sein d’un refuge pour chiens, Pawsitiv Dog Rescues, où j’ai fait l’entretien quotidien du refuge (nettoyage, changer l’eau, donner la nourriture, et aussi, donner beaucoup d’amour!). Je travaillais avec d’autres volontaires et Arthyr, qui lui y travaille tous les jours.

Durant ma mobilité, le plus dur a été de m’imposer dans des structures de travail différentes de celles en France, mais avec un peu de confiance en soi, cela n’a pas duré très longtemps. J’ai fait ce service civique dans le but de changer de quotidien, de me tester dans un environnement qui n’est pas le mien, et me découvrir moi-même un peu plus.

Ma meilleure expérience durant ces 6 mois, a été de donner et recevoir tant d’amour de 125 chiens au refuge où je travaillais 2 jours par semaine, aimant déjà les animaux avant de partir, cette mission m’a comblée de bonheur toute la durée de ma mobilité, et m’a aidée à surmonter mes petits coups durs.

Au jour d’aujourd’hui, je suis à la recherche d’un travail, temporaire ou non, je pense peut- être même faire une licence en alternance à la prochaine rentrée scolaire. Mais cette expérience m’a donnée la motivation de réussir et de faire ce que j’aime.

«Je refuse que la peur de l’échec m’empêche de faire ce qui m‘importe vraiment»

Sajoua, stage professionnel au Portugal

"Plutôt que d'attendre de la hiérarchie qu'elle me confère une tâche qui m'intéresse, j'ai tout simplement demandé à recevoir un travail à la hauteur de mes compétences. Cet événement m'a demandé beaucoup d'assurance et de diplomatie mais a servi tant à l'agence qu'à moi."

Je m’appelle Sajoua Ettahri et j’ai 24 ans (23 ans au moment de mon départ). Je suis diplômée en Architecture, niveau Master.

Mon projet de mobilité s’est monté très progressivement. D’abord, j’ai réalisé un premier Erasmus avec l’école, et je suis partie 10 mois en Espagne étudier à l’université de la Corogne. A mon retour, je désirais repartir à l’étranger tant cette expérience était enrichissante sur le plan personnel (apprentissage de l’autonomie, l’adaptabilité, la confrontation à des cultures différentes) et sur le plan universitaire (découverte d’un enseignement différent, ses points forts et ses points faibles, prise de recul face à l’enseignement français).

A la suite de cet Erasmus, j’ai participé à une université d’été internationale à Liège, pour découvrir de nouvelles manières d’enseigner l’architecture, plus internationale. J’ai rencontré à cette summer school celui qui est par la suite devenu mon tuteur pour le stage Erasmus + VET que j’ai effectué avec l’ADICE.

Je suis donc partie en stage de 6 mois dans l’agence Fala atelier, co-fondée par Filipe Magalhaes, mon tuteur à Porto, au Portugal.

Mes tâches sur place ont, dans un premier temps, correspondu aux tâches communément attribuées aux stagiaires (maquettes, premières esquisses de conception, aide sur des projets divers) et nécessitaient peu d’initiatives. Or, j’avais déjà travaillé quelques mois en France en tant qu’architecte junior et était déjà diplômée. Après 3 mois de petites tâches, j’ai demandé à Filipe de me confier des travaux plus intéressants, s’étalant plus sur la durée et qui feraient appel à toutes mes connaissances et qui m’en feraient acquérir de nouvelles. Et, à partir de ce moment, je n’ai plus travaillé que sur un projet à la fois. De là, le stage s’est avéré bien plus stimulant.

C’est sans doute un de mes plus grands apprentissages pendant le stage (architecture mise à part) : plutôt que d’attendre de la hiérarchie qu’elle me confère une tâche qui m’intéresse, j’ai tout simplement demandé à recevoir un travail à la hauteur de mes compétences. Cet événement m’a demandé beaucoup d’assurance et de diplomatie mais a servi tant à l’agence qu’à moi.

L’agence était assez petite : trois architectes fondateurs, deux employés portugais, une employée russe, un ingénieur et quatre stagiaires de nationalités différentes. Nous parlions principalement anglais. Au début de mon stage, les stagiaires travaillaient tous ensemble sur certains projets. Petit à petit, chaque stagiaire a commencé à assister des architectes différents sur leurs projets respectifs. Pour ma part, et suite à la discussion que j’avais eu avec Filipe, j’ai fini par travailler en autonomie sur un projet : j’avais un échange quotidien avec mon tuteur, qui par la suite se chargeait de présenter le projet au client. Malheureusement, ce dernier n’était pas très confortable avec l’anglais, et, ne parlant pas portugais moi-même, je n’ai pas pu participer aux entretiens.

J’ai, par la suite de ce stage, travaillé deux mois en tant qu’architecte junior dans cette agence.

Cette expérience à Porto a sans nul doute été très bénéfique pour ma vie professionnelle à venir.

Tout d’abord, l’agence dans laquelle j’ai travaillé a une production architecturale et graphique très intéressante et reconnue à l’international. Ils ont une écriture bien à eux, et fuient les réflexes de dessins, la standardisation et les automatismes que développent trop souvent les architectes au long de leur carrière. Leur production est une expérimentation constante et, je dois le dire, très amusante. Malheureusement, ce genre d’architecture est difficile à importer en France : nous souffrons d’une très importante « normalisation » de l’architecture : norme incendie, norme « personne à mobilité réduite », norme « haute qualité environnementale ». Ajouté à cela les demandes très strictes des maîtrises d’ouvrages (=clients), les architectes manquent souvent de liberté dans le dessin de leurs projets. Mais ce que j’ai vécu au Portugal me motive et m’anime pour continuer à développer une véritable écriture architecturale qui ne soit pas dictée par ces normes.

Ensuite, le milieu de l’architecture est assez petit dans le Nord de la France : tout le monde se connaît. Ainsi, mon expérience dans cette agence réputée s’est sue à mon retour, et une jeune agence Lilloise m’a proposé de les rejoindre pour l’été.

Ce serait assez difficile de résumer cette expérience en une seule phrase (déjà, une page, c’est trop concis !). Mais je dirai que, ce qui a le plus porté ses fruits, c’est de ne m’être jamais considérée comme une stagiaire non-rémunérée présente pour une durée limitée, mais au contraire, d’avoir toujours voulu expérimenter davantage et tirer un maximum de cette expérience dans la durée qui m’était impartie. Et aussi que je me suis bien amusée.

 

Pawel, EU Aid Volunteer au Népal

"Grâce à la créativité de l'équipe [...], nous avons tous eu l'occasion non seulement d'apprendre, mais aussi d'échanger de nouvelles idées intéressantes."

Les premiers mois de mon déploiement au sein de l’Initiative des Volontaires du Népal (VIN) ont été très riches en expérience et en défis. Ils m’ont tous permis de me retrouver dans un nouveau rôle, de juxtaposer mes expériences de travail antérieures avec le contexte d’un pays en développement et d’en apprendre beaucoup sur le Népal lui-même. Pendant ce temps, j’ai également réussi à identifier les domaines avec lesquels j’aimerais travailler et m’engager dans certaines activités.

L’une de ces activités a été une formation en communication externe que j’ai dispensée au personnel du VIN et à quelques volontaires locaux et internationaux. L’objectif principal de la formation était d’apprendre à utiliser Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux de manière efficace et – peut-être plus important encore – plus créative. Malgré la froide saison automnale (qui est encore nettement plus chaude qu’à cette époque de l’année en Europe), plus de 15 participants à la formation étaient simplement en feu pour améliorer leurs connaissances sur les théories de la communication et leur application pratique. Soudain, des noms effrayants comme Triangle d’Aristote ou Principe de Pareto sont devenus compréhensibles et utiles, tandis que les algorithmes de Facebook ont cessé d’être de la magie noire connue uniquement des spécialistes chevronnés des TI et au lieu de cela sont devenus des bêtes domptées qui pourraient être utilisées pour le profit de l’organisation.

Ce qui était important pour moi en tant que formateur, c’est que la formation ne se limitait pas à l’apprentissage des théories et que les participants participaient activement aux exercices pratiques. Nous nous sommes tous amusés en imaginant les gens de l’autre côté du Facebook, en pensant à la façon dont nous pouvons les atteindre – ou même à ce qui serait leur plat préféré. Dans le cas des bénéficiaires potentiels français, le choix s’est évidemment porté sur le fromage. La partie pratique comprenait également une réflexion sur les expériences antérieures de l’organisation en matière de communication. L’exploitation des exemples du VIN a permis à chacun de réfléchir aux solutions concrètes et aux idées à utiliser à l’avenir. Comme la formation approchait de la fin, les participants savaient quels styles de communication utiliser et quand, et le formateur lui-même a obtenu la meilleure évaluation possible – les plaintes que la session était trop courte. Cette formation m’a permis d’utiliser certaines de mes connaissances et expériences et de les appliquer dans le contexte népalais. Bien qu’il ait été difficile de préparer la présentation qui inclurait des marques népalaises et d’autres exemples de ce cercle culturel, cela a été définitivement gratifiant et a rendu la formation plus accessible et pertinente. C’était aussi formidable de voir l’engagement des participants dans les exercices pratiques. Grâce à la créativité de l’équipe qui a participé à la session, nous avons tous eu l’occasion non seulement d’apprendre, mais aussi d’échanger de nouvelles idées intéressantes.

Au même moment, grâce à l’hospitalité de l’organisation, j’ai eu l’occasion de voyager au Népal, y compris dans la région reculée d’Okhaldhunga. En dehors de tout le reste, ce voyage a mis en lumière l’un des plus grands défis auxquels le pays est confronté – le changement climatique. Alors que moi et d’autres volontaires d’EUAV marchions sur les collines d’Okhaldhunga avec notre coordinateur local, il a mentionné que la région souffre d’un manque d’eau potable. Cela a semblé assez frappant, car la zone décrite ne se trouve qu’à environ 80 km des plus hautes montagnes du monde, à l’intérieur du Parc National de Sagarmatha. Les glaciers qui se trouvent sous les sommets comme l’Everest ou le Lhotse sont en fait la source de nombreux fleuves asiatiques massifs – et fournissent en fait de l’eau potable à des milliards de personnes. Pourtant, en raison d’un microclimat et de conditions géographiques très spécifiques, la région d’Okhaldhunga est privée de ces ressources. Ce qui est plus important, c’est que la personne à qui nous avons parlé est en fait née dans cette région et se souvient qu’il y a 20 ou 30 ans, l’eau était disponible en abondance et que la source fournissait l’eau à tous les ménages. C’est particulièrement important si l’on tient compte du fait qu’à Okhaldhunga, il n’y a pas d’usines, pas d’industrie lourde et pas d’agriculture à grande échelle qui pourraient être responsables des émotions liées aux gaz à effet de serre. En réalité, la région paie le coût des actions de l’industrie mondiale et de l’économie basée sur le carbone – sans contribuer de manière significative au problème. C’est aussi l’une des régions les plus pauvres du Népal, et toutes les difficultés infligées aux communautés locales se répercutent sur l’équilibre économique et compromettent les chances déjà limitées de développement.

Malheureusement, une grande partie du Népal est confrontée à davantage de difficultés liées au changement climatique pour des raisons géographiques – tout investissement important dans l’infrastructure du pays nécessite des contributions financières d’une ampleur disproportionnée, que le pays ne peut tout simplement pas se permettre de couvrir. Néanmoins, la beauté de la région d’Okhaldhunga pourrait à l’avenir servir d’aimant pour les visiteurs internationaux, ce qui pourrait apporter certaines sources de revenus aux communautés et aux familles vivant dans cette région. C’est pourquoi – si vous lisez ces lignes et planifiez un voyage au Népal, même en tant que touriste – nous vous prions de réfléchir à l’endroit où placer votre argent et de tenir compte du fait que l’option pour les endroits les moins fréquentés pourrait en fait améliorer grandement la vie des communautés les plus marginalisées.

Pawel Bryk

Abdourahmane, SVE en Géorgie

"L'une des plus grandes leçons que j’ai apprise ici, c’est que le meilleur moyen d’apprendre consiste simplement à écouter les gens quand ils parlent et posent des questions. [...] Ma façon de voir le monde et les gens a beaucoup changé. Le SVE est définitivement une vraie expérience qui change la vie."

Oh la Géorgie, la première chose à dire à propos de ce pays, c’est que la nourriture est bonne, les Supra (type de banquet) sont les meilleures choses qui soient et si vous ne buvez pas d’alcool, ne venez pas en Géorgie … Ce pays, qui faisait partie de l’empire russe, a également un fort caractère. Les paysages montagneux, ces monastères et ces églises, autant d’histoire dans ce pays plutôt petit.

Quand l’ADICE m’a proposé cette mission, je ne savais même pas où se trouvait la Géorgie. J’ai donc effectué quelques recherches sur Google et évidemment, le premier résultat a été l’État américain.
J’ai fait autant de recherches que possible, je n’ai pas trouvé beaucoup de choses sur le net. Alors, dans l’optique de sortir de ma zone de confort, j’allais vivre une expérience extraordinaire. Je me souviens que dans la voiture en route pour l’aéroport, mon père m’avait demandé si quelqu’un allait venir me chercher une fois que je serais arrivé, le doute s’installe, car je n’étais pas très sûr que Nana (la coordinatrice de GYE) serait là. Arrivé à Roissy, j’écris un mail pour m’assurer qu’elle va venir me chercher à l’aéroport. Elle dit qu’elle va être là. Puis escale en Turquie, première fois en Turquie, j’ai échangé mon premier Lari (argent géorgien). Quand je suis arrivé en Géorgie, j’avais 5 minutes de doute avant de voir Nana et d’autres personnes qui ont joué un rôle important dans la mission de SVE. C’était ma bienvenue en Géorgie.

Donc, ma première impression en voyant l’appartement dans lequel j’allais passer les 6 prochains mois de ma vie, je pensais que ce serait très long ce SVE. En même temps, je n’ai jamais ressenti une impatience de ce genre de toute ma vie. J’ai à peine dormi la première nuit, car j’avais tellement envie d’être demain pour commencer l’aventure de façon officielle.

Maintenant, je vais aller plus vite dans le temps, car il était clair que tout était si nouveau pendant les jours et les semaines qui ont suivi mon arrivée. Aujourd’hui, toutes ces choses sont plutôt normales, mais j’étais comme un enfant entrant dans un magasin de jouets. Je n’aime pas vraiment ce que je vais faire, mais je dois le faire, je n’ai pas trouvé d’autre moyen de le faire. Je vais faire une liste de toutes les choses que j’ai pu réaliser pendant ma mission :

  • Premiers clubs : conversation en français, conversation en anglais, club de cinéma, création de jeux de société, conversation philosophique.
  • Puis entre autres, j’ai géré la chaîne YouTube et Instagram de GYE, écrit des articles pour le bulldozer (journal de l’organisation)
  • J’ai été bénévole dans un abri pour chiens
  • J’ai trouvé un partenaire pour GYE et j’ai pu aider pour la construction d’une application mobile, etc…

Voilà quelques-unes des choses que j’ai réussi à faire au cours de cette mission de six mois. J’ai beaucoup appris. Le plus important pour moi, ce sont les gens, que j’ai eu l’occasion de rencontrer. L’une des plus grandes leçons que j’ai apprises ici, c’est que le meilleur moyen d’apprendre consiste simplement à écouter les gens quand ils parlent et posent des questions.

Pendant ma mission, je suis allé faire ma première expérience officielle seul en auto-stop. La première, c’était en décembre lorsque nous sommes allés en Arménie avec deux collègues, mais ça, c’est une autre histoire. Quand je suis arrivé ici, j’avais tellement de stéréotypes sur les personnes qui font ce type de service volontaire et qui utilisent l’auto-stop pour se déplacer. Peut-être avec l’université et l’expérience que j’ai eue, je ne peux pas croire que quelqu’un puisse vous emmener dans sa voiture sans pour autant vous faire payer quelque chose, en France, nous avons blablacar, mais c’est une entreprise à laquelle vous devez payer quelque chose. C’est pourquoi je pense qu’ils sont hippies, mais sérieusement, ma façon de voir le monde et les gens a beaucoup changé. Le SVE est définitivement une vraie expérience qui change la vie.

Louise, Service Civique au Maroc

"Je conseille à toutes les personnes qui sont un peu perdues dans leur projet professionnel ou même dans leur vie personnelle de partir effectuer un service civique, ce sera loin d’être « un an de perdu »."

Bonjour,

Je me prénomme Louise Piquemal, j’ai 20 ans. J’ai décidé de partir en service civique pendant 9 mois, dans une petite ville au Maroc, se situant à une heure d’Agadir, Taroudant. L’association dans laquelle j’ai œuvré pendant ces 9 mois se nomme l’association Amuddu, ce qui signifie « voyage » en Amazigh (langue des berbères du Maroc). L’objectif de cette association est de promouvoir l’engagement citoyen auprès de la jeunesse et de sensibiliser à l’environnement. Elle intervient donc avec de nombreux publics mais la majorité des adhérents sont des jeunes (souvent étudiants). Durant ma mission, j’ai travaillé avec toutes les tranches d’âge, des enfants aux adultes. Ce que j’ai beaucoup apprécié dans cette mission est la diversité des activités que j’ai eu à effectuer. Ce n’était jamais répétitif et j’ai pu rencontrer de nombreuses personnes, français comme marocains.

Au sein de cette association, une grande place est laissée à l’autonomie des volontaires puisqu’elle ne comporte aucun salarié, tous les membres sont bénévoles. Les volontaires sont donc la plupart du temps seuls à l’association et doivent apprendre à travailler en autonomie. Cependant, les membres de l’association sont toujours disponibles pour répondre à nos questions et nous aider à accomplir nos projets.

J’ai donc commencé ma mission par les cours de français avec des enfants à l’association. Les cours se tenaient deux fois par semaine, une fois le lundi avec les plus grands et une fois le mardi avec les plus petits. Mon rôle était de préparer des jeux ludiques et de pousser les enfants à communiquer en français. J’ai pu ainsi mobiliser mes connaissances en animation, même si c’était parfois compliqué à cause de la barrière de la langue et des disparités de niveaux entre les enfants. Plus tard, j’ai aussi effectué du tutorat de langue française pour les étudiants à la faculté. Cela a été très enrichissant de travailler avec différents publics. Une de mes principales missions a aussi été d’encadrer des groupes de volontaires court-terme, 7 groupes au total. Avec Amnay, nous les accompagnions, répondions à leurs questions et les guidions lors des activités proposées par l’association. Avec ces groupes, nous avons effectué divers chantiers d’aménagement paysager, notamment de la peinture dans un quartier de la ville, dans une école, ou encore du jardinage dans une oasis de la ville. Chaque mardi, j’offrais une aide bénévole à l’orphelinat de Taroudant, j’assistais les dames qui travaillaient sur place.

Nous avions aussi des cours de darija (dialecte marocain) dispensés par un adhérent de l’association. Ces cours ont été bénéfiques et m’ont aidée à me débrouiller pour la vie quotidienne.

Enfin, j’ai participé à des activités plus ponctuelles comme la journée environnementale dans le cadre du festival annuel de l’enfance. Ce festival est organisé par la commune de Taroudant et dure quatre jours. L’organisation de la dernière journée a été confiée à l’association Amuddu. Avec l’aide d’un bénévole de l’association, nous avons organisé les différents stands, tenus par un groupe de volontaires court-terme et les adhérents de l’association. J’ai aussi participé à une journée de sensibilisation au tri sélectif des déchets en organisant des activités avec les enfants. J’ai aussi dispensé une formation sur la construction du CV en français avec les étudiants de la faculté polydisciplinaire de Taroudant. Enfin, j’ai participé à plusieurs forums : le forum euro-méditerranéen des jeunes leaders à Essaouira sur le thème de la transmission, un forum sur le volontariat à Tiznit, un forum sur la citoyenneté interculturelle à Taroudant, et enfin un forum sur l’oasis et sa durabilité à Fam el Hisn.

J’ai beaucoup travaillé en équipe, notamment avec les adhérents de l’association et plus particulièrement avec Amnay, un autre volontaire de l’ADICE. J’ai décidé de faire ce service civique pour me laisser le temps de réfléchir à un projet professionnel et découvrir d’autres choses. Je pense avoir grandi durant cette mission, j’ai beaucoup gagné en autonomie. Cette mission m’a aussi permis de m’ouvrir à d’autres modes de pensée, à de nouvelles coutumes, à de nouvelles personnes. Cela a été une des expériences les plus enrichissantes de ma vie. Ça fait beaucoup de bien de sortir du cadre théorique des études et prendre du temps pour travailler dans le concret. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été épanouie comme je l’ai été pendant cette mission. La chose la plus importante et qui a rendu ma mission intéressante selon moi est l’échange réciproque qui s’est mis en place entre les adhérents de l’association et moi. J’ai eu l’impression de recevoir autant que je donnais. Aujourd’hui, je me sens prête à reprendre mes études en sociologie.

Je conseille à toutes les personnes qui sont un peu perdues dans leur projet professionnel ou même dans leur vie personnelle de partir effectuer un service civique, ce sera loin d’être « un an de perdu ».